‹ L'église et le monastère du Val-de-Grâce, 1645-1665Chapitre 5 sur 30 · QUINTO CAL. SEPTEMBRIS I · texte numérisé non relu

QUINTO CAL. SEPTEMBRIS I

Pour la naissance si longtemps désirée du Roi et de son frère.

5 septembre 1638.

Le monastère était consacré à Notre-Dame de la Crèche; on voit que la médaille commémorative de la fondation représente une mère tenant son enfant dans ses bras; ainsi, quant au programme, il s’agissait bien d’un témoignage de reconnaissance, d’élever un temple à Jésus dans sa crèche, « à Jésus naissant et à la Vierge mère », et encore de transformer en ornements magnifiques les éléments qui avaient pu composer une pauvre étable.

Quinze ans plus tard, Mignard, dans la peinture de la coupole du Val-de-Grâce, montrait la Reine soutenue par sainte Anne et présentant à saint Louis le modèle du monument qu’elle avait offert à Dieu. Nous aurons à revenir sur ce sujet en parlant de la fresque de la coupole.

Leu février 1645, on commençait les fouilles destinées à recevoir les fondations de la nouvelle église. On trouva des terres qui avaient été profondément remuées, et il fallut descendre très-bas pour rencontrer une résistance suffisante. Les terrains qui avoisinent le Val-de-Grâce sont composés actuellement de trois ateliers de carrières superposés, dont

L’EGLISE ET LE MONASTERE

les ciels mêmes, en certains endroits, ont été arrachés 5 tel était à peu près déjà l’état du sol à l’époque où commencèrent les travaux. François Blondel, dans son Cours d’architecture*, dit qu’il fallut reprendre les fondements du Val-de- Grâce, parce que sous les bancs de pierre sur lesquels ils posaient, il y avait des carrières creuses. « Nous pouvons même, » dit-il, « être souvent trompés par la disposition intérieure des terrains, et l’on ne sçauroit dire avec raison que celuy qui a, par exemple, fondé les gros murs de l’église du Val-de-Grâce, à Paris, ait. fait faute, quoi qu’au bout de quelque temps l’on se soit aperçu qu’ils s’alfaissoeient par un côté : parce qu’ayant pris toutes ses précautions pour asseoir ses fondements sur le solide qui estait un banc de pierre bien massif, il ne pouvait pas deviner qu’à quelques toises au-dessous il y avoit de grands creux souterrains faits par des carrières dont on avoit autrefois tiré la pierre 5 il fallut donc promptement aller à la sonde et creuser des puits qui découvrirent le mal, auquel on appliqua tout aussi-tost le remède, en fondant des piles de bonne maçonnerie dans ces cavernes audessous des murs du bâtiment. Et si par malheur à quelques toises au-dessous du fond de ces cavernes il s’était rencontré quelque terrain fluide et mauvais, qui avec le temps causast de l’altération à cet édifice, je ne vois que l’architecte en dust être responsable ».

Un plan manuscrit et teinté de ces carrières, dont nous donnons une réduction fort exacte (PI. II), se trouve aux Archives nationales. Il est sans date ni désignation, et paraît fort ancien. Il indique, à l’échelle d’un centimètre pour un mètre, les masses conservées et les consolidations faites pour supporter les murs et autres points d’appui du monument.

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