‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 5)Chapitre 81 sur 324 · Jul., ad Athen., p · texte numérisé non relu

Jul., ad Athen., p

LA JELNESSK DE JIÎLIKX. 243

royal eol amassé assez d^impopularité sur sa télé, pour rassurer le mettre le plus ombrageux ^

Aussi ConstaDce, pendant deux ans, avait-il fermé Toreille aux réclamations et aux dénonciations quotidiennes des magistrats, qui se plaignaient très-hautement des embarras causés par la folle conduite du jeune César. Ces conflits ne déplaisaient pas au jaloux empereur, qui les laissait durer et s'envenimer sans y mettre ordre. Une circonstance grave lui donna pourtant l'alarme. L'année 3 54 amena un grand renchérissement de vivres, qui causa des troubles dans toutes les grandes villes, à commencer par Rome, où ils furent même assez sérieux. Mais nulle part l'effet n'en fut si redoutable qu'à Antioche, dont la population entière entra dans une grande rumeur. Gallus, pour iaire pièce aux magistrats, n'imagina rien de mieux que de leur donner Tordre de faire baisser par un édit lo prix du grain. Les magistrats résistèrent, en représentant la vanité d'une telle mesure: il les jeta en prison, en les menaçant de mort. Le comte d'Orient, Honoratus, intervint, et d'autorité '^ fit délivrer. Peu de jours après, le peuple s'étant assemblé sous les fenêtres de Gallus pour le prier de porter remède à la famine, en faisant venir du blé du dehors, Gallus écouta en souriant la plainte, et répondit brusquement qu'il ne pouvait rien, et qu'on n'avait ^^^ s'adresser au gouverneur de la province, Théo-

• Aninj. Marc, xiv, 1.

phile, qui saurait bien trouver du blé quand il voudrait. Ainsi désigné comme Tauleur de la misère publique, Théophile, qui était un administrateur doux et sage, devint en peu de temps l'objet d'une absurde fureur populaire. Les artisans et le menu peuple se jetèrent sur lui un jour qu'il entrait au cirque : on l'assomma de coups de poing, et on trafna son corps par lambeaux dans les rues. Des curiales, des édiles^ des gens considérables de la ville, virent aussi leurs jours mis en danger ^

C'était un grave désordre, et aux yeux de Constance le plus grand péril était sans doute la faveur que ces moyens coupables pouvaient valoir à Gallus auprès da bas peuple. Sur-le-champ, il fit partir un de ses officiers^ avec ordre de tirer justice du crime, mais de mettre cependant assez de modération dans le châtiment, pour ne pas exaspérer les ressentiments populaires. Le comte Stratège s'acquitta avec intelligence de sa commission, fit quelques exemples solennels qu'il tempéra par quelques actes de clémence -. Mais, à partir de ce jour, Gallus fut ruiné dans l'esprit de Constance, et sa perte fut décidée.

Le cauteleux souverain mit à la consommer un véritable luxe de prudence et d'aï^tuce. Son but, celle fois encore, était d'attirer son ennemi hors des grandes villes d'Orient, et de le faire venir à sa cour pour l' y pren-

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