CiACComus, II, 853. — Vespasiano, Vie de Nicolas V
ciens ; bientôt il l'admit dans sa familiarité ^ . Envoyé en explorateur en Allemagne, Nicolas en rapporta une importante liste de manuscrits qu'il croyait possible d'acheter pour le cardinal; dans le nombre se trouvaient des œuvres de Cicéron, d'Aulu-Gelle, de Quinte- Curce, de saint Cyprien. Mise en éveil par Pogge, l'attention d'Orsîni se porta sur un manuscrit qui contenait des comédies de Plante, et il donna mission à Nicolas de le lui procurer. Vers la Noël 1428, Nicolas revint avec le précieux ouvrage. La découverte était si importante que plusieurs humanistes se refusèrent tout d'abord à y croire : on n'avait jusqu'alors que huit comédies de Planté et le manuscrit en contenait seize, dont douze n'étaient pas encore connues^. Lorsque la nouvelle s'en fut répandue, ce fut dans le monde des humanistes une explosion d'enthousiasme comme celle qu'avaient déterminée, en 1415, les trouvailles de Pogge et de ses compagnons à Constance. De tous côtés, on écrivit à Orsini pour obtenir de lui la permission de copier ces œuvres inédites du comique latin. Pogge à Rome, Niccolo Niccoli à Florence, Barzizza à Milan, Guarino à Ferrare adressèrent leurs suppliques au cardinal, soit directement, soit par l'intermédiaire de leurs princes et de leurs protecteurs. Désireux de se charger lui-même de cette édition, Orsini refusa d'abord, mais bientôt, il ouvrit ses trésors littéraires à ses amis, pour les mettre après sa mort à la disposition de tous. On s'explique dès lors, malgré leurs exagérations oratoires et adulatrices, les éloges dont les humanistes l'accablèrent. « Depuis bien des années, lui écrivait Lapo da Castiglionchio, vous
1. Guarino dit que Nicolas de Trêves était le secrétaire du cardinal.
2. VoiGT, I, 457. — Sabbadini, Notizie di alcuni umanisti {Giornale storico délia lett. itaLi V, p. 174).
êtes le premier non seulement qui s'efforce de restaurer la langue latine, mais qui Tait en effet restaurée en grande partie. Sur le déclin de l'âge, vous avez entrepris les voyages les plus coûteux et les plus dangereux, vers les régions les plus lointaines, pour retrouver, dans les lieux où ils étaient cachés, les trésors de l'antiquité. Vous avez arraché à l'oubli les noms de beaucoup de grands hommes du temps passé, et vous avez ramené à la lumière non seulement des œuvres inconnues d'auteurs connus, mais encore des œuvres d'auteurs dont nous n'avions pas même lu ou entendu le nom. Vous seul, par vos efforts, avez formé une collection d'écrits utiles si considérable qu'il y en a suffisamment pour donner de l'occupation aux savants de plus d'une ville ^ . »
i. Cité par Pastor, I, 481. *