LETTRES DE J. COUET
la belle mère de la femme. Sers toy de tout ce qui est en tes mains et fay tout avec prudence. Je ne pense pas te pouvoir revoir que vers la S. Jehan estant icy arrivé selon mon projet au commencement de l'année, toutefois, telle chose pourroit advenir que je m'advancerois. Je porte tousiours mon hoste sur le milieu du dos et la ceinture et n'ay point encore eu loisir d'en conférer avec aucun. Il ne me reste une seule heure du jour, les seules nuicts sont pour moy et pour mes estudes et mille affayres. Mons. Durant de Metz est icy et mon nepveu de Haulte Fontayne. Nous nous voyons souvent. Si je n'avois icy tant de parens et d'amis qui se manifestent tels tous mieux que ne faisoys auparavant, j'aurois un peu plus de loisir et de repos. Et si je ne refusois les courtisans je n'en aurois point du tout. Je t'ecryt la présente ce soir bien tard. Tu ne me mandes rien ni des nopces de Schaphouze ni de Mad. Judith et de son batesme. Bref tu me laisses par tes lettres ignorant de beaucoup de choses que je desirois bien de sçavoir. Ecry moy le plustost et le plus au long que tu pourras et du public et du particulier. Endroict auquel je t'embrasse de tout mon cour et tous mes enfans grands et petits et prie Dieu, ma fille, qu'il te maintienne en toute sainteté et santé.
De Paris, où je suis ja entré y a vingt jours en échange ordinayre, ce 29 janvier stil. nouveau 1606.
Ton plus assuré amy, J. C.
(En marge, post-scviptum :) Je t'ay desja mandé que si quelquun va par de la pour ramener le petit tu advizes de luy ayder
en tout ce que tu pourras, et que chascun de ceux auxquels il debvra soit contenté devant qu'il parte.
(Du 13 octobre 1607, sans lieu d'origine). « A Mon filz, Monsieur du Vivier docteur en médecine à Metz »,
« Mon filz, venant en ceste ville pour quelques affayres particulières que j'y avois, jay esté travaillé en Bourgogne au Vau ' d'un grand catharre qui m'avoit saysi par les chemins et se trouvant lors un serviteur de M. de Tantonville lequel t'a aultrefois connu en ceste ville lorsque le sieur de Montmirey y estoit et qui est natif de Bry près du Vau oyant que j'estois malade audit lieu, il me vint voir et m'advertit
la sœur de Jacques I Couë.t. (Fr. prot., V, 1020) ; il ôhiit mort en 1593 laissant plusieurs (ils : Samuel, qui devint pasteur à Paris, Jean, marié ;'i Meti en 1595, et Daniel, s' de Hautefoutaine.
1. Le Vaulf de Luguy (Yonne), sur la dure, en aval d'Avallon ci do Villaruoux,
qu'il se retournoit à Metz. Je t'escry par luy. Je m'estois résolu dès
que Dieu m'auroit rendu quelque vigueur de ne point passer jusques
puisque ma maladie m'avoit desrobé le tems que je voulois employer avant m'en retourner vers les miens. Mais ma maladie sçue en ec lieu Monsieur de Villarnoul qui y estoit m'advertit qu'il me vouloit avoir chez soy devant que je montasse a cheval et Mons1 Durant mon nepveu voyant Monsr de Villarnoul près de revenir en Bourgogne voulut venir avec luy pour me visiter. Si que je fus bien esbahy de le voir arriver car trois jours après je partois de là pour m'en retourner à Basle mais sa présence et son retour en ce lieu me donna courage de passer une journée avec luy au chemin de deçà laquelle ayant assez bien succédé j'ay achevé le voyage ou j'essaye de terminer une vente que je voulois fayre. J'espère que dans peu de jour ce sera fait ou failly et tout aussitôt je reprendray ma besasse. Il fauldra trouver moyen qu'entre cy et la fin de l'année nous nous entrevoyons affm que je te face entendre plusieurs petites choses qui sont plus propres a dire qu'a écrire. Ainsi il fault que tu prennes courage de me venir voir. Qui est tout ce que j'ay à te mander pour cette heure et pour
tant après m'estre recommandé à toy et à ta petite mère et Monsr le
et a la femme.
Je prie Dieu, mon filz, qu'il te maintienne en toute sainteté et santé.
Ton père, J. C.
Je croy que Monsr... est maintenant à Metz avec sa nouvelle epouze.
XXV bis