‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 373 sur 558 · LE PROCUREUR DU CONSISTOIRE · texte numérisé non relu

LE PROCUREUR DU CONSISTOIRE

extrêmement rare et peut-être unique1. Il ne paraît pas s'être marié 2.

L' « homme vivant et mourant » était, par définition, nommé à vie ; le Consistoire avait d'autre part des mandataires investis de fonctions tout à fait temporaires ; enfin d'un caractère intermédiaire était le « procureur général et spécial » chargé :

1° d'ester en justice, par exemple en matière de dons et legs faits à l'Eglise ou aux pauvres, et ce quelquefois au nom des donateurs (ainsi dans le cas de Ch. de la Rougeraye) ;

2° d'ester en justice « au nom des pauvres Français refïugiés » à Bàle et à Genève : plusieurs de ces familles avaient eu sans doute leurs biens confisqués ; d'autres en avaient conservé la jouissance ; le procureur les gérait pour elles ;

3° de faire fonctions d'archiviste en conservant tous les actes notariés et pièces de procédure : « contrats, cédules, obligations, titres, papiers et enregistrement, » notamment « l'acquisition des droits d'Ablon. »

Remplies en 1606 par Me Thomas Ferreur, secrétaire du roi en sa maison de Navarre, ces fonctions de procureur sont transmises en 1607, au moment de l'organisation définitive de l'Eglise, à « honorable homme Benjamin Obré, bourgeois de Paris » par un acte qui nous donne une nouvelle liste des membres du Consistoire 3.

La Faye et Du Moulin sont absents. A côté de Lobéran figure un autre pasteur dont nous parlerons bientôt, Durant ; puis viennent onze anciens, c'est-à-dire probablement en y ajoutant Elie Bigot la liste complète : « Christophle Bochart, Jehan de Cleves et Jacques Tardif, advocats en la Cour du Parlement,

1. A Privas en 1612 il est chargé avec le Sr de la Combe de « faire la poursuite contre le sieur Pâlot pour le recouvrement des deniers qu'il doit aux Eglises » (Aymon, I, 426) ; à Tonneins il vient en 1614 comme seul représentant — sans pasteur — du consistoire de Paris ; enfin il siège encore à Vitré en 1617 (Quick, Synodicon, I, 348, 392, 475).

2. En décembre 1612 il est parrain d'Elie Chenevix dont la mère était une Gobelin (B. h. p., 1855, p. 494).

3. Minutes de Me François, et B. h. p., 1893, p. 133. J'ai trouvé la signature B. Obré sur une quittance du 23 avril 1613 dans les minutes du notaire R. Bourgeois : « M. Bcnj. Aubré (sic) demeurant rue Beaubourg, paroisse Saint-Nicolas des Champs, comme procureur de Ysaac de Cueilli, conseiller ordinaire, etc., reconnaît avoir reçu de M. Jeh. du Tillet 3761 livres. »

Gédéon de Serres, sieur du Pradel, advocat au conseil privé du roy, M" Samuel du Fresnoy, procureur en ladite cour de Parlement, Jehan Prieur, secrétaire du roy, honorable homme Jacques Deschamps, Nicolas Pinctorye, Eusèhe Marchant, Jehan Mollart et Jehan Macharye, tous bourgeois de Paris. »

La nomination du procureur est faite par eux « tant en leurs noms que comme en se faisans et portans forts des autres bourgeois et habitans de ladicte ville et faulxbourgs de Paris faisans profession de ladicte relligion. » Le nom du Consistoire n'est toujours pas inscrit. On voit que sa composition avait été légèrement modifiée depuis 1606 l.

§ 2. Le lieu de culte

Voici donc les réformés entrés, non sans peine, en possession officielle du terrain acheté pour eux par M. de Maupeou. L'emplacement est aisé à déterminer d'après les anciens plans et l'état actuel des lieux -. En tête du pont, plus nombreuses à gauche le long de la route montant vers Paris, s'élevaient les quelques maisons du village de Charenton. A droite la rue allant vers Saint-Maurice longeait le fief de la Chaussée, peu étendu, puis traversait le fief de la Rivière, limité au nord par le bois de Vincennes, à l'est par le village de Saint-Maurice où, sur la place publique, se trouvait une maison seigneuriale. Correspondant à

1. Deux ans plus tard un acte du 5 mars 1609 (Minutes de Me François et B. h. p., 1893, p. 135) est signé P. du Moulin, Durant; — C. Bochart, Dangerville, Deschamps, Bigot, J. Poupart, De Cleves (plutôt que Du Clos), Delaijre, De Henterez (serait-un titre de J. Poupart dont le nom est au-dessus ?), Dufresnoy, Mollart, N. Pinctorye, Prieur, Dupradel, Marchand, François, Jullien Notaire (plutôt que Roquin, je pense, lecture de M. Read).

2. Voir Douen, Révocation à Paris, I, p. 111 et suivantes ; B. h. p., 1889, p. 446, et notre article dans le B. h. p., 1906, p. 295 et suivantes (tirage à part : Troisième centenaire de l'établissement du culte réformé parisien, in-8", Fontenay, Bellcnand, 1906» : Recherches sur l'emplacement des temples, cimetières et maisons du consistoire à Charenton <iu xvir siècle. Documents utilisés pour les plans ci-contre ; plan reproduit d'après un ras, appartenant au directeur du Cabinet historique dans le B. h. p., 1854, p. 436 ; plans des terroir et seigneurie de Charenton-Saint-Maurice, Archives municipale» de Saint-Maurice (2 m. X o m. 60) paraissant du xvme siècle ; plans de 1740 (à plus grande échelle) appartenant en 1906 à M. Robin, négociant à Saint-Maurice. Sur Pétat des lieux au milieu du xixc siècle voir Maiîty-Laveaux, Charenton au XVIIe siècle (Moniteur du 6 août 1853).

Page 1