‹ L'Egypte et l'EuropeChapitre 30 sur 85 · XXXIX · texte numérisé non relu

XXXIX

>o) XI. 92: »le miséricordieux, Taimant"; LXXXV. 14: srindufgent , l'aimant.

l'islam. 411

Dieu yeai le bien de Ses senritears. Si yoqs aimes Dieu, Dieu yoxiB aimera et tous pardonnera vos péchés .... en vérité Dien n'aime pas les infidèles ^).

En effet , le koran , comme la bible , distingue les fidèles ou le peuple de Dieu , des infidèles et des méchants qui Lui résistent; ceux qui hériteront la béatitude éternelle, de ceux qui seront précipités dans l'enfer. Ni le koran, ni la bible ne pouvaient donc attribuer à Dieu un amour indistinct pour tous les hommes. Il faut excepter seulement l'amour suprême qui s'est manifesté dans l'oeuvre de la rédemption , et qui se rapporte à la postérité d'Adam , à toute Vespèce humaine, et non aux individu^ *). Le koran, auquel la rédemption est complètement inconnue, ne pouvait contenir aucune trace de l'amour qui a décrété et accompli l'incarnation et la passion. Mais la bienveillance de Dieu pour les hommes individuels n'en est pas moins abondamment exprimée dans le koran. Ainsi le livre du prophète donne très souvent à Dieu les épithètes d'indulgent et d'enclin au pardon ou aimant à pardonner; et il recommande aux hommes d'avoir confiance en Dieu. On ne peut donc lui reprocher de négliger l'amour de Dieu pour les hommes, à moins qu'on ne désire attribuer à Dieu , pour chaque individu humain , une tendresse sentimentale qui est aussi peu évangélique que koranique.

}>Cependant, dit-on, l'amour de Dieu est exprimé spé- paternité cialement par la ^paternité" attribuée à Dieu par rapport aux hommes dans les paroles mêmes de Jésus; le koran ne dit jamais aux hommes qu'Allah est leur père qui est aux cieux." Cet argument contre l'islam a surtout été

1) m. 29. — De môme S. Jeen, èv. XVI. 27. «Car le Père Lai-mâme vous aime parce que vous M'avez aimé." XTV. 2J.: sSi quelqu'un Vaime, il gardera Ma parole, et Mon Père Taimera."

*) Dieu a tant aimé le mande qu'il a donné «cm FiJiB iiai<ltte 9te. S. Jean UI. 17.

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exploité par un protestantisme sentimental qui aime à ^humaniser" Dieu et à faire de la religion chrétienne une religion où domine la tendresse.

Il est vrai que Dieu n'est jamais appelé père dans le koran , et que cette qualité lui est emphatiquement refusée par rapport à tout être créé. Le koran nie le fils de Dieu des chrétiens et les filles de Dieu^) des arabes. Il distingue nettement la paternité de la création, La paternité qu'il repousse, n*est pas une image; c'est la relation de la paternité naturelle et humaine ou une relation de même nature. y>Dieu, dit-il, n'engendre pas." Les termes ^Dieu père'* et »enfants de Dieu" lui sont donc odieux, et il ne pouvait accueillir ces termes dans un autre sens métaphorique. — La paternité de Dieu par rapport aux hommes est dans la bouche de J.-C. , selon les trois premiers évangiles, une simple image. Cette image n'indique pas une tendresse humaine, telle qu'un père terrestre peut la ressentir pour ses propres enfants à l'exclusion et même aux dépens des enfants d'autrui. En effet, une pareille tendresse ne peut être attribuée à Dieu pour ses créatures. Il y a dans l'affection qu'un père porte à ses enfants, un particularisme, une part d'égoïsme inapplicable à Dieu; et la tendresse paternelle est un sentiment trop humain pour le Créateur de l'univers. Cette tendresse est en outre incompatible avec la condamnation aux peines éternelles de l'enfer. L'affection du père terrestre pour ses enfants ne lui permet de les punir que pour leur bien et d'une peine peut-être douloureuse mais en tout cas salutaire et passagère. Dieu est juge et punit pour faire justice^ il frappe le pécheur et l'infidèle, non pour leur bien, mais pour les faire ' souffrir éternellement. — L'image du père céleste n'exprime en effet que l'action créatrice de Dieu

') Qualification donnée à des divinités féminines à l'effet de les subordonner à Allah. V. ci-de680U8.

