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L'ÉGLTSE EN DEUIL DANS L'EUROPE EN ARMES

RELLIGIO DEPOPULATA

Voilà plus de trois cents ans qu'une prophétie court le monde, caraclérisant par des formules souvent énigmatiques les pontificats successifs qui nous séparent encore du jugement dernier. Elle se présente comme une inspiration du moine irlandais Malachie, prieur d'Armagh, contemporain de saint Bernard. Si d'aventure on la réputait authentique, ce moine aurait annoncé, dès le XII* siècle, que le Pape qui s'appela

Pie IX devait être « crucifié, » et que sa croix lui serait infligée par une autre croix, Crux de Cruce : pressentiment étrange, assurément, des assauts qui furent livrés au pouvoir temporel sous le pavillon de la Croix de Savoie. La prophétie, se poursuivant, illuminait à l'avance le règne de Léon XIII par cette glorieuse devise : « Lumière au Ciel, » Lwnen in cselo ; de ces deux simples mots : Ignis ardens, « feu brûlant, » elle définissait ensuite Pie X. C'est ainsi que le moine Malachie, ou l'anonyme devin qui sut usurper son nom, interrogeait jusqu'à la fin des âges, d'un regard parfois perçant et parfois tâtonnant, les intentions du ciel sur la terre. Mais une fois assoupi Vlgnisardens, ce regard indiscrètement audacieux voyait, tout d'un coup, des nuages s'accumuler, et, sous ces nuages, un désert s'étendre ; et la plume de «Malachie,)» désespérant sans doute dd trouver un mot pour quahfier le Ponli-

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fîcatqui régnerait sur ce désert, écrivait lamentablement : Relligio depopulata. *

Longtemps des croyants de cette prophétie — car elle en compte quelques-uns — se sont demandé ce que ces lugubres mots voulaient dire ; tâchant d'épier l'avenir à travers les voiles du présent, ils questionnaient vainement et ne comprenaient point. Ils assistaient, sous Léon XIII, au progrès constant d'un réveil religieux^ à une réaction notoire contre les philosophies qui demandaient à la science plus que la science ne pouvaildonner ;ils surprenaient, au fond de certains cœurs, sous la forme, balbutiante encore, d'un hommage à l'Inconnaissable, l'élan vers un autre ordre de connaissances, méprisées à tort par l'empirisme positiviste. Que venait leur dire, dès lors, cet importun « Malachie, » mauvais prophète

1. Sur la « prophétie » dite de Malachie, voir Vacanfcird, Revue des Questions historiques, i\x\\\Qi 1892, p. 50-53.

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de mauvaises destinées, quand il avait l'air d'affirmer qu'à bref délai l'immense troupeau quitterait la vieille Église et la laisserait dépeuplée ?

Puis ils observaient Pie X, et ce Pape, aussi, les rassurait. Demeurant, sur le siège de Pierre, le pasteur qu'il avait été sur le trône patriarcal de la basilique de Saint- Marc, et justifiant avec une parfaite exactitude de zèle son titre d'Évêque de Rome, Pie X renouvelait la vie paroissiale dans la "Ville Éternelle ; au delà de ses fenêtres du Vatican, qui dominent le monde, ses yeux aimaient à s'arrêter, avec une complaisance touchante, sur les besoins spirituels de ces habitants de Rome qui étaient, à proprement parler, ses diocésains ; il vivifiait les paroisses existantes ; dans ces cimetières spirituels qu'étaient les faubourgs de Rome, il créait des paroisses nouvelles ; il suscitait ainsi, au centre même de la catholicité, un

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rajeunissement de vie calholique ; et c'était là comme un défi nouveau, comme un nouveau démenti à l'assombrissant pronostic qui laissait craindre une dévastation prochaine de l'Église.

On constatait, au surplus, que le pontificat de Pie X s'était donné pour tâche de développer la vie eucharistique, et qu'il avait réussi. Ce pape s'ingéniait à multiplier Dieu dans les âmes, et « Malachie, » lui, paraissait menacer Dieu d'une éclipse. Les deux mots du prophète étaient de plus en plus insaisissables : dans les milieux les plus crédules aux prédictions suspectes on aimait mieux encore, s'il fallait faire un choix, taxer le vieux moine d'erreur, que de conclure aveuglément à la faillite sociale de cette vie eucharistique, soucieusement cultivée par Pie X dans les profondeurs du peuple chrétien.

