‹ L'Égypte et la NubieChapitre 35 sur 41 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

(8) Le prixful fixé à i3 tallaris , et il ne se vendit sur place que 17, 5oo quintaux.

(9) Durant les années précédentes, le Pacha avait fixé un prix pour les cotons, et expédié en Europe . pour son compte , tout ce qu'il n’avait pu réaliser sur place. En 1827 et 1828 , il expédia toute la récolte pour son compte.

[io, 11 ne fut vendu que a6,25o quintaux au prix fixé de la tallaris. Le Pacha expédia le reste pour sod compte.

(n) Plus d’expédition pour le compte du Pacha , qui fixa le prix de 12 tallaris pour les cotons , et vendit tout sur place.

(1a) Le prix fut fixé à 10 tallaris îja, et toute la récolte vendue en Egypte.

(i5) Malgré la retenue de 26,250 quintaux, que le Pacha devait sur la récolte précédente, il vendit snr place au prix qu’il avait fixé de i5 tallaris 201,260 quintaux.

(r4) La récolte n’ayant été que de 56, 066 quintaux, fut insuffisante pour payer les 85,750 quintaux qu’il devait encore au commerce à la fin de la campa^ e précédente ; il n’y eut donc point de prix établi, et le Pacha ne vendit

rien ; mais les reventes entre les négocions curent lieu , et les cours en Egypte suivirent ceux d’Europe. On paya jusqu’à 28 tallaris 1^2 .

(i5j Le Pacha qui avait vu les maisons de commerce européennes réaliser d’énormes bénéfices sur ses cotons , pendant les trois années précédentes , a voulu profiler de ses avantages . et a décidé que dorénavant les cotons seraient vendus aux enchères publiques au fur et à mesure de leur arrivée à Alexandrie, par lots de 10,000 quintaux. Les premières ventes avaient donné une moyenne de 23 i[5 tallaris. Mais ce prix s’étant successivement élevé jusqu’à 3o 3[4, a dé* cidé le Pacha à réduire les 40,000 quintaux qui se consommaient annuellement dans ses fabriques, et où ils ne lui reudent que 25 tallaris. Ces prixélevés sont donc la cause de la plus grande quantité de l’exportation.

(16) On voit combien le commerce français d’Alexandrie est parvenu à diminuer le frêt. en employant des navires de a5o à 3oo tonn., etdes presses hydrauliques pour le pressage des balles. Le transport se fait toujours parbâtimens français.

(17) On peut évaluer les frais d’achat , d’expédition, etc. , à 20 fr. 67 cent, par quintal, rendu dans le port de Marseille . non compris le frét.

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DES HIEROGLYPHES.

Le système graphique de l’antique Egypte, de celte nation qui, jalouse de transmettre à la postérité le souvenir de ses institutions religieuses, de sa puissance et des grands événemens de son histoire, couvrit ses monumens d’innombrables inscriptions, a long-temps et vainement excité l’investigation des savons. Ce n’est pourtant, à proprement parler, que des premières années du siècle actuel que datent les véritables études égyptiennes. Les travaux successifs de MM. Silvestre de Sucy, A.ckerblad et Young, ont commencé à débrouiller ce chaos sur lequel les savantes et ingénieuses explications de Champollion sont venues jeter la plus grande lumière . L’étude des monumens originaux et la connaissance de la langue des anciens Égyptiens, conservée et écrite dans les livres coptes, en caractères grecs, a permis à ce savant, trop tôt et si malheureusement enlevé à la science, de donner enfin le mot de celle énigme, si long-temps et si inutilement cherché.

Il est hors de doute aujourd’hui que les Égyptiens usèrent de trois sortes d’écritures , l’écriture hiéroglyphique ou monumentale , l’écriture hiératique ou

Jl i

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sacerdotale , l’écriture démotique ou populaire v'i).

L’écriture hiéroglyphique ou sacrée se compose de signes offrant des images soit de corps célestes , d’hommes et d’animaux, soit d’armes, d’ustensiles et d’instrumens, soit enfin d’êtres fantastiques, créations étranges du caprice le plus bizarre, tels par exemple que des têtes d’animaux ajustées sur des corps humains ou d’animaux à tête humaine.

