‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 46 sur 141 · II. — Le droit commun · texte numérisé non relu

II. — Le droit commun

Sommaire. — Autorité des conciles particuliers en dehors de leur lieu d'origine à cette époque. — Les conciles particuliers non espagnols dans VHispana. — Place qui leur est faite dans les canons des conciles espagnols.

Les conciles particuliers avaient en dehors de leur lieu d'origine une tout autre importance dans l'antiquité que de nos jours. On n'y voyait pas simplement, comme on le ferait aujourd'hui, des documents renfermant sans doute des indications utiles, mais sans valeur canonique pour les provinces ou les pays autres que ceux où ils avaient été élaborés. Leurs décisions, jointes à celles des conciles œcuméniques, et en Occident depuis Denys le Petit (fin du v" siècle) aux décrétales des papes, formaient un répertoire courant de jurisprudence où l'on cherchait le droit commun de l'Eglise et la tradition canonique de la catholicité. En l'absence de décrets d'un caractère immédiatement universel et dans la pénurie de sources canoniques où Ton se trouvait à ces lointaines époques, comment aurait-on pu d'ailleurs trouver autre part des renseignements de ce genre ? C'est ce qui explique le soin qu'on avait alors de faire circuler des collections où se trouvaient des conciles grecs, africains, gaulois et espagnols. Le besoin de précédents juridiques beaucoup plus que la curiosité historique assez peu répandue aux vi^ et vu** siècles est à l'origine de tels recueils. En somme, l'autorité des conciles particuliers pour les temps qui nous occupent fait songer à celle

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attribuée présentement aux réponses des congrégations romaines pour des cas particuliers ou des régions déterminées. Sans donner à ces dernières une force d© loi universelle que leur destination même interdit d'y chercher, on s'en inspire pour préciser le sens des lois générales, pour déterminer de façon plus exacte l'esprit et l'orientation du droit canon universel. De même, au vu" siècle, on ne prétendait pas imposer telles quelles à l'Espagne des lois qui, dans leur teneur même, s'adressaient spécialement à l'Asie Mineure, à la Gaule ou à l'Afrique. Mais, tout en se réservant la liberté de les modifier dans le détail des applications pratiques pour les adapter à des circonstances nouvelles, on s'efforçait de s'en tenir aux principes dont elles n'étaient que des espèces particulières. Elles restaient comme la source d'où devaient dériver les innovations nécessaires elles-mêmes. On gardait tout l'acquis juridique ancien, mais on réservait implicitement les usages en vigueur, la pratique courante. Ainsi l'accroissement de la législation canonique ne se produisait pas au hasard, mais s'effectuait dans le sens d'un développement organique et continu.

On comprend dès lors que VHispana ne contienne pas seulement la série complète des conciles provinciaux et nationaux d'Espagne, mais encore de nombreux conciles particuliers d'autres pays. Voici d'ailleurs une table des conciles de notre collection empruntée à Maassen et qui permettra de se rendre compte exactement de ce fait. Les conciles œcuméniques s'y trouvent également mention-

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nés * et la liste ne représente que la forme primitive de VHispana.

i* Inciplant capitula concilii {conciliorum, corr.) Greciœ.

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