‹ L'église et la question socialeChapitre 29 sur 42 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

. Dans la dernière page de l’Encyclique, le Souverain Pontife excite tous les chrétiens à se

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mettre à l’œuvre, « et cela sans délai, de peur qu'en différant le remède, on ne rende incurable un mal déjà si grave ». À chacun sa part et

son rôle. Gouvernants, riches, maîtres et ou-

vriers sont conviés à l’action, « mais la première condition à réaliser, c’est la restauration des mœurs chrétiennes, sans lesquelles même les moyens suggérés par la prudence humaine comme les plus efficaces seront peu aptes à produire de salutaires résultats ». Quant à l'Église, son action ne fera pas défaut, mais si l’on veut que cette action soit féconde, qu’on lui donne la liberté à laquelle elle a droit. Les sociétés contemporaines sont à bout de voie.

S’obstineront-elles à marcher comme poussées par je ne sais quelle force fatale vers le

précipice que nous découvrons à la lueur

sinistre des éclairs, ou l'instinct de la conser-

vation, pour ne pas parler de sentiments plus élevés, les rejettera-t-elles dans les bras de

cette Eglise qui peut encore les sauver? Je ne

sais : mais quoi qu'il arrive, le pape aura grandement accompli son sublime office de doc-

teur de la vérité, de mainteneur de la justice,

il « aura délivré son âme ; les larmes et le

sang des petits, des faibles, des opprimés, ne.

retomberont pas sur ses mains ». La parole pontificale s’adresse surtout à ceux « dont la mission est de veiller au bien public ». Empe-

reurs, Roïs, Présidents de république, Législateurs, sont solennellement avertis parla Voix de Celui qui dit au monde la parole de salut. Si cette parole n’est pas entendue du xix° siècle expirant, elle jettera sur le berceau du xx° siècle naissant la lumière et la vie.

Que les ministres sacrés, c’est la recommandation expresse de Léon XIII, vouenttoutesles forces de leur âme et toutes les industries de leur zèle à cette œuvre de restauration sociale. L'Encyclique pontificale donne le programme, trace les voies, indique les remèdes. À l'étude donc de ces questions qui sont des questions de vie/ou de: mort, et à Waction.

Appuyés sur les principes si lumineux promulgués par Rome, ne laissons pas aux profanes le soin d'enseigner la science sociale. Elle touche par ses racines aux patrimoines des vérités morales dont nous avons la garde.

Nous aussi, armons-nous de toute la science de notre siècle, mais dans un autre but que Lassalle, et montrons que dans la doctrine, dans l’histoire, dans les traditions de l'Église, on trouve les vérités qui sont pour les sociétés la source de la véritable prospérité, même terrestre. Mais gardons-nous bien d’atténuer la portée des enseignements pontificaux, de les tirer à notre sens, de les émousser, ou encore de les diluer, presque à l’infini, dans je ne sais quel

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breuvage sans saveur et sans force; n’allons. pas, après avoir lu l'Encyclique qui fait luire à. nos regards l’idéal de la justice chrétienue, ré-. péter cette parole malheureuse, prononcée par. un professeur d'économie politique, catholique cependant, que «l'idéal d’une justice à réali-# ser par une meilleure répartition des efforts et. des richesses n’est pas même un flambeau qui suffise à nous éclairer ». Et puis descendons dans la pratique, occupons-nous du peuple, prenons en mains ses intérêts, aimons-le; c’est. le plus sûr moyen pour nous d’être aimé par.

lui. À la veille du jour où l’Encyclique parais-. sait, le curé de Fourmies se jetait sur la place : publique, apaisant les discordes civiles. Cette scène de Fourmies est typique. Le sous-préfet juif, le maître qui tient en son pouvoir le pays de France, l’armée, cette noble personnification de la force au service du droit, devenue l'instrument d’une poignée d'hommes de proie et de joie; le peuple qu’on a privé de son Dieu, trompé par les uns, exploité par les autres, masse confuse, allant où la poussent des instincts mal réglés, enfin le prêtre qu'on a montré du doigt au peuple en disant: C’es/{ l'ennemi, est seul capable par sa prière, par sa parole, par son sang s'illeïaut, de vendre :la sante etta paix à cette société en dissolution, voilà le spectacle qu’offrait le 1°" mai la place de la pe-

le LR.

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