Chainpollion divise les hiéroglyphes en deux classes.

Les hiéroglyphes purs, c’est-à-dire présentant une image très soignée et complète des objets avec tous leurs détails.

Les hiéroglyphes linraiies , c’est-à-dire qui ne présentent qu’un croquis abrégé , bien que toujours spirituel, de ces mêmes objets physiques. — La plupart des manuscrits hiéroglyphiques sont linéaires.

On distingue quatre manières différentes dans la disposition des légendes hiéroglyphiques; mais cette différence dépendait moins du caprice que des formes et des dimensions de l’espace qui devait les recevoir. On les trouve écrites en colonnes perpendiculaires ou en lignes horizontales , se succédant de droite à gauche ou de gauche à droite.

En règle générale , les caractères figurant des êtres animés ont la tête tournée du côté oii l’inscription commence.

Les hiéroglyphes se divisent eux-mêmes en trois espèces essentiellement distinctes.

(1) Ces deux dernières soi tes d’écritures ne figurant presque exclusivement que sur les papyrus , nous nous bornons à les indiquer et à renvoyer le leclem aux ouvrages de Champollion.

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i° Les caractères figuratifs, c’est-à-dire les signesqui, par leur forme matérielle, offrent l’image réelle de l’objet dont ils doivent exprimer l’idée. Ainsi les Égyptiens , pour exprimer les idées homme, femme, cheval, barque, etc. , dans un texte hiéroglyphique, se contentaient de représenter un homme, une femme, un cheval, une barque.

Il faut aussi ranger parmi les signes figuratifs, des signes qui, sans offrir une représentation aussi précise des objets, les indiquent cependant d’une manière suffisante; tel est par exemple le plan ou la coupe d’un édifice employé pour exprimer maison , habitation.

i° Les caractères symboliques ou tropiques, c’est-à-dire les signes ou les images des objets physiques dans lesquels on crut trouver des qualités analogues à celles de l’objet intellectuel qu’on voulait exprimer. C’est ainsi que les parties antérieures d’un lion signifient la force; le vol de l’épervier, le vent ; le crocodile, la rapacité, etc. ; puis par synecdoque ou par métonymie, deux bras tenant un arc et un trait signifient bataille; une cassolette et des grains d’encens veulent dire adoration ; une palette et un pinceau rendent l’idée d’écrire.

II y avait encore dans les caractères symboliques des signes vraiment énigmatiques et tout-à-fait de convention : le scarabée était le symbole du monde, de la nature mâle, de la paternité; le vautour, celui de la nature femelle, de la maternité.

5° La dernière classe des caractèreshiéroglyphiques est nommée phonétique, c'est-à-dire exprimant des sons et des articulations des mots de la langue égyptienne ; ils représentent une lettre et forment un véritable alphabet : mais avec cette singulière combinaison qu’une voix ou

appendice.

une articulation avait pour signe l'image d’un objet physique , dont le nom , dans la langue parlée , commençait par la voix ou par l'articulation qu’il s’agissait d’exprimer.

Ainsi un aigle, en égyptien Akkôm , était le signe de la voyelle A; une cassolette, Ber Le , le signe de la consonne B ; une main , Tôt, celui de la consonne T; une chouette, Moula dj , celui de la lettre M.

Ce principe posé entraînait la faculté d’exprimer une voyelle ou une consonne par la représentation d’un objet dont les noms vulgaires avaient pour initiale, dans la langue parlée , la même voyelle ou la même consonne.

De là nécessairement la variété de signes exprimant les mêmes sons ou les mêmes lettres. C’est ainsi qu'on trouve sur les mêmes monumens l’articulation R rendue indistinctement par une bouche, en égyptien Ro , par une larme, Rmeié , ou par une fleur de grenade. Roman , parce que dans la langue égyptienne ces mots ont tous trois pour initiale l’articulation R.

L’emploi de ces signes divers . et cet échange continuel de caractères phonétiques, semble au premier abord devoir entraîner de grands embarras dans la lecture, mais lepriucipe immuable et rigoureux dont cette abondance de signes tirait son origine détruisait toute incertitude sur le son exprimé. D’ailleurs le nombre de ces signes synonymes, auxquels Chajrnpollion a donné le nom d'homophones, n’était pas si considérable qu’on pourrait le penser : Chainpollion n’en a pas reconnu plus de cent. Il évalue à mille au plus le nombre des caractères phonétiques.

