‹ L'Égypte d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 36 sur 76 · EGYPTE · texte numérisé non relu

EGYPTE

formé. Le bateau subissait quelques réparations, mais mon hôte, un frère artiste, partageant mon dégoût pour la vie d'hôtel et la soi-disant « haute société », pensa avec raison que je leur préférerais même l'odeur des vernis et le désordre qui régnait à bord.

Certaines parties de Boulâk sont telles que par le passé, et le marché aux fruits et aux poteries, entre autres, est charmant. Je ne me souviens pas d’avoir jamais travaillé parmi des gens aussi curieux que les habitants de ce coin de Boulâk. Mon fidèle Mohammed ne pouvait m'accompagner, malheureusement ; un mot de lui à un agent de police, la parenté imaginée du Hawaga ou d’un Moufetish quelconque m'auraient assuré la paix. Le retour à la dahabiyeh est vraiment une joie, après une journée de travail, chaude et encombrée de mouches et autres parasites. Le soir, les bruits provenant des travaux cessaient, les clameurs alentour s’apaisaient, seul le clapotis des rames troublait le calme de la nuit pendant que nous fumions nos cigarettes sur le pont.

Le voyage en dahabiyeh, jusqu’à Thèbes, est un rêve. J'avais descendu la rivière à bord de la Mawis,

le printemps passé, et je fus désolé de refuser l’invi-

D'ALEXANDRIE AU CAIRE

tation de mon ami. Je convins de le rejoindre à Karnâk, lorsque la saison des travaux de Dér-el- Bahri serait terminée. Un voyage d’une nuit par le train du Luxor est certainement plus prosaïque qu’une excursion en dahabiyeh, mais ce dernier mode de loco-

motion m'aurait fait perdre trois semaines.

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