par rapport à rhomme^). C'est le sens qu'on trouve chez le prophète Malachie*): »N 'avons nous pas tous un seul pèreT Un seul Dieu ne nous a-t-il pas créés?'* Dans ce même sens le dieu suprême des grecs (Zeus) était appelé »père des dieux et des hommes'' ; et Jupiter ou Diespiter *), le nom du dieu suprême des romains, signifie Dieu-père. De même AUvater, c-à-d. le père de tous les êtres, était un surnom d'Odin. ou Wodan , le dieu suprême des Scandinaves et des germains. — L'image du père céleste se trouve dans les trois premiers évangiles, non dans le quatrième. Dans ce dernier évangile Jésus parle incessamment de »mon père"-, »le père qui m'a envoyé", et dans le même sens J>\e père". Jamais il n'y appelle Dieu »le père des hommes"*). Cet évangile, à la différence des trois premiers, enseigne que Jésus est le fils de Dieu, non simplement dans le sens messianique, mais dans le sens bien plus élevé de })la Parole qui a été éternellement au sein

') Gomp. Deutéronome XXXII : 6 »0 peuple insensé, Dieu n*est-Il pas ton père qui t*a acquis? Ne t'a-t-U pas fait et établi?

^) De même Dyaushpitar dans les Védas.

*) Ni 9Votre père qui est aux deux," ni »notre père'* ni «votre père céleste*'. — Au contraire dans le chap. VIII de S. Jean ce sont les juifs rebelles à la prédication de Jésus qui affirment que Dieu est leur père, et c'est Lui qui évite de confirmer cette affirmation. En effet, les juifs ayant dit «Abraham est notre père" (39), et ensuite «nous ne sommes pas des enfants bâtards, nous avons un père, (savoir) Dieu" (41), Jésus leur répond «si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham" (39), et «si Dieu était votre père vous M'aimeriez" (42), et «votre père c'est le démon dont vous voulez accomplir les désirs" (44). Evidemment les juifs nommaient Dieu leur père dans ce sens que, comme tous les enfants d'Adam, ils descendaient de Lui, le créateur du monde et de l'homme. Dans ce même sens Adam est nommé -(fils) de Dieu dans la généalogie de S. Luc III. 38. Jésus nie qu'Abraham et que Dieu soit le père des juifs, mais en donnant un autre sens à la même image, le sens de la ressemblance et de rexemple qu*on suit: «Abraham et Dieu, dit Jésus aux juifs, ne sont pas vos pères, ou vous n'êtes pas leurs fils, parce que vous ne faites pas leurs œuvres; le démon est votre père, car vous &ites ce qu^ désire". Dans le verset 38 Jésus oppose emphatiquement mon |>ére,c.-à.-d. Dieu, à votre père y c.-à.-d. le démon.

du Père et qui est le Fils unique de Dieu" i). Cette paternité suprême de Dieu à l'égard de Jésus étant mise en relief, l'image de la paternité du Créateur par rapport aux hommes devait être écartée ; et le titre d'enfants de Dieu ne pouvait* être accordé qu'à ceux qui croient au nom de Jésus , parce qu'ils sont j>nés de Dieu*\ et non ï)du sang" , ni »de la volonté de la chair" , ni »de la volonté de l'homme", c-à-d. parce qu'ils ont la volonté d'accomplir celle de Dieu*). Lorsque l'église établit le dogme 4e la Trinité, l'image du père fut réservée à la première personne seule, tant dans le sens de la paternité suprême à l'égard de Jésus, que dans celui du pouvoir créateur. En efifet, selon la théologie chrétienne l'attribut du Père est la puissance qui crée et domine, celle du Fils la sagesse, celle du Saint-Esprit l'amour. Vimage évangélique de la paternité créatrice appliquée à Dieu considéré dans son unité, devait donc être mise à l'écart dans l'église par Vimage du Père et du Fils , membres de la Trinité divine ; et il n'y fut question d'une tendresse paternelle pour les hommes, ni quant à Dieu le Père, ni quant au Saint-Esprit, ni quant à Dieu considéré dans Son unité. — Remarquons encore que les protestants sentimentaux ont exagéré l'importance de l'image du père céleste dans les trois premiers évangiles. Dans tout l'évangile de S. Marc on ne la trouve que dans un seul passage s); dans celui de S. Luc. on la rencontre quatre fois*). Elle serait rare même dans l'évangile de S. Matthieu, si elle n'abondait dans le discours

') s. Jean I. i— 48.

') S. Jean I. 12/43. Gomp. ]a noter précédente.

') S. Marc XI. 25. 26: votre père qui est aux deux.

^) S. Luc VI. 36: votre père; XI. 13: votre père céleste; XU. 30. 32: votre père; XL 2: père (dans l*oraison dominicale, au lieu de »notre père qui es aux cieux'' dans S. Matthieu). Fus de Dieu est dit des hommes dans un autre sens VI. 35: >fils du Tr^-haut, qui est bienfaisant, par la hienfrîsance", et XX. 80: aaiu ciel ils seront fils de Dieu, étant fils de la réaurreclion."

