QUELQUES QUESTIONS ET RÉPONSES
Première question. Tous les chrétiens sont-ils oblij^és en général de lire la sainte Écriture?
Réponse. Nous savons que toute la sainte Ecriture révélée de Dieu est utile et même nécessaire; qu'il est tout à fait impossible d'avoir sans elle la foi chrétienne. Cependant tous ne peuvent pas la lire, mais seulement ceux qui connaissent de quelle manière on doit sonder, étudier et comprendre la sainte
38G L*ÉGLISG SCHfSMÀTIQt'C KVSSE.
Écfiture. De celte iBaoière, il osl permis à toat fidèle d'écvnter la sainte Écriture, afin qu'il {Miisse croire dans son coenr la vérité, et la reconnaître pour sen salut; mais il s'est pas permis à tout le monde de lire sans guide certaines parties de rÉcriture, surtout dans l'Ancien Testainent* Permettre la lecture de la sainte Écriture sans distinction à ceux qui n*ont pa^ d'expérience, c'est la même chose que donner aux petits enfants un mets dur et indigeste.
Deuxième question, L'Écriture sainte est-elle compréhensible à tous ceux qui la lisent?
Réponse. Si la sainte Écriture était compréhensible à tous les Chrétiens, le Seigneur n'aurait pas donné l'ordre de l'expliquer à ceux qui veulent obtenir le salut éternel.
Saint Paul aurait enseigné inutilemcat que le pouvoir d'enseigner a été concédé par Dieu à l'Église, et saint Pierre n'aurait pas pu dire qu'il y a dans les épîtres de saint Paul beaucoup de choses qui sont difficiles à comprendre. Puisqu'il y a dans la sainte Écriture des pensées profondes et sublimes, rhomme a donc besoin d'une explication, d'un éclaircissement de Dieu, pour l'approfondir, la comprendre véritablement, et pouvoir connaître la vérité, laquelle est unie à toute l'Écriture et au Saint-Esprit, son divin auteur. Et encore que les fidèles connaissent la doctrine évangélique du Créateur, de Tlacarnation du Fils de Dieu, de sa passion, de sa résurrection et de son ascencion, de sa naissance et de son jugement, pour laquelle doctrine beaucoup ont souffert la mort, il n'est pas cependant nécessaire à tous, ou si vous voulez mieux, il est impossible que tous les hommes puissent apprendre ce que le Saint-Esprit a révélé à ceux-là seulement qui se sont perfectionnés dans la sagesse et la sainteté.
Troisième question. Que devons-nous croire par rapport aux images et au culte des saints?
Réponse, Parce qu'il y a des saiiits que llÊglise callMJiqiie reconnaît et présente comue tels, nous les vénéreas oomme
FIÈCE» JUSTlFICATIVBâ^ 387
amiâ de Dîeu^ lesquels supplient Dieu pour noua dans tous ttos besoins.
Le culte que nous rendons aux saints est de deux genres , Vun se rapporte à la Mère du Verbe divin, que nous vénérons comme serviteurs de Dieu, parce qu'elle est la Mère de Dieu; ainsi, quoicf^i'elle soit réellement la servante de Dieu, elle est cependant Mère de Dieu; parce que, selon la chair, elle a donné le jour à une personne de la Trinité divine. De là, nous Pelénous en comparaison plus haut que les Anges et les saints, et nous lui apportons une plus grande vénération qu'il ne convient aux autres serviteurs de Dieu.
Le second genre de culte que Ton doit aux serviteurs de Dieu, se rapporte aux saints Anges, aux Apôires, aux Prophètes, aux Martyrs, et en général k tous les saints.
En outre, nous vénérons l'arbre de la vénérable et vivifiante Croix, sur laquelle notre Rédempteur a souffert pour le salut du monde; nous vénérons l'image de la Croix vivifiante, ht Crèche de Bethléem, par laquelle nous avons été délivrés de notre honte; nous vénérons le lieu de Golgotha, le tombeau vivifiant, et les autres lieux saints; ensuite nous vénérons îe saint Évangile et les vases sacrés dans lesquels le sacrifice est offert Nous rendons un culte aux saints par louange, par con»mémoratioQS annuelles el les fêtes générales, par la construction des saints temples et par le saint Sacrifice. Aussi vénérons-nous les images de ?iotre-Seigneur Jésus-Christ, de îa sftÎBte Vierge, mère de Dieu, et de tous les saints; nous vénérons ces images et nous les baisons; ensuite les images des Anges, représentés avec les formes sous lesquelles ile se sont œootrés à quelques patriaivhes et prophètes; nous figurons aussi le Sdint-Ësprit, comme il s'est fait voir en forme de colombe.
