‹ L'Église schismatique russe, d'après les relations récentes du prétendu saint-synode, tr. de lChapitre 64 sur 129 · ROYAUME ANNAMITE · texte numérisé non relu

ROYAUME ANNAMITE

Le farouche Minh-Mang, cet homme d'une intelligence re« marquable % qui, de même qu'on le voit toujours en pareille circonstance, fit tant de mal à son empire, par Tabus de sa propre puissance; Minh-Mang couvrit de sang chrétien la terre Annamite.

Trois évêques morts dans cette persécution,. le premier par le glaive , Vautre en prison à la suite des tortures , le troisième expirant de misère au milieu des montagnes; un autre vicaire apostolique^ évéque élu, et plusieurs prêtres expirant dans le»< mêmes travaux et les mêmes supplices; tel est en résumé la liste des victimes faites parmi les missionnaires européens.

' Voir Lettres à monseigneur de hongres sur Us Mtss. Etrangères^ p. i86. — Qu^on veuille bien nous pardonner de nous citer nous-mêmes en cette circonstance. A une époque où nous n*a?ions aucune idée du travail qui nous occupe aujourd'hui, nous portions sur Minh-Mang unjugement qui n'est pas sans intérêt, si on le trouve également applicable à quelque autre prince de notre époque, c Considérant la nécessité de fon-

• dre en un seul corps de nation les peuples antipathiques soumis à son

• empire , il conçut fortement à cet effet une pensée d*unité qu'il voulut

> étendre au-delà des justes bornes. Mœurs, coutumes, croyances, il

> voulait tout réunir sous les lois d'une centralisation absolue, dont il se

• réservait à lui seul la direction souveraine ; plan vaste et bien conçu, que » le défaut de modération l'empêcha de réaliser. Ce prince , l'un des plus V capables de son temps, tomba dans le défaut ordinaire aux souverains » de haute intelligence, chez qui le calme d'une éminente sagesse ne vient I pas réprimer les passions ambitieuses. Après avoir compris sa position, il

> la dépassa ; il voulut non-seulement pouvoir dire : CEiat^ c'est moi ,

> mais encore régler selon ses croyances et ses affections, les croyances et

> les affections de son peuple. C'était s'engager évidemment dans la voie de

> la tyrannie, et il n'hésita pas à en accepter les conséquences. De cette » manière, les précieuses qualités que Dieu lui avait données, et le soin

• qu'il avait pris lui-même de les cultiver, contribuèrent puissamment à le

> rendre un véritable fléau pour ses sujets, au lieu d'en fahre i|n grand et»

> bon prince comme il pouvait l'être. »

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