Mais tout d'un coup, au début du mois

d'août 1914, le pronostic s'éclaira. On l'avait mal interprété. Des ravages, sans ^doute, allaient survenir, et des dépeuplements : « Malacliie » avait dit vrai; mais ces milliers et ces milliers d'âmes, dont le devin mystérieux avait prévu l'exode^ allaient quitter, non point l'Église, mais la terre. Les dépeuplements qu'il avait aperçus, c'étaient les anéantissements dus à la guerre. On avait à tort supposé qu'il voulait parler de la désertion des autels. Il songeait à de vastes provinces delà chrétienté, devenues une vaste sépulture anonyme, où s'ouvraient des fosses, un peu partout, si même on avait le temps de les ouvrir. Pie X comprit, aux tout derniers jours de sa vie, ce qu'avait signifié « Malachie» ; il donna l'exemple de mourir à ceux qui allaient mourir.

On n'avait jamais relevé, chez lui, le souci qu'avait eu Léon XllI de parler aux imaginations humaines ; mais sa mort leur parla,

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et durable en devait être l'écho. C'est sans le vouloir qu'il était devenu Pape, et sans le vouloir, encore, qu'il avait, bon gré mal gré, inséré sa vie dans l'histoire. Sa mort faisait mieux que s'y insérer : elle émergeait, elle se dressait ; aux origines de la période qui s'inaugurait, le récit de cette fin devait s'imposer ; elle faisait de Pie X la première victime de la guerre, victime spontanément offerte ; c'est par lui que débutait le « dépeuplement » de la chrétienté ; et le Père s'en allait, au delà de la tombe, attendre l'interminable cortège de ses fils. Dieu concerta l'instant de celte mort, pour en faire, si l'on ose ainsi dire, une mort représentative; ce prêtre, qui eût aimé une vie obscure, eut une agonie éloquente ; et s'il était donné à l'homme de choisir l'heure oh il meurt, soyons assurés que Léon XIII eût fait choix d'un tel instant, de l'instant oii sur la chrétienté commençait de planer un voile

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de deuil, pour laisser s'éteindre l'éclat de son règne. Certaines journées radieuses — et le pontificat de Léon XIII en fut une — semblent aspirer à certains genres de crépuscules. Léon XIII aimait les gestes pontificaux qui ponctuent les époques de Thistoire universelle et qui soulignent la suite de celte histoire ; la mort de Pie X fut un de ces gestes.

II est rare que la pourpre romaine, à peine posée sur les- épaules d'un prélat, s'en détache, triomphalement, pour faire place aux vêlements qui sont ceux du Pape. Son Éminence le cardinal Jacopo délia Chiesa, deux cent soixante et unième successeur de saint Pierre, connut cette insigne destinée. En moins de quatre mois, il vit descendre vers lui Tune des dernières pensées de Pie X, désireux de rendre tout son lustre au siège de Bologne, et puis monter vers lui les acclamations des cardinaux électeurs. La longévité de Pie X fut heureusement assez robuste pour qu'il eût le temps de rendre papabile^

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au moins en dernière heure, celui qui devait être le Pape du lendemain.

Des indiscrétions qui feignaient d'avoir pu traverser les imperméables parois du Conclave mentionnèrent, deux jours et demi durant, un duel engagé entre certaines tendances, duel ardent, enflammé. Un seul fait est certain : c'est que la petite fumée traditionnelle qui annonce que l'élection du Pape n'a pu encore avoir lieu, vint défier à plusieurs reprises, pendant deux matinées et deux soirées, l'impatiente curiosité de cette foule, qui attendait qu'un Pape fût nommé et qu'on proclamât son nom. Cette fumée trouva des commentateurs avertis, qui conclurent qu'il y eut dans l'auguste assemblée certaines aspirations lentes à capituler, certains conflits lents à s'apaiser. Mais les cardinaux se turent, et même les conclavistes ; et lorsqu'on sut l'imposante majorité qui portait Benoît XV sur la chaire de Saint-Pierre,

on en put induire que son élection ne faisait en définitive ni vainqueurs ni vaincus, et qu'elle sanctionnait la prépondérance toute naturelle, toute spontanée, d'un courant dont l'Église entière savait la puissance et sentait l'opportunité.

On a vu des conclaves, assez lointains déjà, aboutir au choix d'un cardinal qui s'était longuement signalé, sous le pontificat antérieur, par un suggestif effacement, par un éloquent mutisme ; il pouvait y avoir quelque chose de pénible, et même de troublant, pour les consciences chrétiennes, dans l'éclat des revirements que de pareils choix semblaient présager. A l'époque contemporaine, la sagesse des Éminentissimes électeurs met l'Eglise à l'abri de ces épreuves. L'esprit de parti, que déchaînent toutes les assemblées humaines, semble amorti, dans les conclaves, par une certaine préoccupation de synthèse ; elle atténue les contrastes,

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elle domine les divergences ; elle place la tiare sur le front de Mgr délia Chiesa, dont l'élévation cardinalice fut l'une des suprêmes décisions de Pie X, et dont la jeunesse et l'âge mûr avaient été ardemment et fidèlement dévoués au service du cardinal Rampolla.