Si pour ce culte des saintes images quelques-uns nous font un reproche d'idolâtrie, nous le reconnaissons comme vain et CQOMne absurde; car nous i)*adorons personne autre qu*ua Diea uaique dans la Trinité. Mais nous vénérons les saints doa-
388 L'ÉGLISB SGHISMATIQUE RUSSE.
blemeot : premièrement par rapport à Dieu, parce que nous les respectons comme serviteurs de Dieu ; secondement par rapport aux saints eux*-mcmes, parce qu'ils sont les images vivantes, de Dieu. En outre, lorsque nous rendons un culte aux saints comme serviteurs de Dieu, nous les vénérons relativement; car le culte des saintes images se rapporte à Toriginal; de sorte que celui qui vénère Timage, en vénère par elle l'original ; il est donc impossible de séparer la vénération de Tiroage du culte de celui qui est représenté par l'image, mais tous les deux sont unis, ainsi que l'acte de vénération fait à ud ambassadeur de l'empereur, ne peut être séparé de celui qu*OD fait à l'empereur lui- même.
Les passages que les adversaires veulent trouver dans i'£criture, ne parlent pas en confirmation de leurs absurdités, comme ils le pensent; mais ces passages s'accordent parfaitement avec noire opinion. Si nous lisons la sainte Écriture, nous devons faire attention au temps, aux personnes, aux exemples et aux causes. Si nous trouvons que l'unique et même Dieu dit dans un lieu : « Ne te fais point d'image sculptée, pour ne » pas l'adorer et la servir, » que dans un autre Heu, il donne l'ordre de faire des chérubins; et si nous voyons dans le temple les images sculptées des bœufs et des lions, nous ne devons pas considérer tout cela comme de l'idolâtrie, mais, ainsi que nous l'avons déjà dit , comme étant approprié au temps et aux autres circonstances. Les paroles, «Ne te fais aucune image » sculptée,» ne signifient, selon que nous l'entendons, rien autre chose que ceci : « N'adorez aucuns dieux étrangers et ne faites » aucun acte idolàtrique. » Quant à l'Eglise, depuis le temps des Apôtres, nous trouvons pratiqué le culte des images en général, lequel s'est conservé constamment jusqu'à nous.
Nos adversaires citent les saints Pères, lorsque ceux-ci considèrent l'adoration des images comme une chose indécente; mais ces saints hommes nous confirment, au contraire dans notre doctrine, parce que dans leurs disputes, ils attaquent et blâment seulement ceux qui font aux images une adoration
divine, ou qui apportent dans les temples sacrés les images de leurs parents morts. Ils frappent d*anathèmes de tels adorateurs; mais ils ne blâment pas ta vénération pour les saints et pour leurs images, ni pour la sainte Croix et tous les objets ci- dessus indiqués. Mais beaucoup de Pères et de conciles prouvent, qu^au temps des Apôtres il y avait déjà des images, et que les fidèles les vénéraient. En particulier le septième concile œcuménique a condamné Topinion des hérétiques contraire à cette doctrine.
Comme ce saint concile montre d'une manière claire, comment nous devons vénérer les saintes images» en condamnant ceux qui leur rendent une adoration divine et ceux qui nomment idolâtres les fidèles qui vénèrent ces mêmes images, nous aussi, nous livrons à la damnation tous ceux qui font une adoration à un saint ou à un auge, à une image, à la croix ou aux vases sacrés, ou à l'Evangile, ou à un objet quelconque, au ciel, ou sur la terre, ou dans la mer ; adoration que nous devons rendre seulement à Dieu dans la Trinité. Nous condamnons pareillement tous ceux qui appellent idolâtrie le culte des images, et qui, par conséquent, ne les vénèrent pas, et qui ne respectent pas la Croix et les saints, comme FEglise Ta commandé.
Nous vénérons les saints et les saintes images, comme nous Pavons expliqué, et nous les peignons pour Tornement des églises, afin qu'ils servent de livres aux illettrés, qu'ils les encouragent à l'imitation des vertus de ces saints, pour que ceuxci les appellent à eux, qu'ils leur viennent au secours dans leur amour encore imparfait, que ceux-là soient animés par ceux-ci à invoquer Dieu comme le gouverneur et père, et les saints comme ses serviteurs et nos aides et médiateurs auprès de lui.
