LES COMMISSAIRES DE L'ÉDIT
C'est pendant les négociations avec la cour de Rome pour l'annulation de son mariage en automne 1599 que le roi s'entendit d'autre part avec les protestants parisiens au sujet du lieu d'exercice à fixer définitivement par les commissaires désignés à cet effet, conformément à l'Edit *. Pour Paris, comme pour les autres Eglises de la généralité, les commissaires ont été du côté catholique le président Jeannin qui avait empêché le massacre de la Saint-Barthélémy de s'étendre à la Bourgogne -, et du côté protestant François d'Angennes, seigneur de Montlouët •'*, non moins fidèle serviteur d'Henri IV que son collègue et souvent aussi mêlé aux affaires des Eglises : ainsi, après l'assemblée de Mantes (1593) il avait été l'un des commissaires chargés de défendre leurs intérêts. D'ailleurs, — nouvel exemple de l'extrême division des familles contemporaines au point de vue religieux — , il avait deux frères évêques, l'un même cardinal 4.
D'après l'article 14 de l'Edit, les commissaires devaient choisir pour l'exercice du culte un endroit situé « à cinq lieues de Paris. » Grigny était presque à une lieue au delà de cette limite. Juste à la distance réglementaire, en aval, tout au bord de la Seine, se trouvait un village plus facile d'accès, Ablon 5. Il fut choisi, sans doute aussi pour d'autres raisons. Le roi y avait droit de haute justice. En outre, peut-être dès cette époque Rosny y était-il déjà possesseur d'une maison qu'on le voit occuper les
en nostre maison du Plessis, à la requeste de tous ceux du voisinage qui sont de la Religion ; que Dieu veuille, par sa miséricorde, perpétuer à toujours. » Le culte a été rétabli au Plessis en 1865 par le comte de Pourtalès.
1. Il résulte en particulier d'un acte concernant l'établissement du lieu de culte pour le bailliage de Melun (à Bois-le-Roi) au même moment, que les « premiers exécuteurs de l'Edit de Nantes en la généralité (de Paris) >> furent « les sieurs de Jeannin et de Montlouët » (requête de 1682 (Arcli. mit. TT. 235, n° 198) publiée par H. Stein, Curiosités locales, Fontainebleau, 1901, p. 78).
2. Eloge du président Jeannin dans le Mercure fr. de 1623, annexe, p. 27.
3. France prot., 2' éd., t. I, col. 259, art. Angennes. Montlouët est en Eure-et-Loir, canton d'Auneau, à six lieues à l'ouest du Plessis-Marly.
4. Vu troisième, Nicolas d'Angennes, mariait précisément en 1600 son (ils Charles qui fut père de la célèbre Julie. Cf. Traité historique et généalogique des principales familles de Paris, t. II, fol. 7. (Mss. de la Bibl. de l'Arsenal, n° 5035).
5. Cf. Ablon, recherches historiques, par l'abbé Bonnin, in-8°, 1890. Lecènè et Oudin, Paris.
années suivantes, commodément située pour le ministre entre Paris et la résidence royale de Fontainebleau '.