DES CULTES
(De la main du duc de Bassano.)
5 avril 1810.
Le ministre des cultes enverra chercher et réunira ensemble dans son hôtel les treize cardinaux qui , sans empêchement résultant de cause de santé, ne se sont pas rendus à la cérémonie du mariage religieux. Le ministre leur dira : qu'ils n'ont pas assisté au mariage religieux de Sa Majesté, après avoir discuté dans des conciliabules la question die savoir s'ils devaient s'y trouver, et quoique la majorité eût été d'avis qu'il fallait y assister ; que ces assemblées étaient des actes de rébellion, ne devant pas avoir lieu sans Tautorisatioa de Sa Majesté ; que, sans le pape, ils ne sont rien ; qu'ils sont
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sansjaiidiclion et qae, dans le cas où ils auraient une juridiction, la minorité devait obéir à la majorité ; que Sa Majesté 9 vu dans leur conduite le même esprit de rébellion qu'ils ont manifesté depuis dix ans, qui a obligé Sa Majesté à s'emparer de Rome, et qui les a induits à porter le pape à fulminer une excommunication qui est la risée des contemporains, et ne le sera pas moins de la postérité ; que Sa Majesté avait méprisé leurs démarches et les avait interprétées dans un esprit de charité, voulant aussi se dissimuler leurs mauvaises intentions; quUls ont comblé lame:)Ure, et que, par leurs discours ténus dans leurs conciliabules , et leurs démanrches coupable % ils ont manifesté Tintention de troubler autant qu'il est en eux là tranquillité de l'empife, de jeter des germes de guerre civile et do semer la division parmi les hommes ; quMl esl temps qu'ils se souviennent que Sa Majesté a le glaive pour frapper les mauvais prêtres et les traîtres à l'État... que Sa Majesté se réserve à statuer sur leurs personnes, et elle statuera alors sur leurs qualités de cardinaux et de prêtres, attendu que ces qualités sont Considérées comme nulles d^ns des personnes frappées du glaive de la loi. Soit qu'elle juge devoir leur faire faire leur procès, soit qu'elle ait d'autres intentions, elle n'a chargé le ministre que de leur communiquer les choses ci-dessus... En géâéral, il faut laisser entre^ voir dans le discours que, si Ton fait leur procès , comme on ne connaît pas de juridiction ecclésiastique en France , il n'y a rien qui empêche qu'ils ne soient condamnés , et le procès et là condamnation sont une émanation de la volonté impériale. Ils doivent apercevoir aussi que c*ést parce qu'on les considère déjà comme en prévention qu'on ne veut pas qu'ils portent des distinctions ecclésiastiques et le costume des cardinaux à la suite.
Cette note i^'a pas été insérée dans la correspondance de Napoléon l«r.
M. L*ABBÉ BlIBRT A M. NAGBOT, SUPÉRIEUR DU SÉMINAIRB CATHOLIQUE DB BALTIljLORE.
ii mai iiio.
