‹ L'Église libre dans l'Europe libreChapitre 39 sur 49 · Perreyve, ojt). cji., p · texte numérisé non relu

Perreyve, ojt). cji., p

chose de plus, môme, que des vertus purement passives, pour que, sous l'assaut de la fusillade russe, la foule polonaise, occupée de prier Dieu, se maintînt à genoux, et pour qu'inofTensive, calmement provocante, elle continuât de chanter : « Rends-nous la patrie, Seigneur^ rends-nous la liberté ^ » Bismarck, psychologue assez court comme tous les hommes qui jouissent de se sentir forts, voulait qu'à force de batlre les Polonais on leur enlevât le goût môme de vivre : la question de Pologne se serait ainsi résolue par leur suicide. Il n'apercevait pas qu'au fond même de leur calice de souffrances, mystiquement inlerprétées, mystiquement exploitées, ces âmes essentiellement calholiques retrouvaient avec une âpre suavité je ne sais quel immortel résidu de joie, — joie de vivre, d'agir et de souffrir. L'optimisme

Î.Gratry, La Paix, p. loS-I6i. Paris,! 8Gi.— Perreyve, op. cit., p. 273-215.

polonaisrésistait à la cruauté des vexations; il récompensait la fidélité de la Pologne à la conception catholique de la souffrance et de la vie.

En Autriche, Toptiraisme polonais survivait aux onéreux cadeaux qu'apportait à ses nouveaux sujels le gouvernement des Habsbourg, « despotisme, défiance, intolérance », comme les énumérait le Poète anonyme ^. 11 survivait à la «jacquerie officielle » qui, en 1840, sous l'administration de Metternich, livra les propriétés,personnes el biens, aux convoitises sanguinaires d'une ccriaine plèbe, pour la consolidation de la dictature autrichienne, «Aujourd'hui, grondait Lacordaire, l'autocratie en est à son 1793 ; son cœur, si on peut dire qu'elle en a un, s'est révélé devant la terre entière ; et, si épouvantable que soit cette révélation, elle est une promesse et une récompense pour les

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