Luc, XXI
3. Eusèbe, H. E. Grusé, liv. III, ch. v. Pella était la principale des dix villes de la Pérée, ou Décapole. On pense qu'elle était située oîi se trouve le rempart de ruines appelé Tubukat Faliil, qui domine la vallée du Jourdain, à 50 ou 60 milles au N.-E. de Jérusalem.
les provinces de l'empire pour servir aux jeux du cirque; on vendit comme esclaves ceux qui n'avaient pas encore dix-sept ans, et le reste fut envoyé aux mines d'Égypte \
Dès le retour de Tite à Rome, le sénat décréta qu'un triomphe extraordinaire serait fait à lui et à son père Vespasien, qui avait commencé la guerre. Josèphe y assista, et il n'a pas honte d'en décrire les splendeurs en style pompeux. Il aurait dû se souvenir que c'était au prix de la ruine et de l'humiliation de son pays ! L'or, l'argent, l'ivoire, dit-il, y éclataient partout. On ne voyait que tentes de pourpre, broderies, pierres précieuses, animaux rares. Des Romains, vêtus de somptueux habillements, portaient des statues colossales de leurs dieux; puis venaient de longues files de captifs. Après eux, des trophées magnifiques, hauts de trois ou quatre étages, représentaient les batailles et les sièges de la guerre : on y voyait des plaines dévastées, des villes en flammes, l'ennemi ensanglanté et suppliant, et des fleuves traversant des contrées ravagées par le fer et le feu
Mais ce qui attirait le plus l'attention, c'étaient les dépouilles du temple de Jérusalem, la table d'or, le chandelier à sept branches et le rouleau de la Loi.
Enfin venaient Vespasien, Tite et Domitien. Ils terminaient glorieusement le cortège. Au moment de monter du Forum au Gapitole, ils s'arrêtèrent et attendirent la nouvelle de l'exécution de Simon Bar-Gioras,
1. Josèphe, Guerres des Juifs, liv. VI, ch. ix, et les notes de Whiston. Whiston estime que le nombre des Juifs réunis à Jérusalem à ce moment-là ne pouvait être inférieur à 3,000,000. Cette évaluation est basée sur ce que Josèphe affirme relativement aux agneaux mis à mort pour la fête, et sur le nombre des personnes qui se réunissaient pour un agneau. A l'en croire, on immola 256,300 agneaux et, pour chacun, il y avait dix personnes au moins ou vingt au plus. Cf. Deuter.,XX\lll, 68.
Extrémité de la prison Mamertine inférieure, avec la roche tarpéienne. La porte
conduit à d'autres donjons plus grands que celui-ci. . - (D' après un dessin original d' Edwarjd. Backhouse.)
le général en chef des ennemis. Ce malheureux avait été retiré du cortège, jeté dans un horrible cachot de la prison Mamertine et mis à mort.
Aussitôt que son supplice leur eut été annoncé, ils se remirent en marche, montèrent au temple de Jupiter Gapitolin, pour offrir leurs prières et des bœufs blancs comme le lait et déposer sur les genoux du dieu leurs couronnes d'or.
On sait que ce triomphe est rappelé sur l'Arc de Triomphe de Titus; on y voit sculptés la table d'or, les trompettes d'argent et le chandelier à sept branches. Quant à ces objets eux-mêmes et à tous ceux de même origine que Titus avait pu arracher aux flammes, ils furent déposés dans le Temple magnifique que Vespasien fit élever à la déesse de la Paix. Seuls, le rouleau de la Loi et les voiles de pourpre du sanctuaire furent portés au palais impérial ^
Ni la destruction de Jérusalem, ni la cessation des cérémonies du culte qui en fut la conséquence, ne purent, cependant, ébranler la foi des Juifs dans l'obligation perpétuelle d'observer les prescriptions de la Loi. Les Judéo-chrétiens eux-mêmes restèrent, en majorité, attachés à cette idée. Dès la fm de la guerre, ils étaient revenus de Pella et de la Pérée et s'étaient établis dans la cité en ruines. Leur Église y subsista, pure de tout mélange, jusqu'au temps d'Adrien (136), se distinguant toujours des Églises pagano-chrétiennes par une observance aussi complète que possible des prescriptions mosaïques ^
1. Josèphe, op. cit.., liv. VII, ch. v. Adam, Roii an Antiquities.