‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 439 sur 558 · MARIAGE DU MARQUIS DE ROSNY · texte numérisé non relu

MARIAGE DU MARQUIS DE ROSNY

A l'occasion du mariage de sa fille, Sully n'eut aucun scrupule à se départir de la simplicité huguenote pour faire quelque peu étalage de sa richesse. 11 portait « un aigrette à son chapeau ou y avoit une enseigne de pierreries très helle qui reluisoit et esclatoit partout ; » le marquis de Rosny, jeune homme de vingtdeux ans, « somptueusement hahillé, portoit au col une excellente chesne de pierreries à deux tours ; » la mariée enfin — encore une enfant de neuf à dix ans comme naguère la propre fille de Sully au temple d'Ahlon — portait « une rohe re satin blanc fort riche et magnifique pour estre enrichie de force perles et pierreries avec la coiffure de mesme voilée à la romaine 1. »

On n'observa donc pas ce jour là très strictement « la modestie recommandée dans les habits aux fidèles, tant hommes que femmes 2. » Mais ce qui est bien conforme à la discipline, c'est que le mariage ne fut pas célébré à Paris au domicile de l'une ou l'autre famille et par les soins d'un chapelain : étant donnée la qualité des conjoints, l'autorisation royale aurait pu être demandée sans que nous en fussions surpris. Mais il n'en a rien été. Comme pour de simples particuliers « le mariage sera bénit publiquement dans la compagnie des fidèles, et cela par le ministère des pasteurs, et non d'autres 3. » La cérémonie fut donc présidée par Du Moulin, et non, comme l'avaient espéré les eurieux, par le prédicateur à la mode « qui était tant en bruit » en cette saison à Paris, le jeune Le Faucheur.

Il y eut « grande affluence de peuple, mesme de catholiques, » saisissant avec empressement cette occasion d'aller au prêche, ce que les lois de leur Eglise interdisait de faire un dimanche ordinaire. Parmi eux figurait sans doute l'Estoile, qui nous a laissé ces notes à la main sur le cortège nuptial. Pour compléter la ressemblance avec nos usages modernes il y eut un « lunch : » après le prêche, un haut fonctionnaire de l'adminis-

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