ANTOINE DE LA FAYE
« le plus vieil ministre [de Paris], le plus riche et avare, mais le moins suffisant. Il estoit de maison, oncle de Madame la procureuse générale La Guesle 1. »
Il avait étudié à Genève. On a supposé qu'il en était originaire -'. (Un pasteur du même nom, avec lequel il ne faut pas le confondre, a exercé son ministère à Genève vers la même époque). D'autre part ce nom était porté par un « surveillant de l'Eglise de Paris » réfugié à Banthelu dans le Vexin français ; et brûlé à Paris en 1502 4. C'est dans une région voisine que se trouvent les terres dont la Faye est seigneur au commencement du xvne siècle, comme son collègue Lobéran de l'autre côté de Paris. Dans les actes, où il figure le premier d'ordinaire, il est le plus souvent qualifié « Noble homme maistre Anthoine de la Faye, seigneur en partie du lieu et territoire de Gournay sous Montataire, escuier seigneur de la Maisonneufve. » A Paris il demeurait 5 — en 1603 du moins, au moment où les autres pasteurs habitaient tous deux désormais sur la rive gauche — rue Grenier sur l'Eau : une étroite petite ruelle parallèle à la rive droite de la Seine, derrière l'église Saint-Gervais ; elle n'a guère changé de physionomie depuis six siècles, et peut-être la maison de la Faye y existe-t-elle encore de nos jours.
Gournay est un petit hameau du Beauvaisis en face de Creil ; ses maisons s'alignent entre Montataire et Nogent-les-Vierges sur le rebord du plateau fertile qui s'étend presque jusqu'à la rive
1. Journal de I'Estoile, à propos de la mort de La Faye, 18 mai 160l>, p. 503.
2. Une petite biographie parue en 1609 est intitulée : De vita et obilu Antonii Fagi, ministri genevensis (Encycl. se. rel., VII, 668). Dans un acte du 4 oct. 1601 (min. François ; son procureur était alors Loys Margonne, licencié es lois rue Saint-Jacques) nous l'avons trouvé qualifié « bourgeois de la ville de Genève. » Mais au temps des persécutions un assez grand nombre de protestants de l'Ile de France s'étaient réfugiés a Genève, s'y étaient fait recevoir « habitants » (p ex. P. Cboart de Buzenval, en 1574), puis étaient revenus en France dès que les temps meilleurs le leur avaient permis.
3. Canton de Magny (Seine-et-Oise). Banthelu est entre Buby où naquit P. du Moulin, et Avernes où Maurice de Lobéran fut d'abord pasteur.
4. Crespin, Hist. des martyrs, 639 b. BÉZE, Hist. ceelés., II. 131 (édition) Baum, t. II, p. 171).