‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 75 sur 373 · DROITS CIVIQUES ACCORDÉS AUX COMÉDIENS · texte numérisé non relu

DROITS CIVIQUES ACCORDÉS AUX COMÉDIENS

assure; révoque tous les ajournements, réserves et exceptions insérées dans les précédents décrets rélativement aux individus juifs qui prêteront le serment civique. »

Les comédiens n'avaient pas du attendre aussi longtemps que les juifs la reconnaissance de leurs droits de citoyens actifs. L'Assemblée résolut la question en leur faveur dès le mois de décembre 1789, le jour même où elle fut soulevée par l'abbé Maury avec un fracas d'austérité assez étrange dans sa bouche. L'orateur oubliait que le moins respectable des comédiens c'est celui qui cache sous une robe de prêtre toutes les passions mondaines.

Ne rabaissons pas la grande œuvre delà Constituante; estimons à sa valeur une conquête aussi précieuse que l'égalité devant la loi assurée à toutes les croyances, mais n'oublions pas non plus que l'égalité ne supplée pas à l'indépendance réelle. Nous allons voir trop tôt ce qu'ont coûté à la Révolution les mesures contraires à la liberté religieuse, dans quelles agitations violentes et stériles elles l'ont précipitée, et comment elles ont poussé ses représentants à de nouvelles violences, triste cercle où une erreur fatale l'enferma trop longtemps.

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