‹ L'Église romaine et le premier empire, 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 5)Chapitre 36 sur 81 · III · texte numérisé non relu

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SiG L'ÉGLISE ROMAINE ET LE PREMIER EMPIRE

sans qu*il dût en résulter pour lui ie lupindre béoéfiee; mais rhabitude était prise chez lui d*une politique raffîQée et pleine de ruses. Il la pratiquai^ avec une complète insouciance du bien et du mal, alors même que rimmensité da ses triomphes et la complaisance universelle la rendaient si parfaitement inutile au point de vue du succès, et sqos le rapport moral si gratuitement dégradante *.

1. Napoléon a presque toujours racheté par no certain édat dans ]a forme, à tout le moins par une certaine dignité extérieure d'attitude et de ton, ce que le fond même de ses actions laissait parfois à désirer. 11 ne paraU point que, pendant rinstruction du procès suivi devant Tofficialilé de Paris, l'empereur ait eu occasion de s'exprimer personnellement sur les circonstances de son mariage rcUgieux de 1804. Oa conserve pourtant, au dépôt des archives impériales, des papiers où se trouve officiellement consignée, par les dépositions des témoins qui ont parlé en son nom et sous son évidente inspiration, la version qu'il désirait accréditer au siget de son non-consentement au mariage contracté avec Timpératrice la veille du sacre. Nous aurions aimé à les consulter. Dans ces pièces mises autrefois sous les yeux de M. Thiers, peut-être aurions-nous rencontré quelques détails qui nous auraient servi à atténuer dans une certaine mesure aux yeux de nos lecteurs l'étrange attitude prise en cette circonstance par le chef du premier eij^^e. Cela ne nous a malheureusement pas été possi])le, les ordres les plus formels ayant été récemment donnés pour qu'on ne nous communiquât aucun des documents des archives impériales. Même chose noim était déjà advenue l'année dernière quand, à propos des relations entre l'empereur et le saint-siége, nous avions témoigné ie désir de consulter les archives du ministère des affaires, étrangères. De. cw refus successifs, contre lesquels nous n'entendon^. Ms élever d'ailleurs la moindre réclamation, il résulte que, poMJMieur de nombreux documents, de beaucoup de manuscrits et de mémoires

SENTENCE DE LOFFICIALITÉ

provenant de source nationale ou étrangère, mais dont la teneur n'est pas systématiquement favorable au premier empire, nous n^avons pas pu les contrôler aussi rigoureusement que nous l'aurions désiré ayec les pièces gardées soit aux archives impériales, soit au département des affaires étrangères. Nous le regrettons d'autant plus que les bienveillantes et sagaces communications qui nous ont été faites avec une si parfaite obligeance dans d'autres départements ministériels nous ont mis souvent' à même de découvrir la fausseté de beaucoup de sottes imputations qui, de 1814 à 1816, ont été méchamment dirigées contre la mémoire de Napoléon I<^. Encore une fois, nous espérons bien ne jamais nous tromper sur rien d'essentiel, ni même sur des, détails relativement importants, car notre circonspection est extrême, et nous travaillons sur un fonds de documents authentiques presque quotidiens et parfaitement irrécusables. Cependant, s'il arrivait que, par suite de Pignorance involontaire où nous avons été laissé des motifs qui, en telle ou telle occasion, ont pu déterminer les actes de Napoléon I«. nous ayons bien malgré nous laissé subsister un peu plus d'ombre et de taches que nous n'aurions souhaité autour de cette grand* ligure, il est bon que nos lecteurs sachent d'où cela provient, et que cela ne serait pas tout à fait notre faute.

Note de la deuxième édition, — An moment où nous écrivions la note ci-dessus, c'est-à-dire au printemps de l'année dernière, notre attention n'avait pas été appelée sur les intéressants articles que H. le vicomte de Meaux avait déjà publiés dans le Correêpondant sur l'histoire du premier empire; et nous ne connaissions de cet auteur que le volume dans lequel il a, suus le litre de la Révolution et VEmpirey brillamment résumé ses précédentes études. C'est donc il y a peu de temps seulement que nous avons eu connaissance d'une pièce authentique et fort curieuse, citée par M. de Meaux dans le numéro de septembre 1856 du Correspondant. Ce document, qui est précisément celui que nous aurions désiré pouvoir consulter aux archives impériales, fait partie des papiers laissé» Djeu* le cardinal Fesch à son secrétaire le chanoine Alibert, remis par ce dernier à son collègue l'abbé Lyonnet, présentement archevêque d'Albi, et plus tard communiqués par le

pieux prélat à M. le yicomte de Meaux. Cette pièce n*est pas moins que le procès-verbal officielle la onzième conférence de la commission ecclésiastique tena€f%k 26 décembre 1809. Dans cette conférence, le cardinal Fesch, son président, donne connaissance à ses collègaes des déclarations qne loi a faites l'empereur au sujet de son mariage religieux ayec Timpératrice Joséphine...

«c L'empereur dit au cardinal Fesch qu'il n'avait donné ni pu donner un véritable.consentement à ce mariage. « Gomment, » avait ajouté Tempêreur, a puis-je, le jour où je fonde une dynastie, » épouser une femme dont il est impossible que j'aie des enfants? » Sa Majesté déclarait qu'elle n'avait jamais donné de consentement à ce mairiage, ce qu'elle prouve : !<> parce que* jusque-là, jamais elle n'avait consenti à recevoir la bénédiction nuptiale, quoiqu'elle eût exigé que les mariages faits dans sa famille fussent bénis par l'Église ; 99 qu'étant forcée, dans une circonstance solennelle, de ne pas rompre avec l'impératrice, elle avait exigé qne le mariage fût fait sans témoins, sans publications de bans; 3« qu'elle avait déclaré an cardinal Fesch, au maréchal Duroc et à d'antres dans le temps du sacre, qulelle n'avait point donné de consentement, et que les circonstances où elle se trouvait prouvent assez qu'elle n'avait pu le donner...»

Nous devons convenir qu'il résulte de ces extraits du procèsverbal de la onzième conférence, que nous nous étions légèrement trompé dans nos conjectures, et qu'il n'y a pas trace dans le langage de l'empereur de celte dignité extérieure dont nous supposions qu'il aurait pris soin d'entourer l'un des actes les plus considérables de sa vie.

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