Id., ad Sol., p
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0iême de recourir à une si rude extrémité. £n attendant, il répugnait à signer un ordre exprès qui pouvait exposer la volonté impériale à se voir méconnue par une insurrection populaire. Aussi Diogène, son envoyé^ n'arriva dans Alexandrie qu'assez tard, porteur seuJdment d'une instruction verbale, et sans aucun appareil militaire.
Diogène n'en fit pas moins sur-le-champ savoir à l'évêque, qu'il eût à faire ses préparatifs pour quitter la ville. <K Où sont vos ordres, répondit Athanase sans se troubler? Montrez-moi vos ordres. Toici les lettres de l'empereur qui m'ont autorisé à rentrer à Alexandrie, encore du vivant de l'empereur Constant : en voici d'au- • très qui mont encouragé à y rester, après le meurtre de ce prince. Je suis ici en vertu d'un ordre écrit de l'auguste empereur : serait-il convenable que j'en sortisse sur la parole d'un simple notaire? » Diogène, en effet, n'avait pas d'autre qualité : il n'était ni préfet, ni commandant de troupes; et quand il apprit que la villa conmiençait à s'émouvoir au sujet de sa mission, n'ayant aucune force armée à sa disposition, il prit peur et se retira*.
Force fut donc de faire un pas de plus, et de recourir aux légions qui étaient en Egypte et en Libye. Elles avancèrent en effet vers Alexandrie, et y firent leur entrée dans les premiers jours de janvier, sous le com-
i. s. Athan., Apoi,, p. 688; ad So/.,p. 848. — Soz., tr, ••
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mandement du duc Syrien. Les Ariens de la ville, qui craignaient le peuple, respirèrent à Taise en se voyant enfin sous bonne garde, et s'empressèrent autour du duc, qui passa plusieurs jours à tenir conseil et à &ire grande chère en leur compagnie. De ces conciliabules partit un nouvel ordre à l'adresse d'At ha nase, lui enjoignant de sortir d'Aleiandrie. A la même de* mande, celte fois mieux appuyée, Athanase fil pourtant la même réponse : « Avez-vous des ordres? répéf ait-il ; voici les miens t faites voir les vôtres. Je ne sortirai que sur Tordre de Tempereur. Que je sache si vous parlez au nom de mon maitre. Je vous vois entouré de gens suspects qui sont mes ennemis; vous prenez des détours; vous n'avez pas Tair de parler tout haut, comme il conviendrait à des gens qui agissent en vertu d*un ordre souverain. Écrivez-moi au moins que vous avez la commission expresse de Tempereur; il n'en faut pas moins à un évêque pour quitter son troupeau : car nous lisons dans les Écritures que c'est un grand crime pour nous de quitter le troupeau que Dieu nous a confié, et de laisser au loup, par noire absence, la facilité d'y pénétrer*. »
Syrien était fort embarrassé de produire Tordre qu'on lui demandait, puisqu'il n'en avait pas reçu. Affirmer par écrit lui-même qu'il était dépositaire de la volonté impériale, c'était compromettre Constancf '
!• S. Athan., Apol., p. 690, 691.
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et s'exposer à ctre désavoué. Puis il sentait proba4 blement qu'en le laissant ainsi sans instructions écrites, 1 on avait voulu se réserver la faculté de rejeter sur sa 1 tête , en cas de rébellion , la responsabilité du sang I versé. Soit ruse, soit hésitation véritable, il consentit donc à laisser partir une députation de la ville d'Aleiaodrie, chargée d'aller s'informer de la volonté de Yeutpereuret de le fléchir, s'il était possible. Jusque-là, il s'engagea à laisser toutes les églises en reposa Pour plus de sûreté, un acte constatant cet accommodement fut dressé en présence des magistrats de la ville.
Pendant que ces pourparlers duraient, et que toute la cité était dans le trouble, on annonça que la demeure épiscopale était honorée d'une visite qui n'était pas de I] nature à refroidir Témotion *. C'était le saint homme Au- § toine, sortant de sa retraite malgré son grand âge et ses infirmités croissantes, pour venir donner à son ami une nouvelle marque d'attachement, et en même temps rendre un témoignage solennel à la foi du Christ menacée. Ce fut à l'instant, autour de lui, un concours empressé de fidèles et de curieux. Tout le monde courait