‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 183 sur 189 · DÉPÊCHE ADRESSÉE A LA SUBUME PORTE PAK SaTD · texte numérisé non relu

DÉPÊCHE ADRESSÉE A LA SUBUME PORTE PAK SaTD

Mouhib-Effendi, envoyé a Alexandrie, poetectb

DU Firman du 13 Février 1841. 28 février 1841 . . . , 320

Sommaire: L^arrivée à Alexandrie: les honneurs qui lui ont été rendus. — Présentation du firman: a La publication des conditions que ce firman renferme, dît Mohamed' Aly, doit, dans un pays tel que celui-ci» causer des désordres n. Moubib insiste par conseils et menaces: rhérédité tient à ces conditions; le Vice-roi répond qu*on en parlera plus tard et lève Taudience. — Nouvelle réception quelques jours après: Mohamed Aly déclare que le nombre de troupes quVn lui laisse est insuffisant, même dans l'intérêt de la Porte; on s'entend sur ce point: lorsque le besoin en sera évident Mohamed Aly demandera à la Porte Tautorisation de lever des contingents supplémentaires* — Le Pacha s^engage aussi à tenir sa flotte à la dispositioii du Sultan. — Discussion sur le recrutement, sur le service de cinq ans, sur i^attribution des grades eupéiieurs, où Mohamed A^y ne veut pas céder, ses troupes devant être commandées par des chefs qui aient sa confiance; sur -'envoi à Constantinopie de Tun de ses fils; sur la ligne de la succession, qui ne doit pas être laissée à l'arbitraire de la Porte: il a été impossible' Ià*dessus de le faire changer d'avis; — sur la proportion des revenus de l'Egypte qui sera retenue par la Porte: retenir le quart des revenus, c'est ruiner le pays. — Le Pacha, dans une suite d'entretiens, répète les mêmes obje<ïtioiis et Mouhib le prie de les rédiger par écrit dans sa réponse à la Porte. — Encore la question de l'uniforme des troupes, des pavillons et drapeaux, etc. — Mouhib attendra à Alexandrie les décisions et la réponse de la Porte,

114, — Réponse de Méhémet-Ali au Grand-Vizir en date

DU 28 FEVRIER 1841 (6 mobarrem 1256) 333

SoitBfAiRE: Réception du firman impérial attribuant Phérédité du gouvernement de TÉgypte; honneurs rendus à Penvoyé de Sa Hautesse Sald Muhib effendi. — Reconnaissance étemelle pour ces feiveurs insignes. — Motifs cependant pour ne pas accepter certaines conditions. — L^hérédité ne peut pas être attribuée à celui qui sera préféré par le Sultan. — Les dispositions du hatti-chérif de Gulkané sont pratiquées en Egypte depuis plus de vingt ans. — On se mettra en harmonie avec les lois militaires et les lois administratives de l'Empire, sauf à respecter les lois établies et fondées sur les commandements du Coran. — Et les lois doivent s'accorder avec la nature des pays auxquels elles sont destinées. — De même au sujet de la perception des dîmes. — Impossible de mettre à part la quatrième partie des revenus pour la Sublime Porte avant d'en avoir défedqué aucime dépense. Sa Hautesse est trop clémente pour accabler les populations de pareilles charges. — Conditions acceptées, sur les forces militaires, sur la monnaie.

• M. CocHELET 1 Son Excellence Monsieur Guizot Ministre DES Affaires étrangères. Alexandrie, le l*' mars 1841 339

Sommaire; Mohamed-Aly parti pour le Caire pour se concerter avec sa famille au sujet du hatti-schérif du 13 février, n regrette devant Cochelet que le Sultan ait cédé à de perfides conseils. — Cochelet espère qu'il tirera quand même des avantages de sa nouvelle situation, dans l'intérêt de la prospérité de l'Egypte. — Il l'engage à se montrer conciliant et modéré. — Le Vice-roi répond: «J'essayerai tous les moyens d'arrangement. Quand on m'aura bien poussé à bout, je mettrai deux pistolets dans ma ceinture. Avec l'un je tuerai celui qui viendra pour m'arrêter. Avec l'autre je mettrai fin à ma vie. Je ne pourrais pas supporter l'abaissement oit l'on veut me réduire, je serais trop humilié ». Il ajoute: « Napoléon a su se résigner à son sort; moi je ne le pourrais pas ». — n va d'abord chercher à gagner du temps;

il veut connaître Pesprit de Parmée, pour savoir jusqu^oii il pourra pousser la résistance. — Il compte que les Puissances ne seront pas unanimes à vouloir Thumilier davantage et que tout pourra être arrangé à Pamiable. — En cas de malheur a la France ne refuserait pas un asile à sa vieillesse; il pourrait aller finir ses jours en Algérie: la Providence en ferait peut-être Pinstrument de la soumission entière des Arabes ».

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