V INTRODUCTION
» mûrement, ils y apportent plus eflQcacement remède par leur » coopération, et qu'ils nous consolent avec plus de douceur à » l'aide d'une compassion pieuse.
» Qui donnera donc de l'eau à notre tête, et à nos yeux une » source de larmes , afin que, nuit et jour nous pleurions sur »» le peuple qu'on a tué spirituellement et temporellement; afin » que nous effacions la souillure des fautes qui ont évidem- » ment mérité la colère céleste ?
» Car nous devons pleurer en voyant la mort, causée par » cette grande faute, frapper ceux que, par la division dont » nous avons parlé, on a enlevés à l'unité du Saint-Siège : en » voyant que cette pénible et coûteuse division a mutilé depuis » si longtemps des membres si nobles de la sainte Église uni- » verselle. II faut pleurer, en outre, et se plaindre amèrement » de ce que, dans ces pays au delà des mei^, non -seulement » nous avons entendu dire, mais nous avons vu de nos yeux, » nous avons touché de nos mains, ô douleur ! que parmi les » nations, on blasphème le nom du Christ d^une manière plus » détestable que jamais ; puisque , non-seulement par des pa- » rôles, mais encore par des actes, les infidèles insultent les » chrétiens, et disent : Où donc est leur Dieu" ? »>
Tels sont, Évéques de Russie, nos frères, les sentiments que dans l'amertume de notre douleur, dans les angoisses de la compassion inspirée par le malheur de votre église ; tels sont les sentiments que nous partageons avec le grand pontife dont vos pères ont autrefois éprouvé les bienfaits.
En présence de tels malheurs, que peut toute force humaine? Le même pontife va nous l'apprendre. Pour ce grand travail, « nous savons que nous ne pouvons pas suffire; nous levons » donc nos yeux vers la montagne , la montagne de Dieu , la
' Lettre encyclique de Grégoire X aux é?êques d^Orient, pour les convoquer au 2« concile de Lyon, !«' avril 1272. — Voir : Sacrosancta coneilia ad regiam ediiionem exacta , etc,^ studio PhiU Labbei et Gabr, CoS' *artii soc, Jesu presbytcrorum, — ln-îo\, Paris, Société typ, des livres ecclésiastiques, 1671. — T. XI, p. 959.