X AU LECTEUR
iliverses de grâce et de succès. Quiconque a l'Iial)iliide de la parole publique sait à quoi l'on s'expose en improvisant et combien il csl nécessaire de revoir les discours, même les plus applaudis, avant de les livrer à l'impression. Quelquefois ils y perdent de leur chaleur et de leur force : plus souvent ils y çagnent, comme le savent ceux qui les ont entendus et les reconnaissent, avec une admiration qui ne va pas sans quelque étonnement.
La mort inattendue de Monseigneur d'Hulst me valut, pour la troisièmî fois, l'invitation à rendre service, en acceptant la chaire de Notre-Dame, — du moins pour quelque temps : — car il ne me semblait pas possible, à mon âge, de compter sur un long avenir.J 'avais du reste la confiance que Saint Dominique me relèverait bientôt de mon poste, en y mettant un plus jeune et surtout un plus digne. Je n'apportais à cette nouvelle mission rien que je n'eusse apporté à toutes celles que Dieu a bien voulu me confler, en quelque autre église que ce soit. Bien à plaindre est le prédicateur, auquel la chaire ne paraît point partout d'égale hauteur, et la parole évangélique d'égale dignité en tout auditoire! Saint Franço's de Sales voulait qu'on fît autant de frais pour prêcher à dix humbles femmes que pour discourir devant les foules ouïes rois, et le père Lacordaire donnait à ses allocutions de Sorèze le même