Le Lieutenant Colonel Gallige 1 Monsieur le
Maréchal Duc de Dalmatie, MimsTRE de la guerre, Président du Ck>NSEiL. Alexandrie, le 16 février 1841 286
Sommaire: Difficultég rencontrées par Farmée égyptienne dans sa retraite, notamment par Soliman pour sauver eon artillerie* — Le retour d' Ibrahim amènera sans doute un changement dans les affaires égyptiennes. — Un nouveau personnel mis à la disposition du com» mandant Gallice; mais les nouveaux venu^ ont des principes et des prétentions qui ne s'accordent pas bien avec ses idées et avec les travaux cju'il a dirigés jusqu^à présent: des absurdités qui triompheraient même des principes de Vauban, — Le Turc pur sang n'est pas susceptible de civilisation; il en est tout autrement du fellah, de rarabe, du bédouin ou même du nègre* — L'effectif de Farmée est encore de lOG.OOO hommes; en supprimant les éléments nuisibles, on aurait 70*000 hommes de bonnes troupes; mais ïl fan* dralt tenir leur solde au courant et établir une discipline convenable; leur expliquer les véritables prétentions des Anglais qui sont de faire en Egypte comme dans l^Inde, au risque de ruiner le pays. Mais la plupart des officiers turcs, dont le meilleur ne vaut pas le plus médiocre de nos sous- officiers, sont trop égoïstes et trop orgueilleux pour qu'on puisse en tirer quoi que ce soit. — Conviction du Commandant Gallice que l'œuvre de Mohamed Aly ne sera durable que tout autant que la France Faldera d'une manière effi" cace à expulser les Turcs de l'Egypte et à réorganiser de fond en comble toutes les parties de son administration.
F^ca.
*3. — M* CocHELET 1 Son Excellence Monsieur Guizot Ministre DES Affaires étrangères. Alexandrie, le 17 février 1841 . , , , 291
Sombiaire: On attend prochainement Ibrahim; Soliman est arrivé au Caire. — Suite des discussions sur les conditions auxquelles Mohamed Aly recevra Finvestiture de FÉgyptCi — La Porte prétendrait nommer le trésorier qui percevrait les revenus de FÉgypte; eu ce cas, l'hérédité de FÉgypte ne serait plus qu'un « vain mot » et sans doute Mohamed Aly ne se soumettra pas à une pareille condition, — Heureusement E
paraît que rAutrîche, la Prusse et la Russie ne suivemt plue l^Angleterre sur ce terrain.
104, — M. A. Degodtin à Monsieur le Ministre Secrétaibs d'État au département des Affaires étrangères, etc. etc., Massouah, le 17 février 1841
Sommaire: H n'a pu arriver à Massouaii que le 8 février. — L'accueil qu'il a reçu lui doime beaucoup d'espérances sur le succès de sa mission. — Honneurs qu'il a reçus: solennité qui fera longtemps époque dans ce pays-ci: escorte militaire; compliments d'usage, discours pleins de cordialité; on assurera aux Européens l'hospitalité la plus bienveillante, et on fera en sorte qu'Os puissent voyager dans toute la région en parfaite sécurité. — Sur l'agence française, le pavillon tricolore a été salué par la forteresse de vingt et un coups de canon. — Réception des autorités; repas à la française qui a dû leur « paraître bien curieux »; presque tous ont fait honneur à la liqueur nationale, laissant de côté tout fanatisme religieux.
P«fM.
105» — M, A Degoutin X Monsieur Guizot, Ministre Secrétaire d'État au Department des Affaires éthati- CERES, etc, etc., Massouah, le 17 février 1841 ......•• 297
Sommaire: Frais de voyage: 2251 fr. 75, plus 624 pour les frais d'installation. Comptes détaillés joints.
106. — Monsieur Degoutin à Monsieur Guizot, MimsxaK Secrétaire d'État au Département des Affaires étrangères, etc. etc., Massouah, le 20 février 1841
Sommaire: Il croyait avoir de prime abord fait cesser les anciens abus qui paralysaient le commerce earo« péen. — Mais quelques jours après, les soldats albanais de la garnison réclamèrent le prix des salves dont ïIa avaient honoré le pavillon tricolore, — Degoutin refrise: Os se retirent avec des menaces. — Ils reviennent et présentent une note de 797 francs. — Sur nn nouveau refus, ils coupent la corde c[ui retenait le mât de pavillon et s'en vont Airieux. — Degoutin non scu-
Pagci.
lement persiste à refuser; mais il exige une réparation. — Après quelques explications de diverses sortes, Taffaire fut arrangée et le pavillon fut de nouveau arboré. — Incident qui vient de mauvaises habitudes prises par les Européens. — Ainsi M. Lefebvre, chargé d'une mission scientifique en Abyssinie, a été salué d'ime salve qui, après marchandage, a été payé par lui 1.400 francs. — Degoutin veut qu'il soit bien établi que les honneurs rendus au pavillon tricolore lui sont dus et ne se payent pas.
107. — De Paris X Monsieur le Comte de RosAif-CHABOT Secrétaire d'Ambassade en mission 1 Alexandrie. Paris, 22 février 1841 303
Sommaire: Si le pacha n'obtient pas toute satis£Eiction« il tire au moins des arrangements actuels des garanties d'avenir pour lui et pour sa famiUe. — Il peut maintenant consolider son gouvernement par ime bonne administration intérieure: c'est la seule politique qui puisse lui ramener l'opinion de l'Europe. — Il inspirera encore des défiances; on lui attribuera ime part dans les troubles dont la Syrie redeviendra probaUement le théâtre. — Il doit donc agir avec la plus grande circonspection. — Il doit mettre tous ses soins à acquérir la bienveillance du Sultan en lui donnant tous les témoignages de déférence. — Donc il doit s'occuper surtout à fonder en Egypte im grand établissement agricole et commercial et à assurer les esprits encore inquiets de ses projets ambitieux. — Le représentant de la France doit apporter à sa mission les ménagements réclamés par une position qui est particulièrement délicate. — Il faut notamment éviter d'exciter les soupçons des agents des autres Puissances et se tenir dans la plus grande réserve. — On lui enverra des instructions plus précises selon les circonstances; il faut d'abord voir la direction que prendra la politique du Vice-roi. — Envoyer des informations exactes sur les ressources de l'Egypte à tous les égards.