Moins d'un an plus tôt, le cardinal Rampolla, sur qui le monde chrétien n'avait jamais cessé de fixer les yeux, était, dans sa retraite de Sainte-Marthe, emporté par une mort soudaine * ; et celui qui, vingt ans durant, l'avait incessamment secondé, d'abord dans lanonciaturede Madrid, puis àlasecrétairerie d'État, occupait désormais la Chaire de Pierre. Onze ans plus tôt, les cardinaux, après avoir solennellement promis d'élire celui d'entre eux qu'ils jugeraient le plus digne, avaient été gênés dans leur impres-

1. Voir sur le cardinal Rampolla notre article de la Revue Hebdomadaire, 21 février 1914, et Ernest Daudet, La France an Jubilé de Léon XllI (même revue, 4 octobre 1919).

criptible liberté par un méfait de l'Autriche ; et cette puissance, désormais, voyait installé sur le trône pontifical, pour observer, du haut de cette cime, les remaniements prochains de l'Europe, le diplomate qui s'était fait naguère un devoir de réaliser au jour le jour les visées diplomatiques du cardinal Rampolla, de s'assimiler ses directions, de les énoncer, de les appliquer.

On peut dire qu'avant d'être archevêque de Bologne et puis Pape, Benoît XV avait été à même d'étudier de très près toutes les questions européennes et de mesurer avec une agile perspicacité l'inévitable répercussion politique de toutes les démarches pontificales. Il nous faut unpape religieux, et uniquement religieux, disaient de temps à autre quelques publicistes. Sous des apparences parfois édifiantes, celte conception du « Pape religieux, » si Dieu permettait qu'elle se réalisât, interdirait au Souverain

Pontificat de jeter un regard sur le jeu des affaires humaines ; elle ne le rapprocherait duCieletne le consacrerait aux choses de Dieu que pour qu'il laissât la terre tranquille ; elle condamnerait le Vicaire du Christ à se désintéresser de la vie de l'humanité. Tout comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, le « Pape purement religieux, » dont rêvent certains esprits singulièrement éloignés des vraies traditions romaines, ferait de la politique sans le savoir ; et ce serait, par cela même, de la mauvaise politique.

Ce Pontife, à supposer qu'il pût exister, serait un Pontife qui ne calculerait pas la portée politique de ses actes; un Pontife qui serait amené à les atténuer ou à les retirer, faute d'en avoir envisagé d'avance les conséquences diplomatiques ; un Pontife, enfin, qui, dans son parti pris de négliger systématiquement les réalités temporelles, risquerait d'en abandonner la conduite à des

influences de hasard. On ose à peine pressentir les graves souffrances auxquelles un lel règne exposerait l'Eglise, Proches parents, qu'ils s'en doutent ou non, de ces philosophes du xviii^ siècle qui déclamaient contre la théocratie pontificale, les ahstracteurs qui dessinentle rêve d'un « Pontificat purement religieux » voient s'insurger contre eux toute Thistoire de la Papauté, depuis Nicolas P' jusqu'cà Grégoire VII, depuis Sixte-Quint jusqu'à Léon XIII ; ils voient militer contre eux, aussi, les documents de Pie IX sur le libéralisme, de Pie X sur le laïcisme. Car ces encycliques, par cela même qu'elles visent une certaine laïcisation de la pensée et de la vie, crient halte aux utopistes qui, sous je ne sais quels dehors de respect pour le caractère religieux du Souverain Pontificat, finiraient par isoler la Papauté des affaires de ce monde : elles réduisent à néant cette conception, plus mesquine qu'altière, d'un

« Pape purement religieux, » dont parfois, chose étrange, certaines âmes pieuses sont complaisammenl les dupes.

Y eut-il, en définitive, Papes plus religieux que ce Benoît XIV et ce Léon XIII, qui furent les deux grands Papes politiques de l'âge moderne ? Le premier, semblant légiférer pour le Ciel lui-même, fixa longuement les règles de la canonisation des saints ; le second développa la théologie de l'Esprit- Saint, fit encyclique sur encyclique pour montrer dans le Rosaire une source de grâces, et s'occupa de semer à travers le monde, comme des foyers de vie spirituelle et de charité, les groupements du Tiers-Ordre de saint François, Ce soiit là, je pense, des besognes religieuses ; le souvenir en demeure vivant, et singulièrement précieux pour la piété catholique'; et c'en est assez pour attester que le contraste que d'aucuns prétendent établir entre la notion de Pape religieux et

la notion de Pape politique n'est qu'un jeu de mots subtil et quelquefois perfide.

