Soz., II
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superflus, et un édit royal, rendu vers l'année 343 ^ condamna tous les prêtres à (aire abjuration, sous peine de mort, ordonna la destruction des églises» et cita Té* véque de Ctésiphon» Siméon, à comparaître devant le roi, pour rendre compte de ses méfaits.
Siméon parut, en effet, au jour marqué, amené par des soldats et chargé de chaînes. Il entra le front haut, cl fit quelques pas devant le trône royal, sans se prosterner suivant la mode de Perse, à laquelle, jusque-là, le» chrétiens n'avaient fait aucune difficulté de se conformer. Le roi lui demanda, fort en colère, ce que signifiait ceUt insolence nouvelle, a C'est, dit Tintrépide vieillard, que <t Ton m'amène devant vous pour trahir mon Dieu. Quand (( je venais comme votre sujet, je n'ai point refusé de « vous rendre les respects dus à un souverain; mais il « n'est point permis de s'incliner, au soldat qui vient dé- « fendre sa religion et la vérité» » — a Adore le soleili (( lui dit Sapor, et je te comblerai d'honneurs. Si ta ra* (( fuses, et toi, et toute la race des chrétiens, vous êtes « perdus. » — Ni menaces,^ ni promesses ne firent eflet sur Siméon ; noais, pour lui donner le temps de réflédiir, le roi consentit qu'il fût ramené ce jour-là en prison.
i. Nous adoptons cette date, arec Tîllemont et Baronias, conformément .\ la Chronique de S. Jérôme, mais coQlrairement à Sozomène et à Tliéodoret, et à la chronique de Théophane, qui placent la grande^ persécution sous le règne de Constantin. Ce serait môme, suivant ces historiens , à l'occasion de cette persécution que Constantin auiiifc écrit à Sapor la lettre que nous avons rapportée plus haut (pramàn partie de cette histoire, t. ii,p. 312 et suiv.) ; mais cette lettre ne ikit aucune mention d'une persécution imminente. •
Ah OKMiieiit oà Siméon franchissait le senil de la salle^ un vieil officier qui était de garde à la porte s'inclina et mit un genou en terre derant lui. Le confesseur loi jeta un regard de colère, et passa en détourna ni le Tisage. L'officier s'attadHT i 9es pas, fondant en larmes et déchirant ses vêtements. Celait un eunuque, du nom d'Ustazade, trës-attadté à la fomille régnante, et qui avait veîHé sur Tenfance du roi, pendant sa longue minorité. II était chrétien d'origine, et l'avait été longtemps aus^ de profession; mais les menaces de redit et une vive affection poar son royal élève, avaient triomphé de sa fidélité, et peu de îoars auparavant il s'était décidé à adorer le soledl. La vue du péril et du courage de son anden pasteur, qui avait été longtemps son ami, kii ouvrait les yeux sur sa faute.
Repoussé par la généreuse indignation de SiméoB, Ustâzade alla dépouiller ses riches vétemeats de cour, et, revêla d'une robe noirs, revint s'asseoir à la porte du palais, en poussant de sombres gémissements, a Malheur à mot, disait-il 1 quel jugeaient portera donc de moi le Dieu que j'ai renié, puisque Siméon, mon ami, ne veut même plus me regarder? » Le roi, informé de cette scène lugubre, appela son. vieil uni auprès de lui, et lui demanda avec intérêt qud malheur l'avait frappé, a Aucun malheur, ô roi, répondit l'eunuque $ plût à Dieu que je fusse atteint de quelque mail... Je gémis au contraire de ce que je vis quand je devrais être mort, et de ce que je vois ce soleil que j'ai adoré pour
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VOUS plaire. J'ai doublement mérité la mort : J'ai trahi mon Dieu, et trompé mon roi. Mais, J'en prends à témoin le Dieu créateur du ciel et de la terre, c'en est fait, je ne changerai plus. » Sapor, contrarié de cette défection inattendue, n'en conçutqu'une colère plu s vive contre les chrétiens qui lui enlevaient ainsi ses meilleurs amis. Plusieurs jours furent employés à tâcher d'obtenir d'Ustazade, soit par intimidation, soit par des caresses, qu'il ne donnât pas le funeste exemple de l'insubordination; mais, ne pouvant arracher de lui une nouvelle faiblesse, Sapor enfin perdit patience et crut que le supplice d'un favori serait plus propre que toute autre chose à répandre la terreur, et à faire connaître son inflexible volonté. Il ordonna donc qu'on tranchât la tête à Usta- 2ade. L'eunuque apprit sa sentence sans faiblesse ; mais, pour unique grâce et comme dernier témoignage de sa fidélité à Dieu et à son maître, il demanda qu'on fit crier dans la ville par un héraut public, qu'Dstazade mourait, non pour avoir trahi l'État, mais pour n'avoir pas voulu adorer le soleil. Il périt le Jeudi Saint, et le lendemain Siméon subit le même sort avec cent autres prêtres chrétiens*.
La persécution devint alors atroce et générale. Les Mages et les Juifs parcouraient les campagnes et les villages, pour découvrir les retraites des chrétiens et les livrer aux bourreaux. Les sœurs de saint Siméon, accusées de sorcellerie et d'empoisonnement, puis livrées à i. Soz,, II, 9, 10 et suiT.
des juges criminels, qui essayèrent en vain de les corrompre, périrent dans un affreux supplice. On scia leurs corps par la moitié ; on en attacha les lambeaux à des fpoteauXy et la reine, à qui les Juifs avaient persuadé qu'une maladie ancienne dont elle souffrait était Teffet de leurs sortilèges, ne rougit pas de passer entre ces hideux trophées. Sadoth Je nouvel évêque dçCtésiphon, puis des moines, des solitaires sans nombre, vinrent grossir aussi, pendant plusieurs années consécutives, la phalange céleste des martyrs *.
Ces rigueurs contre des amis supposés de Rome ^^qJ^^ avaient pour conséquence naturelle un redoublement d'activité dans la guerre' suivie contre Rome même. Aussi les événements militaires se multiplient vers celte époque, et croissent en importance. Un siège inutile de soixante-dix jours devant Nisibe, remplit toute la campagne de 347^; mais, dès le commencement de la suivante ^ Sapor était en armes sur le Tigre, à la tête de toutes les forces de son royaume, qu'il commandait lui-même, et auxquelles il avait joint de nombreuses troupes d'auxiliaires. Constance, accouru de son côté Bvec un armement moins considérable, ne voulut pas disputer le passage à une armée