Ensuite l’échange de ces signes n’était pas absolument facultatif , et les anciens Égyptiens avaient su tirer de

vppkndice.

cette foule de signes - images entièrement différens un avantage bien approprié au génie que leur prête l’antiquité , ce fut de symboliser une idée au moyen des caractères mêmes qui représentaient d’abord le son du mot, signe de cette idée dans la langue parlée. Les scribes devaient donc, pour écrire les sons principaux et toutes les articulations d’un mot, s’attacher à choisir parmi les divers caractères homophones qu’ils avaient la faculté d’employer, ceux dont la forme représentait le mieux les objets physiques en relation directe ou conventionnelle avec l’idée signifiée par le mot dont ces mêmes caractères servaient d’abord à exprimer la prononciation.

Ainsi , par exemple, ils auraient de préférence exprimé l’s du mot si ou ché, fils, par un œuf, parce que ce caractère représente un germe, une semence ( Slli); oîi par une oie, CHÉnalopex, parce que, dit Horapollon, ils avaient remarqué que cet oiseau aime beaucoup ses petits. Dans le nom propre phonétique du dieu Noub (le Chnubis des inscriptions grecques ), iis préféraient rendre l’articulation B par un bélier plutôt que par ses homophones, parce que cet animal était lui -même le symbole de Noub, qui, sur les monumens, en emprunte la tête; enfin dans les titres ou les noms impériaux romains, ils adoptaient de préférence l’aigle ( Akkôm ) pour la voyelle A, parce que cet oiseau était le symbole connu de la puissance romaine.

Ainsi que cela se pratique encore aujourd’hui dans les langues hébraïque, turque, arabe, etc., les Egyptiens, dans leur texte hiéroglyphique , se dispensaient d’exprimer la plupart des voyelles, à moins qu’elles ne fussent radicales ou initiales.

Sans chercher a pénétrer ici le motif qui a pu déter-

A PPEtS' DICIi.

3go

miner plusieurs peuples de l’Orient à supprimer les voyelles médiales dans leur écriture habituelle, on conçoit que la diversité des dialectes ou différence dans la manière de prononcer les voyelles d’un mot , ait fait dans l’origine attacher peu d’importance par ces peuples à l’expression des voyelles. Ces signes de voyelles ont une valeur tellement vague qu’ils se permutent presque indifféremment les uns pour les autres, un même caractère exprimant dans diverses occasions les voyelles b, Ê (I’h grec) ou i, et un autre les voyelles A, h, o ou a. Pour se convaincre de la vérité de cette assertion , il suffit de jeter les yeux sur les textes coptes thébains, c’est-à-dire sur les textes égyptiens écrits en lettres grecques : on y remarque encore la suppression habituelle de certaines voyelles médiales , et on y trouve aussi plusieurs mots écrits sans une seule voyelle et seulement avec des consonnes; enfin d’autres avec des voyelles différentes sans que leur sens en soit aucunement modifié (1).

Cette différence de dialecte s’est fait sentir, dans l’alphabet phonétique égyptien, jusque dans les consonnes, et explique pourquoi, dans notre alphabet (pl. III), le même signe représente à la fois deux lettres. Ainsi par exemple la consonne P (n) des mots du dialecte thébain, se change en Pli (cp) dans le memphytique; la consonne R (P), des mots thébains ou memphytiques devient L (A) dans le dialecte dit baschmourique.