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de la montagne^). — Le père céleste des trois premiers évangiles et notamment du sermon sur la montagne, est donc en résumé une simple image indiquant que Dieu est j>le Créateur du monde et des hommes , Celui qui gouverne tout et qui pourvoit à tout, Celui qui prodigue ses bienfaits à toutes les créatures et qui est bienfaisant pour les ingrats et les méchants *) , Celui qui vêt les lis des champs et nourrit les oiseaux du ciel, Celui dont la bonté et rimpartiale bienveillance fait luire Son soleil et descendre Sa pluie sur les justes et les injustes, même sans qu'ils le demandent, et qui en outre donnera largement à tous ceux qui lui demandent Ses dons ^)" — ce qui ne L'empêche pas d'être juge et de frapper, au jour du jugement, les méchants et les incrédules des peines étemelles de l'enfer.

Oh a reproché au koran de prodiguer les menaces de terrorisme l'enfer et de vouloir convertir les hommes par la terreur. — Il est vrai que l'abîme, le feu et les tourments de l'enfer, y reviennent bien souvent, et que sous ce rapport la lecture suivie en fait une impression désagréable sur le lecteur non musulman. Remarquons cependant que les menaces et les descriptions de l'enfer sont si fréquentes dans le koran parce que -ce livre reflète les luttes incessantes du prophète contre l'idolâtrie et l'incrédulité. Ces luttes excitaient son indignation et sa colère contre ceux qui étaient rebelles à sa prédication; elles nourrissaient sa conviction que l'enfer seul pourrait faire quelque impression sur

1) Sermon snr la montagne Y. 16. 46. 48; VI. 1. 4. 6. 8. 9. 14. 15. 18. 26; VIL 11. Autres passages: X. 20. 29; XVHI. 14; XXIH. 9. Excepté dans ledit sermon, les paroles »Mon père, Mon père céleste, Mon père qui est aux cieux'', relatives à J.-O., sont employées bien plus fréquemment dans S. Matthieu que celles qui expriment Ik, paternité de Dieu quant aux hommes. «Leur père" dans XIII. 43, se rapporte aux justes, non aux hommes en général. Ceux qui font la paix (V. 9) sont appelés « fils de Dieu*' dans Je sens de ^faisant la volonté de Dieu".

^ S. Luc VI. 35.

») S. Matthieu VH. 7. 11.

leurs âmes aveugles et endurcies. Il était douce porté sans cesse à leur montrer en perspective la réalité terrible de la justice divine. Il faut ajouter que ce terrorisme du koran n'assombrit pas l'islam aux yeux des musulmans, parce que toutes les colères du livre sacré sont déversées sur les têtes de ceux qui sont rebelles à l'islam et à la prédication du prophète, et n'atteignent donc pas les populations musulmanes qui peuvent contenir beaucoup d'injustes, mais où il n'y a guère d'incrédules. Du reste, les chrétiens qui lisent d'Une manière suivie les trois premiers évangiles trouveront que dans les paroles mêmes de Jésus ))le feu éternel, la géhenne du feu, la fournaise du feu, le supplice de la géhenne, les fils de la géhenne, les tourments de l'enfer, le ver qui ne meurt point et le feu qui ne s'éteint point, les ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et des grincements de dents" sont mentionnés plus souvent , et que les imprécations et les menaces terribles dirigées contre les scribes et les pharisiens, les villes incrédules et la génération contemporaine, sont beaucoup plus fréquentes , qu'un christianisme sentimental n'aimerait à le croire. La »colère à venir" n'a pas seulement été annoncée par Jean Baptiste, et le dies irae du moyen âge est évangélique. Reconnaissons que d'après le koran comme d'après l'évangile, pour les musulmans comme pour les chrétiens. Dieu n'envoie les hommes en enfer que par justice et non parce qu'il est un maître terrible qui se plait à les faire souffrir. Au contraire, selon le koran. Sa bonté Lui fait retenir les hommes sur le bord de l'abîme infernal, et le pécheur peut appeler toujours de Sa justice à Sa grâce et à Sa miséricorde, mifléricorde La miséricordc de Dieu tient plus de place dans le koran et dans le monde musulman que dans les évangiles et dans le monde chrétien. Dans les paroles de Jésus mentionnées par S. Marc, S. Luc. et S. Matthieu la miséri-

