s. Athan., Vit. Ant., p
2. Il y a ici une difficulté de chronologie , qui n'est que le commen-
Sa présence dans la capitale de l'Occident excita un Tif mouvement d*attrait et de curiosité. Sa réputation, ses malheurs, son courage, tout le désignait à l'attention publique. D'illustres patriciens, de grandes dames, se pressaient autour de lui pour l'entendre. Il nomme
cernent d'une série d'antres pareilles, et dont il est impossible de sortir tntiement qne par nne conjecture. Il s'agit de déterminer la date du Toyage d'Athanase à Rome.
La chroniqae mise à la tète des lettres pascales fait partir Athanase d'Aleiandrie pour Rome dès les fêtes de Pâques de 339, et elle ajoute qoB ce départ eut lieu à la suite de l'invasion faite dans son diocèse par révèque intrus Grégoire, qui força Atbanase à fuir; en effet, à partir de cette date jusqu'à la mort de cet évoque intrus, les lettres pascales sont, ou interrompues, ou datées de Rome (EpisU Fest, Chron., p. i5).
Athanase raconte aussi dans ses écrits, qu'U quitta Alexandrie après cette invasion violente de Grégoire*
Mais, d*autre part, il résulte très-clairement de la lettre du pape Jules aux Eusébiens, que Grégoire fut envoyé à Alexandrie après le concile tenu par les Eusébiens à Antiocbe (S. Atban., ApoL, p. 748) ; et ce coDcile, dont Atbanase nous donne la date précise, ne peut s'être tenu qu'en 841 (S. Atban., de Si/n., p. 894).
Dès lors, de deux cboses l'une : ou la cbronique pascale se trompe en rapportant le départ d' Atbanase en 339, ou le pape Jules se trompe en rapportant à l'envoi du concile d' Antiocbe l'invasion violente de Grégoire à Alexandrie.
M. Hefele (Concilien-Geschichte, 1. 1, p. 473), le seul écrivain qui ait tenu compte de la chronologie des lettres pascales, résout cette contradiction en supposant qu'il y eut vers le commencement de 339 un concile spécial des Eusébiens à Antiocbe, différent de celui de 341, et uniquement rassemblé pour envoyer Grégoire.
Nous avons préféré, pour notre part, former une autre supposition, à savoir qu'il y eut, non pas deux conciles d' Antiocbe, mais deux départs d' Atbanase, le premier volontaire, en 339, pour se conformer à l'invitation du pape Jules, suivi d'un retour à Alexandrie vers le commencement de 341 ; le second dé part au contraire fut contraint et eut le caractère d'une fuite, à la suite de l'invasion de Grégoire.
Plusieurs raisons nous déterminent à adopter cette conjecture, qui avait déjà été mise en avant par Tillemont et Hermant.
Le retour d' Atbanase à Alexandrie datant tout au plus du milieu de III. 3
lui-même, parmi ses hôtes de prédilection, la princesse Eutropie, sœur de Constantin» les sénateurs Abutère et Spérance ^ Il avait d'ailleurs amené avec lui des compagnons de voyage, dont le costume, l'attitude, les usages singuliers , éveillaient un autre genre d'intérêt.
838, puisque c'est à cette époque qu'eut lieu la réunion des princes à Sirmium, il nous paraît impossible d'admettre que , dès le printemps qui suivit cette entrevue, Constance ait manqué à tons ses engagements envers ses frères en permettant une invasion violente d'Alexandrie. Les motifs qui avaient déterminé l'arrangement entre les trois frères subsistaient évidemment encore, et ne peuvent avoir cédé qu'au temps et à la mort de Constantin le jeune, le plus intéressé des trois princes au maintien d'Athanase. Nous tenons donc que sur ce point la chronologie des lettres pascales est dans l'erreur, et qu'il faut mettre l'invasion de Grégoire à la suite du concile d'Antioche, comme cela résulte d'ailleurs, jusqu'à l'évidence, de la lettre citée du pape Jules.
Mais il serait également impossible de renvoyer le séjour d'Athanase à Rome jusqu'à cette époque, sans bouleverser toute la suite des faits postérieurs. Athanase dit en effet lui-même qu'il s'écoula dix-huit mois entre son arrivée à Rome (S. Athan., Apol., p. 748) et le concile tenu dans cette ville par Jules. En ajournant son arrivée au milieu de l'année 341, on serait obligé de mettre le concile de Rome en 848, ce qui est contredit par toute la suite des faits.
C'est cette raison qui avait déjà décidé Tillemont et Hermant à supposer deux voyages d'Athanase à Rome, et cette supposition reçoit une grande confirmation de la chronologie nouvellement découverte des lettres pascales. Car si nous n'admettons pas l'assertion de cette chronologie^ en ce qui touche la date de l'invasion de Grégoire, il n'en résulte pas moins que la série des lettres pascales est interrompue à partir de 339, ce qui indi(]ue qu'Athanase cessa, à partir de cette époque, de résider habituellement à Alexandrie. Ses deux départs, séparés par un court séjour, se seront confondus dans la mémoire dn chronologiste.
Conf. sur les difficultés chronologiques de cette époque, Wetzer; Restitutio verœ chronoloyiœ rerum in controversiis arianis exortarum, p. 17 et suiv.
Baronius a supposé deux conciles à Rome, l'un avant, l'autre après rinvasion de Grégoire. Ann. ecc.\ 341, § 47.