‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 71 sur 558 · MORT ET HÉRITAGE DE MADAME · texte numérisé non relu

MORT ET HÉRITAGE DE MADAME

En construction, achat de tableaux, etc., elle avait — pour ne parler que de Paris — dépensé d'assez fortes sommes, et son frère intervint personnellement dans la liquidation de ses dettes '. « Enquérez-vous, écrit-il à Sully -, où sont les bagues que feu ma sœur avoit envoyé engager dans celte ville pour payer ce qu'elle devoit de reste de sa maison, et qui les a, et pour combien elles sont engagées, car l'on m'a asseuré qu'elles ne le sont que pour 20.000 escus ; faites faire un inventaire des meubles qu'elle a laissez en sa maison, comme aussi des tableaux qui y restent, tant en la gallerie, chambre, que cabinets, et vérifier sur l'inventaire qu'en a le concierge si l'on en a osté, et qui ; car ils pourront me servir pour mes galleries. « Je veux que la maison soit ^endue et séparée en trois, tant pour achever de payer ce qui en restoit deub que pour payer ses debtes, ayant appris aujourd'hui qu'elles ne sont si grandes que l'on m'avoit asseuré. Des deux maisons que j'avois données à feu ma sœur, l'une estant à Fontainebleau et l'autre à Saint-Germain-en-Laye, j'ay donné à ma femme celle de Saint-Germain et à Madame de Yerneuil celle de Fontainebleau 3. »

Nous ne savons quels tableaux de la galerie de Madame peuvent figurer aujourd'hui encore dans les collections que nos musées nationaux ont héritées des galeries royales 4 ; nous ne savons pas davantage ce que sont devenues les bagues de Madame : les créanciers •"• qui les avaient saisies les déposèrent ,J entre les mains de Sully et elles furent transmises à la reine.

1. •• Elle laissa plus de dettes que d'actif, » dit M. E. Levasseur dans le Bulletin du Comité des travaux historiques, section des sciences économiques et sociales (1905, p. 71 et 88). L'édition des Papiers de Sully comprend l'inventaire des biens de Cath. de Bourbon.

2. Le 28 février 1604 ; Mémoires de Sully. Le 17 avril le roi écrit à Rosny : « La dame de Panjas se rendra à Paris le lendemain des festes et apportera les inventaires des bagues et pierreries de feu ma sœur. » (Lettres missives, t. VI, p. 232).

3. Probablement l'hôtel d'Albret, démoli en 1894, qui était sur la place d'armes actuelle en face de la galerie de Diane et près de l'Ecole d'application, bâtiments construits sous Henri IV.

4. Ou dans des collections particulières comme celle du château de AVideville où figure le portrait de la duchesse (v. ci-dessus).

5. Ribl. nat., mss. fr., n" 16674, fol. 117, papiers Galland : liste des « créanciers de feue Madame la duchesse de Bar. »

6. « Vous fûtes déchargé par acte du 28 juin 1605 signé des Marquets et Bontemps » (Mém. de Sully, I, p. 616). Cf. Compte présenté à Paris le 28 mars 1605 par M. Bernant [D. Arnaut '?] commis à la charge de trésorier général des finances de la Maison de Madame (B. h. p., 1877, p. 407;.

Quant à l'hôtel où le culte avait été si souvent célébré, il fut acquis par le comte de Soissons — celui-là même que Catherine avait failli épouser - ; il le fit orner d'un portail par l'architecte protestant S. de Brosse, et plus tard cette splendide demeure passa aux mains des fermiers généraux. L'unique vestige qu'on en voie aujourd'hui est une belle colonne dorique attenant à la Bourse du commerce.

Avec quelques lettres conservées dans les bibliothèques et quelques médailles aux inscriptions très significatives *, c'est tout ce qui subsiste à Paris en fait de souvenir de cette princesse qui, dans des temps difficiles, sut vaillamment faire honneur à la race des Bourbons et à l'Eglise réformée.

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