‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 466 sur 558 · L'Estoilk, Journal, p. 595 (17 mai · texte numérisé non relu

L'Estoilk, Journal, p. 595 (17 mai

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revenu à Paris, bien décidé - - il l'a reconnu aussitôt après — à tuer le roi « parce qu'il ne convertissait pas les huguenots *. »

Le vendredi 14 mai, Henri IV sort du Louvre en carrosse, accompagné, entre autres, par le duc de la Force, pour aller à l'Arsenal voir Sully malade. Ravaillac suit, et frappe, de deux coups de poignard, dans la rue de la Ferronnerie, le roi qui meurt sur-le-champ -. D'Epernon ramène le corps au Louvre.

§ 2. Impression produite par la mort du roi

Aussitôt l'assassinat connu, et le premier moment de stupeur passé, un double courant se produit - résultat remarquablement conforme aux sentiments du roi défunt, et bel hommage rendu spontanément a la valeur de sa politique - - : méfiance générale à l'égard des jésuites, et désir non moins général d'éviter la guerre civile : d'où rapprochement entre les catholiques et les protestants, et de tous les protestants entre eux.

D'ailleurs, en bons apôtres et fins diplomates, « les jésuites étaient accourus des premiers, faisant les faschés par dessus les autres :t. » Et le P. Coton de s'écrier : « Qui est le meschant qui a tué ce bon prince, ce saint roy, ce grand roy ? A-ce pas été un huguenot ? » Mais une voix proteste vivement : « Les huguenots ne font point de ces coups-là ! » Cependant, poursuivant cette tactique, le P. Coton visitant Ravaillac en prison « lui voulut persuader qu'il étoit huguenot. » Mais l'assassin se moqua, et dit à d'autres émissaires des jésuites qui le venaient voir : « Vous seriez bien étonnés si je soustenois que ce fust vous qui me l'auriez fait faire 4 ! »

1. Interrogatoire du 17 mai, Mercure françois de 1610 (édition de 16191,

2. Vers le n" 11 de la rue actuelle. Au nord s'étendait alors le « grand

cimetière des Saints Innocents ».

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