‹ L'Égypte d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 49 sur 76 · TEMPLE DE DÊR-EL-MEDINET A THÈBES · texte numérisé non relu

TEMPLE DE DÊR-EL-MEDINET A THÈBES

PARMI LES TEMPLES

vent, et ce temple porte les traces du passage des moines coptes. Il fut élevé en l'honneur de Hathor, la déesse de la mort, et aussi de la déesse Maat. Bien que les inscriptions soient inférieures à celles de Dèr-el-Bahri, l’intérieur me parut plus propre à inspirer de pittoresques esquisses que celui de son trop célèbre voisin. Les colonnes couronnées de calyx et les initiales entrelacées de Hathor, ainsi que la porte du sanctuaire, se prêtent sous un certain éclairage à de délicieuses compositions. Des traces de couleur se retrouvent sur ces initiales, ainsi que sur le cadran solaire qui surmonte la porte.

Les temples de Ptolémée ont un grand avantage sur ceux de dates plus anciennes, c’est qu'ils sont dans un bien meilleur état de conservation ; en fait, on ne peut guère leur donner le nom de ruines. À part les objets qui se trouvaient dans ces temples et qui sont maintenant dans les musées, les temples de Dendera, Esneh et Edfu n’ont guère changé depuis qu’ils ont été construits.

Il y a beaucoup à peindre à Medînet Habu, qui se trouve à quinze cent mètres au sud. Les décorations de la vingtième dynastie dans le grand temlpe de

Ramsès III, me paraissaient extrêmement gros-

sières après les bas-reliefs délicats de Dèêér-el-Bahri. J'eus beaucoup de difficultés à reproduire les premiers bas-reliefs si peu accentués. Dans les séries de Pont, où le fond est enlevé, le relief des personnages ne dépasse guère un millimètre. Les figures de moindre importance ont à peine un demi-millimètre, quelquefois moins. Les grandes figures sur les colonnes ne se détachent pas du fond, et sont souvent à peine indiquées. À l’époque de Ramsès III, les inscriptions ont atteint une profondeur de dix à douze centimètres. Les restaurations de Ramsès II à Dêr-el-Bahri sont en relief, mais elles offrent plutôt une imitation de celles de son prédécesseur qu’un signe caractéristique de leur propre époque. La surface plus rugueuse de la pierre et les dimensions plus grandes de l'édifice expliquent probablement l’accentuation plus sensible des inscriptions, mais la crainte d’un effacement peut en être aussi la cause. Les reliefs accentués furent employés au xvIIIe siècle, mais seulement dans le cas où un effet de perspective était recherché. Le basrelief paraît avoir disparu après le règne de Séti I. Je le retrouvai à Karnak dans un petit temple modeste de la vingt-cinquième dynastie. Quoique taillé dans de la pierre sablonneuse, le relief en était fort

PARMI LES TEMPLES

beau et accusait une renaissance de l’art, qui pourtant déclina rapidement pendant la domination des Perses. Quelque grossières que soient les décorations, leur dessin est souvent grandiose ; j'ai vu des scènes de bataille d’un mouvement étonnant. L'art semble avoir lutté énergiquement avant de décliner pendant le règne suivant. L'espace me manque pour donner de plus amples détails, maïs, dans son Histoire de l'Egypte, le Professeur Breasted relate les événements du règne mouvementé de Ramsès III, événements que le souverain fit du reste graver sur son temple monumental.

En sortant par le pylône massif, nous trouvons à notre gauche une série de petits temples qui nous représentent quatorze siècles, du règne de Hatshepsu aux derniers Ptolémées. Les murailles du temple de Hatshepsu portent des traces des luttes de cette reine avec son père, son mari et son frère, et sur ses portraits effacés, nous voyons les figures en cartouches des trois Thothmès. Ceci servit probablement d’enseignement à Ramsès III, qui fit graver très profondément les inscriptions sur son temple. Nous passons par un pylône érigé par Taharqua, de la vingt-cinquième dynastie — le Tirharkah de la Bible — et

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nous pénétrons dans le délicieux petit temple de Nektanebos, le dernier Pharaon de la dernière dynastie (trentième). Huit colonnes représentant des papyrus entrelacés, à chapiteaux fleuris, supportaient autrefois la toiture; deux seulement sont encore entières. Ces colonnes, reliées par un écran en pierre fouillée et se détachant sur le pylône de Taharqua, forment un charmant ensemble. Le grand pylône du dixième des Ptolémées nous conduit dans un vestibule à colonnes puis dans une large cour qui termine cette série de temples.

Cette œuvre de Nektanebos et du Ptolémée ne fut exécutée qu'après que le grand monument de Ramsès fut presque tombé en ruines ; cela ressort de ce fait que les constructions de Nektanebos et Ptolémée furent faites à l’intérieur et à l’extérieur des murailles formant l'enceinte du grand temple; elles empiètent aussi sur une partie de l'emplacement du pavillon de Ramsès. Ce pavillon, dont nous ne voyons plus que la partie centrale, forme l'entrée principale du temple.

A mesure que de nouveaux temples s’élevaient, les anciens tombaient en ruines et l’on employait les pierres ainsi toutes prêtes comme matériaux de construction. On retrouve des inscriptions des anciens

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