COMMENT LES INDIGÈNES JUGENT LES ARCHÉOLOGUES. || DU RÔLE
DE LA REINE TYI DANS L’HISTOIRE DES PHARAONS. || LE Dieu
NOUVEAU. || VISITE A LA TOMBE MYSTÉRIEUSE. [| « SIC TRANSIT GLORIA MUNDI. » || UNE CRUELLE DÉSILLUSION.
OEL était passé, et les travaux d’excavation N n'avaient donné aucun résultat intéressant. L'intérêt qu’ils inspiraient tout d’abord était tombé. Cette vallée renfermant les tombes des rois, que J'étais impatient de revoir aussitôt que mes travaux personnels m'en laisseraient le loisir, devait pourtant, à mon avis, recéler bien des mystères, que des fouilles habilement dirigées ne tarderaient point à dévoiler. Un jour, la nouvelle se répandit qu'Ayrton avait découvert de l’or et des pierres précieuses, et les habitants du pays le voyaient déjà ramassant à la main des trésors incalculables. Mon travail n’avança
guère ce jour-là, car T'yndale Koom, Ahmet et même
L'EÉGYPTE
l’ex-forçat taciturne ne tarissaient pas en bavardages. Inutile de dire que la valeur archéologique de la découverte ne les intéressait pas. Les indigènes sont pleins de cette idée que tous les Européens qui s’occupent des fouilles ne le font que par rapacité et amour du pillage. La pensée qu'avec ce qu’ils retireraient du butin, Mistr Davis et Mistr Eiriton pourraient vivre tranquillement jusqu’à la fin de leurs jours, occupait leur esprit et, probablement, excitait leur rancune; ils trouvaient mauvais que ces chiens de chrétiens pussent s'emparer ainsi de ce qu’Allah avait mis en réserve pour les vrais croyants |
Une chose était certaine : on avait trouvé et ouvert la tombe de la Reine Tyi. On aurait dit que les roches calcaires qui protégeaient l’entrée des fouilles avaient la transparence d’un rideau de mousseline, tant les curieux étaient bien renseignés. M. Théodore Davis avait quitté sa dahabiyeh pour venir sur les lieux ; le Bash Moufetish était arrivé, accompagné de son wakeel et de ses gardes particuliers ; on avait télégraphié à M. Maspero ; un artiste spécial était sur le terrain et un photographe avait été mandé du Caire. L'arrivée de notre ami Ayrton mit fin à notre impa-
tience d’en savoir davantage. Il pouvait être satisfait,
'HMOIYA
L'ÉGYPTE | Ne lex-forçat taciturne ne tarissaient pas en bavardages. Inutile de dire que la valeur archéologique dela découverte ne les intéressait pas. Les indigènes sont pleins de cette idée que tous les Européens qui s'occupent des fouilles ne le font que par rapacité et amour du pillage. La pensée qu'avec ce qu'ils retireraient du butin, Mistr Davis et Misir Eïirton pourraient vivre tranquillement jusqu’à la fin de leurs jours; occupait leur esprit et, probablement, excitait Jeur | rancune; ils trouvaient mauvais que ces chiens de chrétiens pussent s'emparer ainsi de ce qu’ Allah avait mis en réserve pour les vrais croyants! | Une chose était certaine : on avait trouvé pt Va | la tombe de la Reine Tyi. On aurait dit que les roches calcaires qui protégeaient l’entrée des fouilles avaient la transparence d’un rideau de mousseline, tant les ‘ : curieux étaient bien repseignés. M. Théodore Davis | avait quitté sa dahabryeh pour venir sur les lieux ; le Bash Mouletish était arrivé, accompagné de son . wakeel et de ses gardes particuliers ; on avait télégraphié à M. Maspero ; un artiste spécial était sur le terrain et un photographe avait été mandé du Caire. L'arrivée de notre ami Ayrton mit fin à notre impatience d’en savoir davantage. Il pouvait être satisfait,