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corde divine n'est que rarement mentionnée ^). Le koran , au contraire, mentionne la miséricorde de Dieu plus souvent que tous Ses autres attributs. Il appelle emphatiquement le Créateur le Miséricordieux et le Dieu de miséricorde. Chaque soura (révélation distincte) commence par les paroles »au nom de Dieu, de Celui qui fait miséricorde (d Ums)^ du Miséricordiet/o:" *). »Dieu, dit le koran, s'est prescrit la miséricorjjie" (envers tous ceux qui n'en sont pas indignes). ^) Dans la soura qui raconte l'histoire de Joseph, Jacob dit à ses fils*): })enquérez vous de Joseph et de son frère (Benjamin) , et ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu , car il n'y a que les incrédules qui désespèrent de la miséricorde de Dieu". — Cette différence des textes sacrés s'est réfléchie dans l'histoire des deux religions. Les sectateurs et surtout les comtemporains du prophète ont été fortement impressionnés par les peines infernales qu'il n'avait cessé d'annoncer. Mais la terreur de l'enfer n'a jamais été aussi grande dans le monde musulman qu'au sein du christianisme, parce que la miséricorde divine occupait plus de place dans l'imagination religieuse des musulmans que dans celle des

0 Dieu 9est miséricordieux" (S. Luc VI. 36). S. Matthieu rapporte que Jésus fut ému de compassion à la vue des troupes (IX. 36). D est dit que miséricorde sera faite aux miséricordieux (S. Matth. Y. 7). La miséricorde et le pardon des offenses de la part de l'homme est la condition du pardon de Dieu (S. Marc XI. 25/6, S. Matth. VI. 12, S. Luc XL 4). - Les paroles inimitables de Jésus sur Sa mission qui consiste à appeler au repentir les pécheurs, et à sauver ce qui est perdu (S. Matth. IX. 13, XVHI. 11), les paraboles de la brebis égarée, du bon pasteur et du fils prodigue, de la joie que la conversion d'un pécheur produit au ciel, ne contiennent pas l'expression précise de la miséricorde de Dieu.

^ Errahm&n, errahlm. On peut rendre ces termes en allemand par ilUerbarmer et ErbarmungsvoU (merciful).

•) VI. 12 et 54.

^ Xn. 87.

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chrétiens. Le musulman dit avec confiance^) j^Dieu est miséricordieux". Il aime surtout à prononcer ces paroles à propos du sort futur et inconnu d'un décédé. Le chrétien s'est toujours adressé sans crainte à la Sainte Vierge qui est pleine de grâce; mais Dieu ne lui a pas inspiré la même confiance. On a fait retentir dans la chrétienté le cri de ^miserere, kyrie eleison, hâve mercy on us, veuille avoir pitié de nous". On loua même Sa miséricorde et on L'appela miséricordieux, en invoquant Sa clémence et en implorant le pardon des péchés; mais l'image de la miséricorde de Dieu restait obscurcie et affaiblie par celle de Sa justice terrible *).

Le fait que la miséricorde de Dieu prédomine dans le koran et dans le monde musulman, a une grande importance. Cette miséricorde mitigé l'épouvante de l'enfer. Elle rend l'islam moins sombre en y introduisant un élément de consolation qui tend à remplacer »la rédemption chrétienne opérant la possibilité du salut", et même la distribution des moyens de salut dont dispose l'église catholique. — Remarquons encore que la miséricorde est un sentiment de Dieu , semblable à une émotion de l'âme humaine. Ce n'est pas une qualité divine qui, comme la justice et la bonté, se manifeste régulièrement et froidement, ainsi qu'une loi édictée par un monarque juçte et bon mais ne pouvant s'intéresser au sort individuel de ses millions de sujets. La miséricorde de Dieu parle au

0 Cette confiance est très bien exprimée par les paroles suivantes, faisant partie des prières de minuit prononcée par les muezzins des grandes mosquées du Caire (selon Lane) : »0 Seigneur , c'est Toi qui ne cesses de Te distinguer par Ta miséricorde, Tu prodigues Ta clémence à ceux qui Te résistent .... Mes péchés sont nombreux , mais la miséricorde de mon Seigneur est plus abondante que mes péchés ; je . ne me soucie pas du bien que j'ai fait, mais je suis soucieux de la miséricorde de Dieu".

^ La terreur de cette justice est bien exprimée par la figure terrible du Gbrist-Juge que nous présente au sortir du moyen âge Micbel^Ânge dans sa composition du jugement dernier dans la chapelle sixtine du Vatican.

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coeur de Thomme, l'attire vers Dieu, rapproche Dieu de lui, lui rend Dieu plus sympathique. Sous ce rapport la miséricorde difière essentiellement de la tendresse paternelle pour les individus, laquelle est incompatible avec la grandeur infinie du Créateur, non moins qu'avec Sa justice qui livre une partie des hommes aux peines infernales. L'Être Suprême peut au contraire prendre en pitié la misère de Ses créatures. Plus II est grand, plus II peut compatir au sort de chaque homme, au moins parmi ceux qui ne sont pas orgueilleux et rebelles mais humbles de coeur et disposés au repentir. En même temps le sentiment de la compassion est parfaitement compatible avec la justice; et la grâce qui en découle, loin d'être exclue par la justice divine, en .est la compagne naturelle. Aussi l'homme comprend et accepte de tout son coeur la miséricorde de Dieu , tandis que Sa tendresse paternelle reste pour lui une phrase, à moins qu'il ne soit infecté de la sentimentalité moderne qui rapetisse Dieu pour le mettre au niveau de ses créatures humaines.

