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L'Église et l'esprit nouveau

Le 19 avril, M. le Ministre des Cultes annonçait à ses collègues et au public qu'il suspendait le traitement de rArclievêquo de Lyon et déférait au Conseil d'État la circulaire de ce Prélat.

Nous ne nous attendions pas à une confirmation aussi prompte et aussi éclatante de nos dires.

Mais ce qui donne à cette confirmation une valeur exceptionnelle, c'est que ce nouveau conflit qui vient d'éclater entre le

— Vf

(Gouvernement et TÉpiscopat n'est pas le fait d'un Pn'lat batailleur et d'un Ministre sectaire.

Tout le monde se plaît à reconnaître l'esprit éclairé de M. Spuller; il n'est pas et ne veut pas être l'exécuteur des basses œuvres d'une coterie. Le Ministre qui a eu le courage de dire à une Chambre imbue, à l'égard de la Religion, des plus étroits préjugés, qu'il fallait cesser les mesquines tracasseries, et agir avec l'Église d'après un esprit nouveau, n'est pas un Jacobin!

Monseigneur Coullié possède, au plus haut degré, un jugement solide, un tact délicat, un esprit conciliant; partout où il a passé, il a fait régner la paix. Cette appréciation n'est pas nôtre, elle est celle du Gouvernement de la République qui, en moins d'un an, a nommé ce prélat au second archevêché de France et l'a proposé pour la pourpre romaine.

Si, entre deux hommes de cette valeur, animés (fintentions pacifiques, un conflit éclate avec une pareille violence, c'est qu'il y a, dans Torganisation même que l'État a imposée à l'Église de France, quelque chose d'anormal, quelque cause permanente de malaise.

C'est cette cause de malaise, que nous nous sommes efforcés de déterminer. Et, de cette simple observation des faits, que nous avons poursuivie, en dehors de toute idée préconçue, nous avons dégagé, nous l'espérons du moins, quel est le véritable Esprit nouveau qui doit animer l'Église et les Pouvoirs publics pour que la paix religieuse ne soit plus un mot, mais un fait.

Robert Pinot.

ET

L'ESPRIT NOUVEA.U

On a fait, ces temps derniers, un sort au mot de M. SpuUer, à V Esprit nouveau, qui, selon le Ministre des Cultes, doit présider désormais aux rapports de l'État et de l'Église.

Chacun a essayé d'expliquer cette formule à sa façon. Catholiques et lihres-penseurs , monarchistes et républicains se sont efforcés d'en faire un vêtement, dont la coupe nouvelle donnât bonne figure à leurs anciennes théories, à leurs antiques préjugés.

Personne n*a essayé de dégager la réalité que les événements ont mise derrière cette

exprebbioii; personne ne s'est demandé si cet « esprit nouveau » n'était pas venu sur les lèvres du ministre, comme l'inconsciente constatation d'un fait nouveau : l'écliec définitif de l'ancienne organisation que TÉtat a imposée à l'Église de France.

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