X INTRODUCTION
blier tant de maux, elle a bien soin d*en former avant tout une
chaîne nouvelle qui augmente le poids des autres.
Dieu puissant ! où donc va s'abîmer une église , quand elle ose se détacher du roc immuable où votre droite a fondé le centre de Tunité catholique !
Evêques égarés , nos frères, votre abaissement est si grand, le danger de vos âmes est si terrible, qu'à l'instant même, s'il fallait payer de notre sang, le rayon de lumière capable de vous éclairer, l'acte de courage nécessaire pour vous faire sortir de la mort anticipée où vous gémissez, à l'instant même, oui, à l'instant même, le Dieu qui nous entend sait que nous en ferions avec joie le sa^Tiûce.
Eh bien ! vous, de votre côté, interrogez votre conscience , et demandez-vous si vous êtes disposés à payer du même prix notre séparation de l'unité catholique.
Votre réponse , nous la connaissons d'avance. Pas un de vous n'oserait devant Dieu assurer qu'il nous croit hors de la voie du salut, lorsque nous suivons l'Église romaine. Pas un, conséquemment, n'estime assez peu sa vie pour la sacrifier en faveur d'une simple opinion. On meurt pour sa foi ; on ne meurt pas pour une chose spéculative et indifférente. Voilà pourquoi < nous vous défions de dire en un sens opposé ce que nous répé terons toujours avec la grâce du Seigneur : Oui, nous donnerions notre vie pour vous ramener à l'unité romaine ; car dans l'état où vous êtes, votre avenir nous fait peur, autant que votre présent nous afflige.
Enfants de l'infortunée Samarie, pleurez donc sur vous , comme nous le faisons nous-mêmes. Pleurer avec ses frères sur ses propres maux fait du bien. Les larmes communes disposent le cœur aux douces impressions, le préparent à l'intelligence de la vérité, à la componction et au repentir. Et quels sont-ils ces cœurs que vous portez dans vos poitrines ?
Autrefois ils battaient d'un amour bien ardent et bien pur pour l'Église que vous dédaignez aujourd'hui. C'est qu'alors parmi vous, évéques de l'Orient , il s'en trouvait que Tadmira-
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tion du monde appelle Ghrysostome, Basile, Irénée, tant d'autres encore ; des foyers de lumière et de chaleur, des flambeaux universels dont nous sommes 6ei*s, comme vous ; parce que ces grands hommes et nous, enfants de TOccident, nous formions alors tous ensemble une seule famille, dont le successeur de saint Pierre était le chef.
Aujourd'hui vos cœurs, malgré les préventions oniniâtres dont le schisme byzantin vous a entourés, vos cœurs deviendraient dignes de ces grands modèles, si, un instant seulement, il vous était donné de les réchauffer au foyer de la charité romaine.
Mais si les invitations de notre amour fraternel ne suffisent pas pour vous faire sortir de l'état hostile où l'erreur vous a mis, par rapport à une mère que vous méconnaissez, par rap« port à la maîtresse universelle du monde chrétien , qui seule pourrait vous rendre votre dignité perdue ; nous vous le répéterons, jetez les yeux sur vous- mêmes, et voyez l'état déplorable où Ton vous a réduits, en vous arrachant à l'obéissance de Rome.
Vous ne sauriez le nier, vous êtes frappés de la même manière qu'autrefois le Prophète l'annonçait au peuple hébreu, au nom du Seigneur, «c Assur, disait-il, est la verge et le bâton » de ma fureur. Je l'enverrai contre la nation perfide et contre » le peuple de ma colère, je le chargerai d^en rapporter les dé- 9 pouilles , de le livrer au pillage et de le fouler aux pieds » comme la boue qui est dans les rues'. »
Et en effet, ô Eglise de Russie! vos dépouilles sont devenues la proie de vos persécuteurs ; les richesses que la foi des peuples vous avait prodiguées , on vous les a ravies ; la grandeur si imposante dont il vous restait encore un reflet , longtemps même après votre révolte contre Rome , cette grandeur a dis-
* Af*sur virga furoris mei et baculus ipse est. Ad gentem fallacem mitlam eum, et contra populum Turoris mci ruandabo illi, ut auferat spolia, et diripiat pniidam, et ponat illum tn cooculcationem quasi lutuio platearum* — h, X, 5 et 6.