Le koran , dit-on , néglige la sainteté et toute la nature Mûnteté morale de Dieu. — Il est vrai que la sainteté — c'est-àdire la pureté morale — de Dieu n'est pas souvent mentionnée dans le koran ^). Mais elle ne Test pas davantage dans les paroles évangeliques de Jésus*). En tout cas, le koran appelle Dieu le Saint; et »le Saint" est l'un des 99 noms de Dieu dans l'islam. D'ailleiu*s la mention de la sainteté de Dieu n'était pas indispensable , 1^. parce qu'il ne pouvait être question d'attribuer des convoitises humaines, soit à Allah, soit au Dieu des évangiles, et 2°. parce que la sainteté et la nature morale de Dieu se manifestent , selon le

1) UX »Dieu est le roi, le saint, le pacifique, le fidèle etc" et LXH. 1 iDieu, le roi, le saint, le puissant, le sage".

^ P. ex. S. Matth. Y. 48 »Soyez donc parfaits, comme votre Père qui Mt aux GÎeux, eet parfaiU'\

koran et selon le nouveau testament, dans la sévérité de la morale qui est imposée aux hommes, et de la justice qui sera exercée au jour du jugement. — Cependant on a produit contre Allah des charges d'immoralité. On a dit 3»le Dieu de Mohammed est jaloux et vindicatif. Mais les passages qu'on allègue^), affirment seulement que Dieu est vengeur, et que la vengeance Lui appartient. Or la vengeance de Dieu comme Sa malédiction, signifie l'exercice de Sa justice. Jéhovah aussi dit: »C'est à Moi qu'est la vengeance". — » Allah, a-t-on ajouté, est habile et plein d'artifices, et se plaît à tenter lui-même les méchants en leur accordant beaucoup de biens et de jouissances durant une longue vie." Les passages allégués*) ne justifient nullement cette accusation. Le koran dit que »si les hommes complotent, Dieu est plus fort qu'eux, et qu'il est le meilleur des conspirateurs". Peut-on méconnaître que c'est là une façon de parler au figuré, et qu'on emploie une figure analogue quand on dit, dans le style biblique, que Dieu déjoue les complots ou les machinations de ses ennemis? Quant au plaisir que Dieu prendrait à accabler de biens les méchants pour les tenter d'autant mieux, voici ce que dit le koran 3): ))Quant à ceux qui traitent Notre révélation de mensonge, Nous les perdrons graduellement, par des moyens* qui leur sont inconnus; (si même) Je prolonge leurs jours. Mon projet n'en sera pas moins accompli." 11 n'y a pas trace de tentation dans ce passage. — On a dit enfin qu'Allah » manque de pureté en ce qu'il permet à son prophète *) et aux autres fidèles des choses répréhensibles. » Ainsi, dit M. Hauri^), il vau-

1) K. m. 3, V. 96, XIV. 48.

2) K. m. 47, vn. 182, vm. ao.

») vn. 181/2.

^) V. ci-dessous quant aux faveurs accordées au prophète en matière de mariage.

') Der Islam p. 45/6 M. Hauri doit avoir en vue FV. 29. 30, permettant

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drait mieux ne point épouser des femmes esclaves, mais le koran le permet parce que Dieu est indulgent et miséricordieux." C'est tourner contre Dieu une concession faite à la faiblesse humaine. Le koran fait ressortir plusieurs fois que Dieu est indulgent et n'applique pas à l'homme la mesure de Sa propre sainteté. Il s'ensuit que la loi ne défend pas toujours ce qu'une morale sévère ou idéale repousse. C'est ainsi que Jésus-Christ condamne, au point de vue de Sa morale sévère et idéale, la répudiation de la femme, permise dans la loi mosaïque; et II ajoute que cette permission, qu'il ne blâme pas au point de vue légal, a été donnée par Moïse, c'est-à-dire par Jéhovah, à cause de la dureté de coeur des fils d'Israël ou des hommes en général.

On a reproché au koran d'ignorer les rapports intimes ^) apporta entre l'homme et Dieu qu'enseigne le christianisme. Le ™'™®* reproche vient d'un sentimentalisme chrétien qui s'est produit surtout parmi les protestants , et plus encore d'une tendance qu'on peut appeler méthodiste ^) ^ et qui consiste à changer les rapports intimes en relations familières. Les

à celui qui n'a pas les moyens d'épouser une femme libre, d'épouser l'esclave cPatUrux avec la permission de son maître. M. Hauri suit une interprétation qui igoute que cependant il vaut mieux s'abstenir d'un pareil mariage, mais que Dieu est miséricordieux. Mais la bonne interprétation est que le mari de l'esclave fera mieux de lui remettre la peine de son adultère, de lui faire miséricorde à l'exemple de Dieu. (V. ci-dessous).

