Amm. Marc, xv
sar l'empire, il était natarel de supposer que Julien en avait été le confident et en denieurait Théritier. Mais tel était le caractère singulier, telle était la réserve impénétrable du jeune homme, qu'en soumettant la conduite qu'il avait tenue pendant les deux années du règne de son frère à la plus malveillante investigation, il n'avait été possible d'en faire sortir aucun indice suspect sur lequel le génie inventif des Eusèbe et des Paulla-Chalne pût bâtir une conspiration. L'enquête, en effet, avec quelque soin qu'elle fût poussée, n'avait pu produire que les faits suivants :
Pendant toute la durée du règne de Gallus, Julien n'avait vu son frère qu'une fois. C'était en 353, à Constantinople, au moment où le nouveau César allait prendre possession de son pouvoir. Julien lui-même n'était dans cette ville qu'en qualité de simple étudiant, avec la permission expresse de Constance ^ . Depuis, il avait écrit très- rarement à son frère, et seulement des lellres de peu d'importance *. Dans les écoles qu'il fréquentait, il avait mis le plus grand soin à ne se distinguer en rien des autres élèves, n'étalait aucun faste, ne redonnait aucun air de prince'. Son extrême ardeur pour les lettres, où il réussissait à merveille, sa passion pour la rhétorique, semblaient l'absorber exclusivement. •^ la vérité, quelques-uns des sophistes qu'il fréquentait
*• ^mm. Marc, xv, 2. — Soc., m, 1. — Liban., Or., 10, p. 264. *• Jttl., ad Athen., p. 502.
*• Liban., ib., p. 263.