‹ L'église et les églisesChapitre 23 sur 45 · I. <i. Goyai . /.■■ Papes el In Civilisation, p. los · texte numérisé non relu

I. <i. Goyai . /.■■ Papes el In Civilisation, p. los

Ki uni L'Église aux tournants de III". p. 87. Cf.

Regesl. Bonifaeii \ III Col. 295. Lettres < I n 28 mai

el du 17 avril 1296. - 2. Cf. Pastor, Histoire

des Papes du moyen âge, T. I, e. I.

pour les Papes d'Avignon : elle a été injuste.

La Cour d'Avignon, comme les autres — c'était la plaie de l'époque — se laissa envahir par un luxe mondain exagéré qui lil scandale : c'esl vrai. Mais il est Taux qu'elle soittombée au degré de relâchement qu'on a dit. Elle eut, pour le pouvoir royal, des complaisances regrettables :

c'esl encore vrai. .Mais que les rois de France aient trouvé en elle l'instrument servile qu'ils avaient rêvé : c'est Taux.

Néanmoins, la situation par elle-même était vicieuse. < renés, sinon paralysés, en Occident, par de graves difficultés politiques — el ce n'es! point une excuse — les Papes d'Avignon ont eu beau travailler avec zèle à l'extension des missions dans l'Inde, en Chine, dans tout l'Orient, et ils l'ont fait avec un réel succès, ils n'en font pas moins triste figure dans l'histoire. Car, asservis ou non au roi de France, fatalement ils paraissaient l'être; cl. cela seul était de trop: la Papauté y perdait son indépendance, son

autorité, son prestige ; elle se nationalisait, se diminuait clans la politique et devenait suspecte aux antres peuples.

Pendant qu'a Home, où l'anarchie régnait avec la misère, des voix aux ri s protestaient contre» l'exil de Babylone», proférant plus de menaces encore et d'insultes que de plaintes, deux faibles femmes, modestes et timides, S1" Brigitte et S10 Catherine de Sienne, avaient entrepris d'arracher les Papes à leur retraite d'Avignon. Manifestement suscitées du ciel pour ce ministère qui rappelait celui des prophètes, elles se firent, pendant des années, les porte-paroles de Dieu pour reprocher aux Pontifes leurs défaillances et les ramener au devoir 1.

.Mais, le mal était si grand qu'à peine le Pape rentré à Rome, en 1373, une catastrophe pire que la première s'abattit sur l'Eglise.

1. (',. Goyai . Les Papes <-l l<i Civilisation, p. 112. Gebhart, Une Sainte, homme d'État, Ste Catherine de Sienne Cf. Revue hebdom. 16 mars 1907 ,

— A la morl de Grégoire XI, en 1370, L'élection d'Urbain VI, laborieuse mais régulière, n'apaisa poinl les partis «l'opposition, les tenants (TAvignon, qu'exaspéra encore la façon rude et maladroite donl le nouveau pape, doué d'ailleurs de rares qualités, entreprit la réforme de la discipline et des mœurs. Les cardinaux français soutenus par la Cour de Naples el par le roi de France, Charles V, prétendirent qu'Urbain VI n'avait pas été élu canoniquement. Ils entraînèrent tous les mécontents en Conclave et firent un autre Pape, Clément VII, qui reprit le chemin d'Avignon.

Pendant trente-cinq ans, l'Eglise va être cassée en deux (1378-1413 ' : un pape à Home, un autre à Avignon ; un moment il y en eut trois i. Ici, deux Kvèques pour un seul diocèse; là, un monastère disputé par deux Abbés.

La France, l'Espagne, l'Ecosse sont

1. (1. Goyau, Ibid., 117. — Pastor, Histoire des Papes, I . I. p. 131. — 2. Pastor, Ibid., T. I, p. 200.

pour Avignon; l'Angleterre et l'Allemagne

pour Rome. Les fidèles ne savent plus à qui entendre, ni à qui se vouer ; les têtes sont montées, In confusion est extrême.

Pour comble, les foyers d'hérésie pullulent en Allemagne avec les Vaudois, en Angleterre avec Wiclef, en Bohême avec Jean Huss : doctrines étranges, aussi pernicieuses à l'ordre public qu'àlal'oi, qui achèvent de brouiller les esprits et de désorienter les consciences '.

Et quand, en 1413, le concile de Constance parvient à rendre enfin à l'Eglise, sinon la paix, hélas ! mais l'unité de son gouvernement, il faut encore qu'en guérissant eeii<- plaie du schisme, il en fasse une nuire n côté. Il abuse du rôle a normal que les circonstances lui oui imposé ; il veut eu faire une prérogative de droit : il déclare son autorité supérieure à celle du Pape, eu sorte que le < Ihef suprême de L'Eglise ne serait plus Pierre, mais un parlement. El jusqu'au \( i kmeile de

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