‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 383 sur 558 · LES « LOUANGES DE CHARENTON » 4G · texte numérisé non relu

LES « LOUANGES DE CHARENTON » 4G

Plus tard on chante :

Par tes petits bateaux Où nous porte la Seine Nous allons boire aux eaux De vie où Christ nous mène.

Mais la plupart des différences. ont une raison plus profonde. On a retranché un tiers des couplets, sans doute par ordre, car ce sont presque exclusivement ceux qui sentaient un peu trop curieux exemple dans une nouvelle édition revue, corrigée, et... fort la poudre des controverses. On a donc supprimé les allusions trop vives aux prélats 1, à l'Antéchrist, à la Béte, au pape,

«... son fils adoptif qui porte triple crête, »

appelé ailleurs, à Ahlon,

«... un ver enflé de grande audace. »

A Charenton, de bonne heure — et peut-être dès l'origine — on n'avait plus le droit de vendre ce qui paraissait tolérable à Ablon -. On n'avait plus le droit d'imprimer :

Christ desdaigne les tours et temples magnifiques Les palais et les cours des Romains catholiques ;

on n'avait plus le droit de plaindre Paris de n'avoir pas accepté dans ses murs le culte réformé :

Deux fois un million malheureuse est la ville Et la religion qui chasse l'Evangile.

Cependant — c'est une des rares additions, destinée à compenser les suppressions imposées — on traite encore de Babijlone l'Eglise romaine, et, semhle-t-il, spécialement l'Eglise de Paris

1. Le poète d'Ablon disait au « grand Dieu des merveilles : »

Et qu'on voie à tes pieds les Prélats de la France Venir humiliés te faire révérence.

A Charenton on imprime : « les peuples de la France. »

2. Le texte publié par M. Read est celui qui figure au bas d'un gravure (Iiib. nat., recueil de Fontette) représentant < le temple de Charenton bâtî à neuf en 1624 ; » il y a eu sans doute d'antres éditions sur feuille volante (comme les six pages in-8° de la complainte d'Ablon) entre 1606 et 1624, et il serait intéressant de savoir à quelle date a paru la première édition expurgée.

Toute remplie d'excez D'orgueil, de violence, De duels, de procez, D'erreurs et d'ignorance 1.

Et l'on chante toujours les couplets de la fin, destinés aux Parisiens :

Sus donc, ô mes amis Fuyez de cette presse ; Christ Charenton a mis Pour enseigne et adresse.

Ces lieux où on invitait les Parisiens à venir, nous avons vu en quel état ils se trouvaient vers le moment (1013) où un visiteur étranger nous a donné la première description du temple. Nous avons ainsi quelque peu dépassé l'époque de sa construction, pour en finir avec les autres bâtiments élevés par le Consistoire dans cette période qui va jusqu'à la destruction du temple (1606-1621). Il nous faut maintenant reprendre la suite des événements au point où nous les avions laissés, au moment où l'on quittait Ablon pour Charenton (août 1606).

1. La complainte d'Ahlon (42° distique) portait (peut-être avec une faute d'impression au début, en tout cas avec plus d'énergie à la fin :

De deuil et de procès, le /Iran de lu France).

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