Guiffrey, Man. par., p
4. Le nombre des ouvriers variait suivant les prospérités des affaires ; en 1635 dans l'une des deux manufactures alors existantes sur la rive gauche, celle de R. de la Planche, étaient employés cent vingt ouvriers (plainte citée par M. Guiffrey, Man. par., p. 132).
5. Ainsi les Alleaume. Robert avait en 1627 dans sa boutique « en la rue Gobelin » plusieurs tapisseries mentionnées dans l'inventaire fait à la requête de la veuve de François de la Planche (Guiffrey, Man. par., p. 91).
6. Voici un spécimen des actes inscrits sur les registres de Charenton : «■ Le 25'' jour de septembre mil six cent et onze a esté par Monsieur Durant, ministre de la Parole de Dieu, baptisé, après l'exhortation, Charles fils de Treys, tapissier, et de Ester Hecherut, nasquit le xxc dud. mois, présenté au baptesme par Paul Frecour aussi tapissier et Peronne Pape, tous flamands de nation » (B. p. p., 1872, p. 269).
7. Extraits publiés par M. Guiffrey (Man. par., p. 103), d'après les notes de M. de Grouchy prises dans une étude de notaire.
LES CANAYES 361
1607 avait fixé le nombre des apprentis à vingt-cinq pour la première année et vingt pour les deux suivantes. Les tapisseries sorties de ces ateliers étaient les unes en laine, les autres en soie, souvent rehaussée d'or et d'argent ; elles portaient à la lisièrs inférieure une fleur de lys entre deux P (Paris, conformément à la décision du Bureau de la Ville). Il n'entre pas dans le cadre actuel de notre étude de suivre l'histoire de ces ateliers jusqu'au moment où, de 1662 à 1667, Colbert créa la « Manufacture royale des meubles de la Couronne » dans l'hôtel des Gobelins1.
Mais ceux-ci étaient, à cette époque, fixés à Paris depuis plus d'un siècle, et nous avons à étudier leur histoire dans les entreprises industrielles et commerciales auxquelles ils se livrèrent pendant plusieurs générations, avant que leur nom fût lié à la manufacture de tapisseries.
Dès la fin du xve siècle, Séverin Canaye était « teinturier au faubourg Saint-Marcel » et épousait Mathurine, fille de Jean Gobelin « aussy teinturier audit lieu, de laquelle il eut Jean, teinturier. » Cette fidélité héréditaire à l'industrie familiale est mentionnée avec insistance, comme une sorte de gloire, dans un « Traité historique des familles de Paris -. » Les Canaye ont aussi inauguré en France la fabrication des tapisseries de haute lisse.
Un deuxième Jean Canaye épousa à son tour une Gobelin, sa cousine, une autre Mathurine. Ce fut un des premiers parisiens qui, en secret, puis dans de petites réunions, étudièrent et répandirent les doctrines de la Réforme. Elève de Farel au collège du Cardinal Lemoine, il lui rappelait plus tard avec émotion « ces jours nombreux où Lefebvre d'Etaples, cet homme si saint, si savant, leur distribuait le pain et l'eau vive :!. » Après Farel, Jean Canaye eut pour professeur Jean Lange, qui l'appréciait fort 4.