DROITS ET DEVOIRS INTERNATIONAUX
morale in- Il y a une »morale internationale" distincte du droit ternationaie ^^^ g actuel. Cette morale est moderne. Elle n'a pas
moderne ^ ^
encore été formulée, exposée, systématisée comme un corps de doctrine. Elle date de la multiplication des rapports et des communications entre les peuples, de la grande colonisation et de la grande émigration européennes, et pour ainsi dire de Tinternationalité de la vie du genre humain. Elle n'a pu naître qu'après la découverte de l'amérique par l'europe. Jusqu'à présent elle n'est pas trouvable hors de l'europe et du monde européen au delà de l'océan. Même dans ces limites elle est encore dans un état primitif et incertain. Mais le temps est venu où elle sera développée et consolidée, trois que». On pcut distinguer trois questions qui se rapportent à tions cette morale internationale; et conséquemment on peut
diviser toute la matière en trois chapitres, ayant pour objet:
1° Ce qui est permis, ou ce qu'on a le droit de faire, chez soi contre les étrangers.
2^ Ce qui n'est pas permis, ou ce qu'on n'a pas le droit de faire, contre les étrangers chez eux.
DBOITS ET DIYOIBS INTERNATIONAUX. 161
3^ La responsabilité de chaque peuple quant à ce qui arrive et se fait, à l'étranger; son étendue; les devoirs qu'elle impose de prévenir ou de faire cesser le mal et la misère humaine, de secourir les populations étrangères, d'agir dans leur intérêt, de travailler à leur salut.
1. Remarquons d'abord qu'un faux libéralisme politique lee étmngen et économique a embrasse et enseigné le principe complètement faux que chez nous rien ne nous est permis contre les étrangers et ce qu'ils nous apportent. Nous serions donc tenus de les recevoir et de les garder quoi qu'ils fassent et quels qu'ils soient. Nous n'aurions le droit ni de défendre l'importation d'aucun produit et d'aucun article étranger, ni de frapper cette importation d'un impôt qui nuirait à la concurrence étrangère.
Tout au contraire, chaque peuple a parfaitement le droit de refuser l'hospitalité aux persoimes étrangères et aux biens étrangers qui lui portent préjudice.
Il a donc la faculté d'expulser et plus encore de ne pas recevoir une race nuisible et méchante ou une race contre laquelle il ne peut concourir économiquement. Par exemple: une race d'escrocs, de brigands et d'assassins; une race immorale qui démoralise et corrompt les moeurs des indigènes; une race d'usuriers et de banquiers, engeance parasite qui ne travaille pas, mais suce le sang des enfants du pays ; enfin une race vigoureuse et tenace , douée d'ime grande énergie pour le travail, intelligente et entreprenante, sobre, économe et vivant de rien, qui fait une concurrence fatale aux enfants du pays, en écartant et en remplaçant d'abord les travailleurs indigènes, ensuite les capitalistes. — Le faux libéralisme protestera surtout contre la faculté d'exclure les usuriers et les puissants travailleurs, parce que cette faculté porte atteinte au faux principe de la concurrence absolue. Mais
s'il faut applaudir vivement à la large hospitalité interne 11
162 CHAP. YI.
nationale exercée aujourd'hui entre les nations policées, il faut en même temps affirmer obstinément qu'en définitive chaque état est maître chez soi et dans sa propre maison, et que chaque nation a le droit indélébile de défendre son existence et d'empêcher qu'elle ne soit exterminée et supplantée par des hôtes étrangers.
Evidemment on ne peut appliquer ces principes sans faire beaucoup de distinctions et sans avoir égard à la étnuigerBi»- grande diversité des cas. — D'abord, quant aux races ""**^ parasites, il faut distinguer entre celles qui immigrent dans un pays ou ne l'habitent que depuis peu de temps, et celles qui y sont établies depuis longtemps et n'y sont des étrangers que parce qu'elles se sont isolées et sont restées séparées du corps de la nation qui possède et peuple le sol. Les grecs qui infestent l'égypte, appartiennent à la première catégorie; les juifs habitant l'europe, l'orient et la russie, à la seconde.
Le mouvement antisémitique récent a été provoqué, non par un accès d'intolérance religieuse, mais par le parasitisme des juifs en pologne et en russie, dans la roumanie, dans une partie de l'allemagne et de l'autriche-hongrie. Ils exerçaient ce parasitisme par le grand commerce pécuniaire et la banque, par l'usure sous toutes les formes, par le monopole de l'achat des produits agricoles, par le crédit accordé aux buveurs d'alcool, par l'acquisition à vil prix des biens des débiteurs. Evidemment, ce parasitisme, quelque grave qu'il fût, ne pouvait justifier ni l'expulsion des juifs établis depuis longtemps dans le pays, ni l'inaction des gouvernements qui souffraient les excès populaires et l'agitation fomentée par les meneurs, agitation qui tendait à proscrire les juifs, à les »boycotter", à les forcer moralement d'émigrer ou de prendre la fuite. On pouvait leur défendre la vente des boissons spiritueuses , la profession de banquier et de changeur , tout