Pape politique et Papereligieux, Benoît XV annonçait qu'il serait l'un et l'autre : son passé en était garant. Depuis 1878, date de son entrée à l'Académie des Nobles, jusqu'en 1907 où il s'était effacé du Vatican pour gouverner un diocèse, son rôle professionnel avait été de regarder l'Europe et d'insérer, jour par jour, son assidu travail dans la trame de la politique pontificale. L'illustre Benoît XIV, qui parlait librement de son insignifiant prédécesseur Benoît XIII, déclarait un jour, dans une lettre, que ce Pontife n'avait « pas eu la première idée du gouvernement ;» on pouvait affirmer que ce n'est pas à Benoît XIII que ressemblerait Benoît XV.

Tout en même temps, Mgr délia Chiesa avait su cumuler avec ses fonctions de substitut à la secrétairerie d'État la direction d'un tiers-ordre franciscain destiné aux

ecclésiastiques ; et l'un des rares travaux de librairie dont il s'était octroyé le loisir était la préface dont il avait fait précéder un livre d'un chanoine de Bologne intitulé : Le prêtre. A l'école du Cardinal RampoUa, dont Rome entière admirait la haute sainteté, Mgr délia Chiesa avait su observer comment une âme de prêtre peut prendre contact avec les comhïnazionï des intérêts humains sans perdre de vue le divin absolutisme des vérités souveraines. Tandis que le cardinal Rampolla,s'enfonçant dans les catacombes, aimait à s'agenouiller devant la tombe des premiers martyrs et semblait ainsi chercher, sous terre, un premier avant- goût de l'Église d'en haut, Mgr délia Chiesa, de son côté, rompait volontiers ses dialogues avec les représentants des chancelleries, pour s'en aller à l'église Saint-Eustache confesser quelques humbles fidèles, et pour épancher le meilleur de son cœur dans certaines homélies ;

et lorsqu'il avait parlé de la terre avec les grands du monde, il s'en allait près des petits, pour leur parler de Dieu.

Il témoignait du goût et du dévouement pour les 'initiatives qui visaient à répandre parmi les catholiques de Rome la connaissance de l'Évangile et l'habitude de le lire. Lorsque, dans les premières années du Pontificat de Pie X, la Société romaine de Sainl- Jérôme avait lancé dans lesdiocèses d'Italie, et puis dans ceux de France, des éditions populaires du Nouveau Testament et des Actes des Apôtres, l'intermédiaire qui avait sollicité et obtenu pour celte œuvre les plus formels encouragements du Vatican n'était autre que Mgr délia Chiesa. Le fruit de ses démarches fut une lettre pontificale, trop peu connue en France, dans laquelle Pie X écrivait au cardinal Cassetta :

Le bien entrepris par la Société de Saint-Jérôme est d'offrir à la masse entière une occasion facile

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de lire l'Évangile à fond et de s'en pénétrer. Comblez par un plus grand nombre d'exemplaires ce large besoin de lire l'Évangile qu'a fait naître votre zèle : cela ne sera jamais sans fruit, et cela en outre sera efficace pour faire tomber l'opinion d'après laquelle l'Église répugnerait à faire lire l'Ecriture sainte au vulgaire ou y mettrait quelque obstacle.

Du fond des bureaux de la secrétairerie d'Etat, du fond de ces laboratoires où se concerte l'action diplomatique de l'Église, la pensée de Mgr délia Cliiesa, s'envolant vers les sources très hautes et très pures d'oti descendit le message de Dieu, aspirait à familiariser d'innombrables âmes avec l'Évangile. Telle était la distraction de ce prêtre, et tel était son repos, entre deux rédactions de dépêches ministérielles.

Puis sept années étaient survenues, durant lesquelles, installé sur le siège archiépiscopal de Bologne, ilavaiteu à faire acte de pasteur d'âmes, exclusivement, et durant lesquelles

il avait pu connaître à fond les rouages d'un diocèse, avec autant de précision qu'il avait appris à connaître ceux de la Curie. Cardinaux qui souhaitaient un Pape pasteur, et cardinaux qui souhaitaient un Pape homme d'État, s'étaient sentis portés à coaliser leurs suffrages pour couronner de la tiare une expérience aussi complète de tous les besoins de l'Église.

.... Cependant, à travers la société chrétienne, le sangcoulait toujours ; il allait couler quatre ans et deuxmoisencore. Le monde chrétien allait se décimer, se dépeupler. Le cardinal Jacopo délia Chiesa, devenu Pape sous le nom de Benoît XV, dut couvrir de sa première bénédiction un univers homicide , et son avènement coïncidait, comme l'avait vu a Malachie,» avec la plus tragique des crises ; mais ce n'était pas une crise de l'Église, c'était une crise de l'Europe.

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