Lois de Constantin, de Théodose,^de Justinien
églises qu'ils détenaient par une usurpation simoniaque; d'autres, remettaient les églises des fiefs ou des communautés dont ils étaient légitimes possesseurs entre les mains de la corporation ecclésiastique, qui, de concert avec l'évêque, exerçait désormais la suprématie spirituelle dans le diocèse.
L'administration des biens de l'Église avait été confiée d'abord à l'évêque et plus tard à l'archidiacre. Mais d'une part la distribution des revenus était devenue plus difficile à mesure que les clercs étaient plus nombreux, et que le service des paroisses et des hôpitaux multipliés s'était étendu; d'autre part, les legs ou les donations se spécifièrent, dès les dernières années du neuvième siècle, en faveur d'une église particulière ou d'une charge ecclésiastique déterminée. L'évêque, les clercs, les pauvres, les bâtiments des églises eux-mêmes eurent leur patrimoine distinct et séparé. Un immeuble spécial fut affecté à un clerc, qui avait le droit de le conserver pendant sa vie, mais qui ne le possédait qu'en raison de fonctions spirituelles réellement exercées. Au lieu de recevoir annuellement sa part de biens communs, le titulaire d'un bénéfice jouissait d'un bien fonds dont les fruits servaient à son entretien et à celui de son église. Mais lorsque quelques siècles se furent écoulés, la cherté de la vie s'étant accrue par l'avilissement des monnaies et la diminution des revenus territoriaux, il arriva que plusieurs bénéfices ne
suffirent plus à la subsistance des clercs qui en avaient I 8
été investis, et on dut les unir à la manse du chapitre, c'est-à-dire les faire rentrer dans le fonds commun pour être administrés par le chapitre. Les bénéficiers reçurent alors de nouveau, comme dans les temps primitifs, une part proportionnelle des rentes capitulaires.
Chacune des dignités du cliapitro eut ainsi son patrimoine propre.
Le prévôt jouissait de plusieurs églises dépendantes de l'archidiaconé du Lauragais. d'autres aussi plus éloignées de Toulouse et percevait par suite tout ou partie de leurs dîmes, prémices et redevances féodales. Il avait le droit de nommer seul les vicaires perpétuels des églises de Yarennes, de Landelle\ de Maureville^, de Montbrun 3, de Saint-Félix-de-Tournegat '•, de Salles ^ de Trébons ^ de Montmaur^ et de Fajac*'.
Lorsque l'évêché de Mirepoix eut été créé, une bulle de Jean XXIT unit à la manse épiscopale du nouveau diocèse l'église de Saint-Félix de Tournegat, en conservant toutefois, au prévôt de Saint-Etienne le patro-