') Le koran connatt l'opération surnaturelle et extraordinaire de Dieu • (du Saint-Esprit dans le christianisme) dans l'âme humaine. C'est ce qu'il appelle ^direction". »Dieu guide les hommes vers Lui ou dans la voie du salut", n faut bien distinguer cette opération des ^rapports intimes" et de la i»communion de vie entre Dieu et l'homme". (V. p. 402 ci-dessus).

') Le nom de i»méthodisme" étant appliqué à l'orthodoxie protestante populaire, inaugurée par Wesley et répandue sur le continent européen** comme dans le royaume uni et en amérique. Cette religion populaire, tort différente du piétisme aristocratique, se distingue 1*^ par ses idées sur la conversion et l'acquisition du salut, 2^ par la familiarité et la vulgarité des relations qu'elle établit entre dieu et Thomme, S^ par une stupide bibliolâtrie.

chrétiens de cette trempe méconnaissent la petitesse, la .nullité de l'homme et la grandeur infinie du Créateur. Ils refusent d'adorer Dieu, de Lui rendre un culte, de s'effacer devant Lui. Ils l'abaissent donc à leur niveau et appellent la prière un entretien de l'homme avec Dieu, quoique dans ce prétendu entretien ils soient les seuls interlocuteurs 1). Ils font de Dieu un confident auquel ils exposent tous les détails insignifiants de leur existence, comme si pour Dieu même il n'y avait rien de plus important; et au lieu de se remettre à Sa providence, ils L'obsèdent de leurs demandes. La prière méthodiste est vide d'adoration et pleine d'indiscrétion; et elle adopte les formes les plus vulgaires, les plus irrespectueuses, les plus révoltantes, mais agréables aux classes populaires, y compris la petite bourgeoisie.

Les prières musulmanes abondent souvent en paroles et en répétitions ; mais on ne peut leur reprocher d'être irrespectueuses quant à la forme et indiscrètes quant au fond. Elles sont en grande parties laudatives et adoratives, et elles contiennent des professions de foi. Les demandes qu'elles renferment ont pour objet la bénédiction de Dieu, le pardon des péchés, la clémence divine, le jugement et la vie future, et non les biens de la vie présente. —

1) >L*eBtretien avec Dieu" est le revers de Foraison dominicale. En effet, cette prière (selon la version complète de S. Matthieu) commence par Texpression d'aspirations qui concernent Dieu et non celui qui prie; elle finit par l'adonition; et elle ne contient que trois demandes fort générales, sobres, humbles et ne renfermant aucun détail personnel. La première demande est la seule qui se rapporte aux biens de ce monde , mais elle est plutôt négative que positive, puisque le sens en est: duous ne Te demandons ni richesses, ni jouissances matérielles; tout ce que nous souhaitons b'est notre pain quotidien; car s'il venait à nous manquer, nous crierions à Toi dans notre faiblesse". La deuxième demande a pour objet le pardon des péchés, mais elle est conditionnelle: "bcomme" c.-a.-d. nsi nous pard(Hinons aux hommes*'. La troisième demande est éminemment humble et discrète, puisque le sens en est: »que les tentations du monde et les inspirations de l'esprit malin ne viennent pas augmenter notre misère".

La discipline extérieure de la prière musulmane avec sa complication d'attitudes et de mouvements est contraire aux traditions des européens. Néanmoins, qu'ils soient chrétiens ou incrédules, il leur est difficile de ne pas être impressionnés par le sérieux et la ferveur, par le recueillement et le respect profond que manifestent les musulmans en prière ^). Voilà bien , se dit-on , la véritable prière , un maximum d'adoration, un minimum de demandes et un effacement complet devant Dieu; c'est ainsi qu'il sied à l'homme de s'adresser à son Créateur.

