‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 2)Chapitre 14 sur 80 · I. OEuvres complètes du cardinal Pacca, 1. 1"', p · texte numérisé non relu

I. OEuvres complètes du cardinal Pacca, 1. 1"', p

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jamais donné l'ordre d'arrêter le pape. Lorsqu'il émeltail cette prodigieuse assertion, Napoléon I" ne se cloutait pas que sa correspondance serait plus lard officiellement publiée par Napoléon III. De Schœnbrunn, où il résidait encore le 17 juin 1809, c'est-àdire sept jours après que la bulle d'excommunication avait été affichée à Rome, l'empereur écrivait au roi (le Naples : « Vous avez vu par mes décrets que J'ai fait beaucoup de bien au pape ; mais c'est à condilion qu'il se tiendra tranquille. S'il veut faire une réunion de cabaleurs, tels que le cardinal Pacca, il n'en faut rien souffrir et agi?' à Borne comme J'agirais envers le cardinal archevêque de Paris. J'ai voulu vous donner cette explication. » Au 17 juin, peut-être l'empereur n'avait-il pas reçu encore les nouvelles de Rome du 10 juin; mais certainement elles étaient parvenues à Schœnbrunn le 19 juin. A celte date, le général Miollis avait eu le temps de prévenir l'empereur et de prendre ses ordres. Voici la réponse qu'il en recevait : « Je vous ai confié le soin de maintenir la tranquillité dans mes États de Rome. Vous ne devez souffrir aucun obstacle... Vous devez faire arrêter, même dans la maison du pape, tous ceux qui trameraient contre la tranquillité publique et contre la sûreté de mes soldats. Un prêtre

abuse de son caractère et mérite moins d'indulgence qu'un autre, lorsqu'il prêche la guerre et la désobéissance à la puissance temporelle, et lorsqu'il sacriGe le spirituel aux intérêts de ce monde que l'Évangile dit n'être pas le sien *. »

La lettre écrite à la même date à son beau-frère le roi de Naples est plus explicite encore ; les termes n'en laissent rien dans le vague. « Je vous ai déjà fait connaître que mon intention était que les affaires de Rome fussent menées vivement et qu'on ne ménageât aucune espèce de résistance. Aucun asile^ ne doit être respecté, si on ne se soumet pas à mes décrets, et, sous quelque prétexte que ce soit, on ne doit souffrir aucune résistance. Si le pape, contre l'esprit de son état et de l'Évangile, prêche la révolte et veut se servir de l'immunité de sa maison pour faire imprimer des circulaires, on doit Varrêter. Le temps de ces scènes est passé. Philippe le Bel fit arrêter Boniface, et Charles-Quint tint longtemps en prison Clément VII , et ceux-là avaient fait encore moins. Un prêtre qui prêche aux puissances temporelles la discorde et la guerre, au lieu de la paix, abuse de

1. Lettre de l'empereur au général Miollis, 19 juin 1809. — Correspondance de Napoléon /«*•, t. XIX , p. 137.

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son caractère ^ » Le roi Murât et le général Miollis savaient désormais à quoi s'en tenir et ce que l'empereur désirait d'eux. Ils se mirent en devoir de l'accomplir.

1. L'empereur Napoléon au roi Joachim Murât, 19 juin 1809. — Correspondance de Napoléon h^, t. XIX, p. 138.

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