DANS UNE MAISON DU CAIRE
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LE VIEUX CAIRE
L’entourage de cette mosquée ajoute considérablement à son pittoresque. Chose rare au Caire, l'espace qui s'ouvre devant elle permet de s’en éloigner suffisamment pour en voir l’ensemble extérieur, ainsi que la petite école située au-dessus de la Sebil et un arbre qui paraît avoir poussé là dans le seul but d'améliorer encore la composition. Le tout est d’un ton riche et chaud. Les rangées alternées de pierres rouges et de pierres jaunes, qui sans doute avaient l'air assez cru à l’époque où Hasan Pacha fut enterré ici, se sont fondues ensemble, quant à la couleur, d'une façon merveilleuse. Les siècles ont adouci les détails trop appuyés, qui sont encore bien visibles en haut, quand le soleil de midi fait ressortir leur dessin, mais à la base, près de l’entrée, ces détails ont complètement disparu, usés par les fidèles sans nombre qui ont passé sous la porte. La mosquée paraît en excellent état, et il faut espérer qu'aucune restauration ne sera nécessaire d'ici à longtemps, car, si bien que ces travaux soient exécutés, ils enlèvent toujours au charme un peu de son authenticité. |
Au Caire, il n’est nullement nécessaire de se
reporter à des siècles éloignés pour trouver une belle
architecture, car la plupart des grandes maisons particulières furent bâties d’après les vieux plans jusqu’à la fin du xvirre siècle, et le très bel exemple de cette architecture, la maison de Sadaat que j'ai décrite, ne date que de deux cents ans. Il est difficile en Égypte de définir les époques, car il n’y a jamais de brusques changements de style, comme, par exemple, la Renaissance en Europe. Les édifices se ressemblèrent toujours à peu près et suivirent les mêmes principes jusqu’à l'accession de Mahomet Ali, en 1805. À partir de cette époque, l'architecture arabe ne changea pas, mais elle cessa subitement et complètement d'exister. Il serait impossible, je crois, de trouver aujourd’hui un architecte natif du Caire, ayant la moindre idée de l’art de construire comme l’entendaient ses aïeux. Les quelques maïsons bâties dans ce qu’on appelle le « style arabe moderne » ont été construites par des architectes européens et ce sont des chrétiens qui dirigent les travaux de restauration des vieux monuments. Espérons qu’un jour l’Égyptien découvrira que l'architecture de ses ancêtres était bien plus belle et bien mieux appropriée à son climat et à ses besoins que les bâtiments sans nom et sans
style qu’on élève aujourd'hui dans les nouveaux
LE VIEUX CAÏTRE
quartiers, et qu'un nouveau Caire, bâti sur les plans et dans le style de l’ancien, renaîtra, pour le plus grand bonheur des fidèles de la Beauté.
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