Un autre reproche s'associe à celui du défaut de rap- ewiaves ports intimes. »Dans le christianisme, dit-on, les hommes sont fils ou enfants de Dieu. Dans l'islam ils ne sont que les esclaves d'Allah". — Il est vrai que le koran appelle Dieu seigneur et les hommes ses serviteurs tout comme l'ancien testament. Mais ces termes expriment une image empruntée, non à l'esclavage des nègres en amérique, mais à la servitude bien plus humaine de l'orient. Le nouveau testament d'ailleurs n'a nullement répudié les termes de seigneur*) et de serviteur®); et l'usage s'en est conservé dans l'église. Nous avons vu que l'image du père céleste désigne la paternité créatrice de Dieu, et que celle des enfants de Dieu désigne ceux qui croient en

0 Dans un livre récent sdas alte, christliche und heutige Aegypten, Budapest, 1880 par T. B." (qui porte cette dédicace singulière »à la sainte famille qui a fait le pèlerinage en égypte") Tauteur, un R. P. jésuite, catholique fervent et nullement favorable à l'islamisme, s'exprime ainsi: sEs machte auf Uns imroer einen feierlichen Eindruck , wenn beim Eintritt einer der tâglichen Gebetszeiten , alte und junge Musulmânner, tvo ne sich eben hefanden, sei es auf dem Verdeck des SchifTes, oder in der Wûste, oder in einen Palmenhaine, niederknieteu und andàchtig heteteni

*) Ce terme est appliqué à Dieu et plus encore à Jésus-Christ. Les évangiles de S. Luc et de S. Matthieu appellent Jésus le Seigneur dès après Sa résurrection.

') V. p. ex. Apocalypse L 1, S. Jude L 1, II. S. Pierre L 1, S. Jacques L i, ép. à Tite L i, aux Philippiens l, 1, aux Romains L d: iserviteur de Dieu et de Jésus-Christ".

Lui el font Sa volonté. Elles n'excluent donc nullement les images qui appellent Dieu î&Seigneur" et l'homme »serviteur de Dieu". Cette dernière image indique celui qui sert Dieu en L'adorant et en vivant selon Sa loi morale. Elle est bien choisie pour exprimer la soumission volontaire de Thomme à son Créateur. Le chrétien n'est pas tenu de ^craindre" Dieu, mais il doit toujours Le »servir". — L'accusation que le koran représente l'homme comme esclave de Dieu et Dieu comme un despote arbitraire , ne trouve aucun appui dans les 114 souras du livre sacré. Elle a été inventée par des personnes qui connaissaient mal le koran.

Ce qui précède sert déjà de réponse provisoire à la fable qu'Allah est un dieu lointain.

Le reproche qu'ÂUah est un dieu lointain qui ne peut satisfaire les besoins du coeur religieux, n'est nullement fondé, comme il résulte déjà de ce qui vient d'être dit sur la providence et la miséricorde de Dieu^).

Eschatologie.

Le second dogme de l'islam embrasse la résurrection, le jugement dernier, le paradis et l'enfer.

Comm^ Jésus dans les trois premiers évangiles , le koran ne dit rien sur l'état intermédiaire des âmes entre la mort et le jugement dernier. — Il déclare comme Jésus, que le jour de la résurrection et du jugement est connu de Dieu seul.

Le koran ne contient sur le jugement dernier que peu de détails. Ces • détails s'adressent à Timagination popu-

>) Le reproche a été inyenté par des ennemis de Tislam qui ne oonnaissent que superficiellement le koran. B est permis de regretter que M. Kuenen (dans ses Hibbert lectures p. 44), où il est dit que le Miséricordieux n'en est pas moins »a god afar ofT", se soit fait Tédio de cette fable.

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laire et sont de pures images pour ceux qui savent comprendre sans métaphores. Il est dit, par exemple, que toutes les actions des hommes , bonnes et mauvaises , seront pesées dans une balance, et qu'à chacun sera remis un livre où toutes ses actions sont notées, aux bons dans leur main droite, aux méchants dans leur main gauche. De même, Jésus prédit, selon S. Matthieu (XXV), qu'au jugement dernier il mettra les justes à Sa droite, les maudits à Sa gauche, et qu'il s'adressera, d'abord aux justes, ensuite aux maudits; et d'après l'apocalypse les morts seront jugés selon leurs oeuvres écrites dans les livres. — Le koran est riche en détails sur les phénomènes terribles qui précéderont et annonceront la fin du monde actuel et le jour du jugement. Il faut dire la même chose des paroles de Jésus dans les trois premiers évangiles. — Il est vrai qu'au contraire Jésus donne beaucoup moins de détails sur l'enfer et le paradis que le koran. Mais il ne faut pas oublier que les descriptions multipliées et variées du séjour et du sort des bienheureux^) et des damnés dans le koran s'adressent à l'imagination populaire et n'ont aucunement la prétention de peindre fidèlement la réalité matérielle du paradis et de l'enfer. Sans doute , le prophète s'est représenté l'enfer et le paradis comme des localités réelles et matérielles; et il faudrait nier la résurrection pour pouvoir faire abstraction d'un futur s^our des morts. Il faut admettre aussi que dans son pays, qui est l'empire du désert, il n'a pu se représenter le séjour des bienheureux que comme ou sous l'image d'un jardin , d'un Eden ; image d'ailleurs traditionnelle dans l'orient , tout comme celle du fèu infernal. Mais

') Les détails koraniques sur le paradis sont beaucoup plus riches que ceux sur Tenfer. Néanmoins, ils restent bien en deçà de la description minutieuse de la cité des bienheureux ~ la Jérusalem céleste - dans les deux derniers chapitres de Tapocalypse.

