‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 40 sur 558 · CAYER ET CALVIN · texte numérisé non relu

CAYER ET CALVIN

que cet homme « seroit une peste clans l'Eglise *. » Plus tard Cayer rappelle divers incidents qui montrent qu'il était à Genève en 1563 : dans la « pleine congrégation » qui se tient « le jour de vendredy toutes les semaines » il a assisté à une discussion entre Calvin et Chevalier, professeur d'hébreu — auquel il dut sans doute en grande partie la connaissance et le goût de cette langue - — ; il a vu exécuter .« en la place du Molard » un meunier qui avait voulu livrer la ville au duc de Savoie '!. Comme tous les pasteurs de ce temps il connaît à fond l'Institution de la religion chrétienne et beaucoup de Commentaires de Calvin. Il sait, et peut-être même exagère plus tard à dessein la part prépondérante que le réformateur a eue dans la rédaction des catéchismes et confessions de foi à Genève et en France. Jusqu'à la fin de sa vie la doctrine de Calvin, même lorsqu'il l'attaquera dans certaines parties, lui paraîtra « saine » ailleurs, mais dans tel passage qui le choque particulièrement, Calvin, à son avis, s'est servi de « mots trop durs, lesquels nous ferions sagement de corriger à la première édition 4. »

Th. de Bèze, plus doux, lui était certainement beaucoup plus sympathique. Il a souvent entendu ses leçons et ses serinons 5, lu ses écrits sacrés et même profanes (il lui reproche d'avoir « loué Rabelais mesme G », il connaît par cœur ses « rimeries » des psaumes ". En général il parle de Bèze avec respect, il invoque l'autorité dont jouit en France le « Père patron » des ministres 8, et admet que, par sa valeur personnelle, Bèze ait quelque droit à cette influence. Longtemps après avoir quitté Genève il recueillait avec soin les lettres ou propos" qu'on prétait à Bèze

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