Les hérétiques blâment même les prières que les fidèles adressent à Dieu, et nous ne savons pas pourquoi ils se raillent particulièrement de la prière des moines. Nous croyons, au contraire, que la prière est un entretien avec Dieu, une supplique pour obtenir une juste grâce, que nous espérons recevoir de
890 L* ÉGLISE SCBiSMITaQUE «USSE.
Biea; c*«st une élévation à Dieu, un pienx «t fervent altrait ven Di^u^ ua désir inlinte de ce qui est en haut : c^est yiie médecine ]KHir l'âme, une œuv^e sainte qui plaît à Dieu, Hn «gne de repentir et d'une forte espérance. On la fait soit dans i'esprit seulement, soit dans Tespiit et par la bouche entméne temps. Dans la piière, nous considérons la bonté ei la miséri- 49erde de Dieu, nous reconnaiasons notre indignité» JMifs eiÊÙtons-dans notre intérieur les itenlimenls de reeonoaissanoc, nons promettons de nous convertir dans l'avenir à Dieu« La prière ik>nne de la foix^ à la foi et à respéniiice; elle enseigne laipaâîence, l'observation des commandements, etâpécialeiiieiit'elle enseigne à obtenir la grâce céleste ; la .prière f)orte des fruits, dont Je nombre est très- grand ; on pe«t U faille A tous ies temps, tenant le corps droit ou à genoux, mikilitéde la pnére «6t si grande qu'elle est la nourriture et la vie de rame* Ta^t tx qu'on a dit ju^qu'ici est fonde sur la sainte Ecriture, et celui qui voudrait -demander des preuves pour des Tentés aussi incontestables, i*essemblerait à uu insensé , ^u à un avlsugle qui, en plein midi, douterait de la 4umière du soleik
Gomme les hérétiques veulent également détruire tout ce ^pie le Christ a ordenné^ aussi ils attaqnent la prière. Dta reste, comme ils craignent de mettre au jour leur impiété, ils 4ie ir^ettent pas la prière eu général , mais «eulenKiit celle des jBoines, à la seule fin d'exciter couti>e euK la liaiiie <les «kfé* Jtîensypour Jes représenter comme inutiles, sans culture, ignoxants, comme des hommes à charge à la société civile. Ils 4e foBt expressément aûn que personne ne veuille sectaire iaatruire par les moines dans les dogmesde-la véué^ble et orthodoxe doctrine; parce que ie démon est astucieux en ieiisait le mal, etliabile à conduire auK œuvres de vaoilé. .De aorte qae lut et se^ partisans, qui sont les hérétiquesi, se s^ucîeaft pea de l'eKercice des bonnes ceuvres, tandis qu'aM œntraîre ik sMt attentifs à précipiter les antres dans lacomiuption, -^ •ils<tKe^ ceot leur|>rofessif)ffi^Uns les Jieux <»ù le ^Setgaour >ne tMrae juis aes r^ards.
£a£n, qu'on nous accorde de pouvoir demander ce que pen» sent les liéréliquts des prières des moines. S'ils pouvaient prouver que les moines, comme tels, ont en eux quelque chose d'incompatible avec ce qui convient à un fidèle et pieux chré* tien, nous serions d'accord avec eux, et nous n'appelkrioiit plus les moines du nom de moines, pas même de chrétiens. Mais, puisqu^au contraire les n^oines, avec une parfaite abnégation d'eux-mêmes, proclament par leur bouriie la louange de Dieu, et révèlent constamment et dans tous les temps, autant <|u'il est possible, la noajesté de Dreu dans les prières et ilaDS les psaumes, puisqu'ils chantent les paroles de la sainte Ecriture, qu'ils lisent des hymnes ou qu'ils c4>mposent leurs prières particulières conformément à la sainte Écriture, alors ils accomplissent, selon notre opinion, Tœuvre des Apôtres et des Pi^opbètes, ou poiir mieux dire Tœuvre de Dieu. Si nous chantons les louanges de la rptc^Ti et du saint légeiidatre, i»e«is ne faisons rien qui soit opposé à l'esprit dirctien ; puisque tous ces livres contiennent une saiote et vraie doctrine, se composent d'iiymnes ou recueillis dans la sainte Écriture, os faits selon l'inspiration de l'Esprit saint; de telle sorte ifu^oo trouve des paroles diverses dans les psaumes et dans les hymnes, niais SM fond nous cihantons toujours ce que contient la sainte Écri-^ ture ; seulement nous le chantons avec d'autres parc^es. Que nos hymnes consistent dans les paroles de la sainte Écriture, cela résulte cLuremont de la circonstance que d'un verset de la sainte Écriture noos fiNrmons ce que nous appelons uoà TpGira;. Si nous récitons en outre des prières qui ont été composées par les anciens Pères, les hérétiques s'efforcent en vain de nous faire croire qu'elles contienneat des choses impies et scandaleuses ; |>arce que si cela était, nous eussions élevé la voix contre eux, c^iosme l'ont fait les hérétiques. S'ils criti- .quent la prière quotidien«e et non interrompue, ncMis ieur demanderons i« quoi celte prière nuit à eux et à nous? £n vaÎD ils voudraient s'opposer à Jésus-Christ qui nous enseigne de veiller et de prier pour ne pas tomber dans la tentation. En