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L'Église romane de Saint-Sulpice (Vaud) et sa retauration: Études

iOhaque jour f aime à voir^ en ouvrant ma fenêtre, Ce cap si gracieux que caressent les flots Du lac bleu dofit^ la-bas^ les contours semblent être Dessinés pour des yeux qui chercke?it le repos.

'^e n'est plus^ comme ailleurs, des alpes élancées, Des rochers^ des forêts^ s^ abaissant par gradins Jusqu'aux bords enchanteurs oit s'étalent pressées De coquettes villas au milieu des jardins.

\Quelques hauts peupliers, le noyer gigantesque^ Que r artiste riature a sageinent plantés^ Font ici tous les frais du décor pittoresque Et cachefit aux regards d'humbles toits liabités.

'iUt plus, ce tC est pas tout: un très vieil édifice^ Des ans victorieux^ massif et bien assis.

Redit jusqu'à nos jours le nom d'tm Saint-Sulpice Qui p Sir sa foi, dit-oti, mourut au temps jadis.

J^e Prieuré construit sur cette douce plage N'eut jamais, que je sac fie, une célébrité; Aux fastes de ce monde il n'a pas une page.

Mais ici, pour prier, qu!onfut bien abrité!

^oin des chemins battus que suit la nndtitude. Par de solides murs protégé des méchants.

Le frère y put en paix se livrer a l" étude, Cidtivant tour a tour son esprit et ses champs.

lu Lais quoi!.., n'essayons pas d esquisser une histoire Qu'on n'a jamais écrite et que Dieu setd connaît : Le monument nous reste et garde la mémoire De ces humbles croyants que le Ciel dominait.

(Qomme tout est changé!... Quand j'y passai naguère, I^e paquebot jetait sur le fudle avarice De bruyants visiteurs de ce lieu solitaire, yeunes filles et fleurs, im essaim nuancé.

(Qui gatmeni voltigea jusqu'aux crétieaux de pierre ; La, fraîche voix d'oiseau dit ^ les sentiers ombreux * — Nofi pas certe oit l'on va lisant le bréviaire, — Mais les sentiers «r oit vont errer les amoureux ! -»

^^a rofnance aussitôt chassa ma rêverie ; Plus de fronts prosternés dans les parvis déserts ; De r oraison la source est a peu près tarie Et de la cloche sainte ont cessé les concerts.

(Qui tout est bien changé ! Pourtant je crois entendre^ A travers les vains bruits de nos jours enfiéirés, Un soupir qui defnande au bon Dieu de répandre Sa paix et son eau sainte en des cœurs altérés.

'entends aussi de F Art la requête inspirée.

Il voit dans cette Eglise et dans sa vieille tour Une œuvre du passé qui peut être admirée Et mérite en tout cas son filial amour.

ti^h bien^ que tardons-nous r II ne faut pas attendre Qiiune profane 7nain sape ce monument ; Et si jamais on veut pour quelque argent le vendre^ Au plus offrant^ a nous il sera sùremeyit !

Août 1888.

L^ Durand, prof.

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