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les détails fort variés de ses descriptions n'avaient aucune valeur dogmatique et n'ont été choisis que pour bien dépeindre la plus grande félicité et les plus affreuses douleurs. D'ailleurs beaucoup de traits ne sont palbablement que des images arbitraires. Par exemple , le mur qui sépare le paradis et l'enfer, et la conversation qui s'engage entre les habitants de l'enfer, ceux du paradis et les personnes de condition intermédiaire qui se trouvent placées sur le mur de séparation^); tandis qu'ailleurs l'enfer est représenté comme situé dans un lieu plus bas que le paradis, de telle sorte qu'il est possible aux bienheureux de voir ceux qui sont en enfer et de leur parler ^). Ajoutez la blancheur des faces des bienheureux et la noirceur des faces des damnés; l'enfer qui est interrogé par Dieu et qui répond; les yeux, les oreilles et la peau des méchants qui parlent et rendent témoignage contre eux.

Cependant on a reproché au koran la sensualité de son paradis et le caractère matériel des supplices de son enfer. Le reproche est injuste. D'abord il faut tenir compte des lieux et des temps et des auditeurs arabes auxquels Mohammed s'adressait. Les divers tourments infligés aux damnés rums semblent de mauvais goût, mais ils ne choquaient point l'auditoire contemporain ^). De même l'exubérance des plaisirs du paradis ne répond nullement à nos aspirations de

0 Vn. 41^49.

') XXXYII. 52/3. Dans la parabole dn riche et de Lazare il est dit que Fenfer est situé plus bas que le paradis, et qu'un grand abîme les sépare (Luc. XVI).

') Pour l*arabe la fraîcheur de Tatmosphére et de Tombre, Teau froide et pure, les fruits savoureux et rafraîchissants sont les plus grandes jouissances matérielles. Voilà pourquoi, pendant que le damné est dans les flammes et qu'une voûte de feu s*étend au dessus de sa tète, et que Teau bouillante est déversée sur son corps, et que l'ombre d'une noire fumée l'environne, et qu'un vent brûlant souffle autour de lui, il ne trouve à manger que des fruits amers, et à boire qu'une boisson fétide ou de l'eau bouillante qui lui brûle les entrailles et dont néanmoins il boit avidement.

félicité éternelle; mais elle était parfaitement adaptée au milieu où prophétisait Mohammed. En second lieu, les divers tourments ne sont au point de vue de la matérialité et de la cruauté que des accessoires insignifiants du »feu éternel"; et les jouissances du paradis, pour ne pas être spirituelles , ne sont aucunement grossières. Elles sont au contraires ^esthétiques" et même morales. »Les bienheureux porteront de beaux vêtements. Ils mangeront des viandes (d'oiseaux) et des fruits. Ils boiront de Teau ou du vin, mais en tout cas des boissons qui n'enivrent pas et ne causent aucun mal de tête ^). Ils auront des couches élevées ou de beaux sièges, des coussins, des tapis. 11 n'y aura au paradis ni chaleur ni froid; et les ombrages, les cours d'eau, les fruits y abonderont. La coupe de l'ivresse et toute intempérance en seront bannies". Les houris sont simplement »des vierges éternellement jeunes et pures, aux belles formes «) , aux grands yeux noirs et aux regards modestes". Au point de vue arabe, ce sont des femmes idéales dont la pureté du paradis ne souffre pas. Observons de plus que si dans ces descriptions poétiques du paradis, il semble n'être question que des hommes, auxquels des vierges pures serviront de compagnes, il est dit ailleurs que ))Ies hommes seront au paradis avec leurs /femmes, leurs enfants et leurs parents justes"^). Au reste des conceptions plus spirituelles et plus religieuses de la béatitude du paradis ne sont pas étrangères au koran. Il est dit que »le paradis sera un séjour de paix. Les bienheureux y recevront la visite des anges, qui y entreront

^) Le pasteur protestant Hauri allègue que la défense du ^in eet levée au paradis! Au contraire, il n'y aura pas au paradis de vin enivrant. Or c'eet à cause de Talcool qu'il contient , que le vin est détendu sur la terre et non à cause de sa bonne saveur.

*) >Au sein arrondi".

>) XL. 8, Xin. 23. Gomp. XLUL 70, XXXYI. 56. Suivant Hauri une polygamie illimitée est rétablie au paradis. l\ serait plue exact de dire qu'il n'y aura au paradis ni mariages» ni naissances*

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