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PROPRIÉTÉS ET OCCUPATIONS DE SULLY

« très mal bâti 1, » mais, surtout après qu'il a été nommé gouverneur de la Bastille, toute voisine, il le transforme complètement, y accumule les armes et les munitions, et s'y installe tout à fait.

Les Mémoires nous font entrer dans l'intimité de cette vie très méthodiquement remplie qu'était celle du surintendant vers 1005 : dès six heures et demie du matin il est « tout habillé ». A sept heures, Conseil d'Etat et des finances trois fois par semaine, les mardi, jeudi, samedi. Souvent il y a une seconde séance l'après-midi des mêmes jours. A onze heures, dîner ; la table est « de dix serviettes seulement, fort frugalement servie. » Après dîner Sully passe dans la grande salle, déjà toute pleine de monde, et donne audience à chacun, commençant toujours « par les ecclésiastiques tant d'une que d'autre religion, » et ensuite recevant les « gens de village et autres simples personnes. » Les choses ne traînent pas en longueur. Sully refusait, ou disait :. « Monsieur, c'est assez, j'entends bien votre affaire, elle est bonne, et vous en promets l'exécution. »

Les trois autres jours (lundi, mercredi, vendredi) Sully travaillait le matin aux affaires de ses nombreuses charges : à celles que nous avons dites 2 il réunit successivement celles de gouverneur du Poitou, de Mantes, de Jargeau, du Bas-Limousin, grand voyer de France, etc. Sa puissance de travail était admirable.

Quand il ne consacrait pas tout l'après-midi aux audiences et à ses affaires privées, Sully aimait voir ses enfants ou quelques amis « faire les exercices, » c'est-à-dire monter à cheval ou jouer à divers jeux. Souvent, pour amuser le roi, il organisait des bals, des mascarades, qu'il présidait gravement. « L'Arsenal n'était jamais sans fanfares, réjouissances, bonnes compagnies et vertueux passe-temps. » Aussitôt après souper on fermait les portes, et vers dix heures Sully prenait un repos bien gagné •\

De son premier mariage était né un fils, Maxiinilien, dont la dissipation fut pour son père une cause de grande douleur, et pour l'Eglise protestante de Paris un sujet de scandale '. Du

1. Mém., t. I, p. 323. Voir la gravure qui orne le plan de Gomboust (1650). M. Hoffbauer a reproduit plusieurs plans et gravures de l'Arsenal dans Paris à travers les âges, t. II, p. 28, fig. 27 et planche VI.

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