Le mot fut dit en 1S64 par Eugène Pellctan
comme fourrière du schisme ; il survivait même, si pénible que fût la déconvenue, à la flagrante violation par la bureaucratie sulbalterne de certains ukases tardifs de tolérance. 11 était dans la philosophie de l'âme polonaise d'emprunter à tant de persécutions et de déceptions cette leçon, que les intérêts du catholicisme polonais étaient liés intimement à ceux de l'autonomie nationale, et de subir avec une amère prédilection les marques providentielles de cette glorieuse solidarité.
Dans cette Prusse, enfin, oij le pangermanisme voulait abolir la race polonaise et le verbe polonais l'optimisme polonais survivait aux rigueurs du Kidturkamp f , à l'incarcération des prélats et des prêtres, aux luttes barbares de Técole contre la langue des petils enfants^ à l'introduction en terre polonaise d'un flot de colons allemands dont
85 o/" étaient des protestants », à la politique d'astuce qui, pour mieux implanter le teutonisme, installait le luthéranisme. îl était dans la philosophie de l'âme polonaise d'induire de ces faits, avec une douloureuse sérénité, que la Prusse frappait le catholicisme pour mieux atteindre le polonisme, et de trouver dans ce surcroît de malheurs la preuve nouvelle, et cruellement attachante, d'une flatteuse identité.
Ainsi se prolongeait l'immortalité des espérances polonaises : il semblait qu'elle s'étayàt sur l'éternité même de l'Église, et qu'elle les enlaçât à des certitudes qui venaient de l'au delà ; et pareille à n cette sainte du temps des croisades qui, lorsque son époux parlait pour la guerre, prenait des habits de veuve pour ne les déposer qu'à son retour, la Pologne estimait que son veuvage ne serait
1. Voir les statistiques données par M. Erzberger luimême dans son livre : De?- stiUe KuUurkampf, p. 14-15 (Hamm, 1912).
pas éternel » i. Henri Lasserre, Thislorien de Lourdes, disait d'elle il y a un demi-siècle, qu'elle ne pouvait parler religion sans réclamer en même temps la vie politique 2. Et comme elle voulait continuer de parler religion, elle aspirait, de plus en plus tenacement, à être libre.
11 n'a pas dépendu des Puissances germaniques qu'une fois encore, en 1918, ces aspirations n'avortassent. L'Autriche, dans l'éphémère traité de Brest, jetait coraplaisamment à l'Ukraine la vieille province de Chelm, qui en 1 875 avait héroïquement souffert pour sa foi polonaise et catholique. k\i Rekhsrat Aq Vienne, le président du club polonais stigmatisait ce traité, qui s'inspirait, disait-il, de « l'esprit du militarisme prussien et de la fourberie impuissante de la diplomatie autrichienne de la vieille école ; » et devant le