‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 28 sur 193 · PRÉFACE. XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIX

moignage de la vie morale qui animait les générations des ancêtres et qui s'abritait dans la cathédrale comme dans le foyer de famille.

Tandis que nous poursuivions nos recherches, arides seulement en apparence, dans l'ancienne chapelle archiépiscopale de Michel de Golbert, devenue la vaste salle d'archives, et que se déroulaient entre nos mains les parchemins raidis et les papiers bistrés aussi par les siècles, nous voyions reverdir aux brises attiédies du printemps les arbres du jardin qui fut celui des archevêques. Au-dessous de la fenêtre qui s'ouvrait devant notre table de travail, un arbre de Judée étalait sa large ombelle de fleurs roses, et il était devenu comme un ami que nous retrouvions avec joie à tous les retours d'avril. Ces jeunes floraisons et ce réveil des ramures, à côté des antiques liasses jaunies où dorment tant de nobles souvenirs, ne nous apparaissaient pas comme un contraste, mais comme une harmonie. N'étaient-elles pas l'image de la sève puissante qui circule encore dans ces feuillets entassés, d'aspect si sévère et si froid, surtout de celle qui remonte sans cesse avec une force d'ascension plus vigoureuse dès l'aurore de chaque nouveau siècle chrétien?

Toulouse, 20 avril 1890.

Jules de LAHONDÈS.

SOMMAIRE DES CHAPITRES

Page 1