‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 232 sur 373 · LE 9 THERMIDOR · texte numérisé non relu

LE 9 THERMIDOR

sion des dernières garanties laissées aux accusés devant le tribunal révolutionnaire , puisqu'il remplaçait les témoins et les preuves écrites par une simple appréciation morale , ce décret qui organisa une nouvelle Terreur dans la Terreur, fait retomber à la charge de Robespierre tous les crimes dont il donna le signal. Peu importe son absence calculée du sein des comités, ce n'en est pas moins lui qui avait perfectionné- la machine de mort. Qu'il ait été renversé par des hommes qui ne le valaient pas , il n'y a rien là qui l'excuse, et le 9 thermidor n'en fut pas moins une délivrance. Si la réaction commença dès le lendemain, à qui s'en prendre sinon au tribun détesté qui avait dégoûté la France de la liberté en en faisant une idole indienne qui ne se repaissait que de massacres? C'est surtout pendant cette période que la persécution religieuse se confond avec la proscription générale de tous les suspects. On peut se convaincre par les Mémoires du temps que les prêtres, réfractaires ou assermentés, encombrent les prisons et payent largement leur tribut à l'échafaud *. Le tribunal révolutionnaire y envoya également les inventeurs de religions, essayant d'exploiter ce besoin de croyance qui n'est jamais plus ardent chez un peuple que quand on l'a pour ainsi dire jeté dans le vide. On connaît la ridicule affaire de Catherine Théot, la vieille prophétesse, qui entourée de ses deux acolytes , la colombe et la chanteuse, célébrait je ne sais quel culte stupidement mystérieux dans lequel elle donnait un rôle prédominant à Robespierre, à l'insu de celui-ci, quoi qu'en aient dit ses adversaires. Au reste il avait ses dévots et surtout ses dévotes, qui lui faisaient grand tort. Quand on eut juré sa perte, on tira un grand parti de l'attachement idolâtre qu'il inspirait à l'exemple de Marat. M. Michelet s'étonne de cette recrudescence de momeries ridicules et de mysticisme hébété après Voltaire et à la fin du siècle des lumières 2. Il oublie que tout paraît en définitive préférable aux

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