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S6 L'ÉGLISE LIBRE

tion, ce qu'on appelle en droit : fnodus Vivendi. Et cela dit, demandons-nous si, dans Fétat actuel du monde (et même à Rome, où le gouvernement sacerdotal peut n'être nullement incompatible avec une vraie liberté), demandons-nous s'ily a moyen d'imaginer une autre situation que les quatre que voici : •

L'Église libre dans un pays libre;

L'Église esclave dans un pays esclave ;

L'Église esclave dans un pays libre;

L'Église libre dans un pays esclave.

L'Eglise libre dans un pays esclave! cela peut se rêver; mais cela ne se voit nulle part, cela ne s'est jamais vu; et j'ajoute avec bonheur, pour l'honneur de l'Eglise, cela ne se verra jamais.

L'Eglise esclave dans un pays libre : cela s'est vu longtemps en Angleterre, cela se voit encore en Suède, en Portugal et en Piémont, Cela se verrait en Belgique, si la Constitution belge n'y mettait obstacle. C'est lldéal des faux

libéraux en Italie, en Espagne, en France et partout. Mais, cet idéal, il n'est personne parmi nous qui ne le repousse avec horreur.

L'Eglise esclave dans un pays esclave : cela se voit en Russie et ailleurs. Quel que soit le goût dépravé d'un trop grand nombre de catholiques pour le pouvoir absolu, je n'en connais point qui osât s'avouer prêt à. acheter le bonheur d'étouffer la liberté publique au prix de la liberté de l'Eglise.

Reste donc VEglise libre dans un pays libre : j'ai dit que c'était là mon idéal. Je puis ajouter que c'est là une heureuse et glorieuse réalité, non-seulement en Angleterre et en Amérique, non-seulement en Relgique, mais encore et surtout en Autriche, depuis le Concordat et la régénération libérale de cet empire.

S'il doit venir un jour où la France renaîtra à la vie publique, où elle reprendra le cours trop longtemps interrompu de sa mission

intellectuelle et morale, catholique et libéraie, espérons que ce ne sera pas pour rester en arrière de rAutriche.

En attendant, je maintiens notre formule.

Je la maintiens comme la sauvegarde des catholiques et comme la pierre de touche des libéraux. Je la revendique pour les catholiques libéraux. Elle sert à les distinguer nettement des catholiques intolérants, qui ne veulent pas d'État Ubre^ et des libéraux inconséquents, qui ne veulent pas d'Église libre. Nous qui voulons franchement, résolument

et pour toujours les deux libertés, sachons le prouver par nos paroles et, mieux encore, par nos actes.

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