... Je pense qu'il conviendrait encore d'établir une correspondance et une union plus étroite entre ceux de Baltimore et ceux de Montréal. Ce serait une chose à examiner s'il ne devrait pas y avoir un d'entre vous qui fît comme fonction de premier supérieur afin d'établir un centre d'unité. J'en écris à M. Youx et je lui dis que, si Ton goûtait cette idée et qu'on crût, ou à présent ou dans la suite, devoir la réaliser., je vous établis supérieur. G^ qui me fait naître cette pensée, c'est que dans le moment il s'élève un gros orage contre Saint-Sulpice, et je suis surpris qu'il ne se soit pas élevé plus tôt; car, tandis qij'il n'est plus question d'oratoriens, de ****de lazaristes, Saint-Sulpice avait l'air de subsister comme auparavant. (On avait autoriséies lazaristes, le séminaire des missions étrangères pour les missions du dehors, le gouvernement vient de détruire ce qu'il avait fait.) Mais, dans] le moment , conune je l'ai dit, on poursuit la séparation ou l'exécution de la loi qui supprime toutes les congrégations et particulièrement celle de Saint-Sulpice. On veut que je n'aie aucune relation avec les anciens membres. Je vous instruirai plus amplement dans la^suite de toute cette affaire ; je ne suis pas cependant sans espérance d'échapper à l'orage ; la Providence qui nous a si visiblement protégés jusqu'à présent peut nous sauver encore. J'ai donné un mémoire pour faire connaître ce que c'était que notre rassemblement, et que la supériorité que j'avais n'était fondée que sur L'attachement el la
confiance, eln*élait point une supéiiorité proprement dite et de commandement. On a donné des ordres que le séminaire serait transporté dans les bâtiments de Saint-Nicolas, que le gouvernement a achetés et qu^il va faire réparer, car le séminaire actuel de Paris n*est connu que sous le nom de séminaire de Saint-Sulpice , et les ennemis dont , par la grâce de Dieu et de notre orthodoxie, nous ne manquons pas, voudraient abolir ce nom. Quoi qu'il en soit, il faut regarder comme possible, d*après les bouleversements qui se sont faits et qui se préparent, qu'il ne puisse plus y avoir de société et de séminaire de Saint-Sulpice en France, et que la chose et le nom ne subsistent plus qu'en Amérique. Votre établissement devient donc plus précieux ; je tourne souvent les yeux vers lui , et les choses reviendraient au point où vous les avez vues, c'est-àdire où il était question pour nous de nous établir sur TOhio. Vous savez que c'est le pape Pie VI qui m'a déloumé d'aller m*établir sur les bords du Missiâ^ipi. II ne peut être question pour moi de me transporter en Amérique. Mon âge ne le permet pas, et le moment d'y penser sérieusement n'est pas venu; mais je vous préviens que, dans le cas où ce que je crains arriverait, plusieurs des nôtres se transporteraient où vous êtes , et je prendrais des mesures pour que tout notre avoir , et tout ce que nous avons de plus précieux les suivit. Mais il est toujours vrai que je vais prendre votre établissement en plus grande considération encore et le favoriser de mon mieux.
... On m'avait dit que je ferais plaisir au pape de lui en envoyer un exemplaire ( Dissertation sur les Pensées de Leibniti), Il Pa reçu avec beaucoup de plaisir. C'était peu de jours avant sa détention. Vous savez qu'il a été dépouillé absolument de tous ses États et qu'ils sont réunis au royaume d^Italie, qu'il est prisocnier à Savone, que tous les généraux dVdre sont dispersés en différentes villes de France, que tous les cardinaux' sont à Paris, que les archives du .Vatican,
de la Dalerie, de la P^nitencerie, ont été transportés en France. Vous voyez où cela même, et ce qu'on a à redouter. L'empereur avait nommé une commission d^évêques et de cardinaux pour examiner certaines questions qu'il proposait. Il a voulu que j^ fusse adjoint. Tout ce que je peux vous dire, c'est que je suis sorti de là sans avoir aucun reproche à me faire, que je crois que Dieu m'a donné l'esprit de conseil en cette affaire. Mais je suis sûr qu'il m'a donné celui de force par sa sainte miséricorde...
Papiers pour écrire une Vie de l'abbé Éinery, conservés au séminaire de Saint-Sulpice.
l'eMPëRRIJR napoléon au comtes IGOT DE PRE AMEN EU, MINISTRE DES CULTES.
16 mai 1810.
Monsieur le comte, je sais que plusieurs évêques se sont déjà mal comportés à Rome. Écrivez qu'on les envoie en France sous bonne et sûre escorte. On doit y diriger également tous ceux qui ne prêteraient pas serment. Il serait à désirer que, sur trente, il y en eût au moins trois ou quatre qui prêtassent serment. Sur ce...
Cette lettre n*a pas été insérée dans la correspondance de Napoléon I^'.
LETTftK DE L*EMPB REUR A M. BIGOT DE PRÉAMENBU.
\S juin 1810.
Monsieur le comte, qu'est-ce ({ne l'évéché de Fiesole dont révêque est un homme dangereux ? Ne serait-il pas possible de supprimer l'évéché? Sur ce... .'
Cette lettre ii*est pas insérée dans la correspondance de Napoléon I«r.