Toutes les inscriptions hiéroglyphiques offrent un mélange continuel des trois systèmes figuratif, symbolique et phonétique , concourant chacun à l’expression

(l) Champollion, Précis du système hiéroçlyphyque , page 3ig

Al'PtiN IMCL.

des idées que l’écrivain voulait noter. Ainsi le nom du Pharaon, que ftlanéthon nomme Thothmo9is, se trouve rendu par un ibis perché sur une enseigne, signe figuratif du dien Thoth ( ou le premier Hermès auquel les Egyptiens attribuaient l’inappréciable invention des lettres), et par les signes phonétiques représentant les consonnes M et S. Souvent même le scribe était libre d’exprimer à son choix une idée par les trois méthodes diverses. S’il fallait, par exemple, mentionner le dieu Amuion,on pouvait le faire à volonté, ou figurativement, en traçant l’image du dieu Ammon, tel qu’il était représenté dans les temples de l’Égypte , c’est-à-dire en peignant un homme la tête surmontée de deux longues plumes; soit symboliquement, en peignant le bélier sacré , soit enfin phonétiquement , en employant les sons A IV1 N, qui constituent l’orthographe du nom de ce même dieu en langue égyptienne.

En général cependant, on peut remarquer que le caractère symbolique était plus spécialement affecté à l’expression des idées abstraites qui étaient du domaine de la religion et de la puissance royale; que les caractères figuratifs représentaient de préférence les objets physiques les plus usuels; enfin les caractères phonétiques exprimaient plus particulièrement les circonstances de temps, de nombre, de genre, de personne, en un mot les formes de la grammaire, et venaient au secours des systèmes figuratif et symbolique, quand ceux-ci étaient dans l’impuissance de rendre l’idée qu’on voulait exprimer.

Tels furent les élémens constitutifs fondamentaux de l’écriture sacrée des Égyptiens. Il ne saurait entrer dans le plan de cette courte notice de développer plus longue-

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ment les principes du système graphique de ce peuple; notre but unique a été de mettre le lecteur ou le voyageur à même de déchiffrer facilement les noms des princes qui figurent sur les monumens qu’on rencontre si souvent en Égypte. Il ne nous reste donc plus qu’à dire un mot des cartouches ou encudremens elliptiques contenant des noms et prénoms royaux de rois, de reines, d’empereurs, et en un mot de personnages qui ont exereé des droits de souveraineté sur l’Égypte. — Champolliou a démontré que les noms des simples particuliers sont écrits en lignes courantes dans les textes sans que leur nature phonétique soit indiquée par aucune marque distinctive.

Les cartouches sont généralement accouplés, soit placés l’un à côté de l’autre ou de suite horizontalement, soit verticalement l’un au-dessous de l’autre et séparés par un petit nombre d’hiéroglyphes. La figure seule du cartouche vide représente dans tous les textes l’idée du mot Nom ( Rem. )

Le premier des deux cartouches renferme, avec des titres honorifiques, le prénom royal ou dynastique du Pharaon, celui sous lequel il était inscrit dans les annales publiques. Une [idée religieuse domine toujours dans ce prénom composé de signes exclusivement idéographiques. Le prince y est assimilé au dieu Soleil : Soleil bienfaisant et gracieux ; Soleil gardien de la vérité , etc. Ce cartouche, qui commence toujours par le disque du soleil , est toujours surmonté d’un groupe de signes hiéroglyphiques (une abeille devant une plante et deux fragmens de sphère) qui, suivant Horapollon, signifient roi d'un peuple obéissant.

Le second cartouche est toujours surmonté d’une

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oie , abréviation de se ou ché , fils, et du disque, signe figuratif du soleil (fils du Soleil) (i) : il renferme le nom propre du roi qui peut aussi être accompagné de surnoms et de titres honorifiques : bien-aimé d'Ammon ( Maï- Ammoun) ; chéri du dieu Socharis et d’Osiris , etc. Ce cartouche éprouve souvent de nombreuses variantes dans les signes figuratifs, symboliques ou phonétiques qui le composent, et ces variantes auraient pu jeter de la confusion dans les noms , le même nom propre ayant été commun à plusieurs Pharaons : mais les prénoms royaux ou les premiers cartouches demeurant invariables, ces princes, quoique portant le même nom, ne peuvent être pris l’un pour l’autre.

(i) Le cartouche de Xerxès souverain de la Perse et maître de l’Egypte, est le seul qui se trouve dépourvu de ce titre. Cette différence, dit Champollion , s’explique aisément par la haine que les rois persans manifestèrent sans relâche contre toutes les religions , autres que celles de leurs prophètes Heomo et Sapetman-Zoroastre.

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