A (TOUT
%S PIMTKU.
de i5o à a5o de 600 à 800 de 5oo à 700 de 3oo à 400 de aSo à 3oo de i5o à soo
de a5o à Soo
H VUST&BS;
de 400 à Soo de z 000 à 1200 de 900 à 1000 de 600 à 700 de Soo à 600
de 400 à Soo.
de 1000 à I Soo I de 900 à zooo'
Ces dernières sont peu estimées des djellabs , parce qu'elles consomment davantage et que leur état exige plus de soins.
liberté moyennant une rétribution fixe qu'elles leur paient^ chaque mois, sur le produit de leur infâme métier.
Ces femmes occupent un quartier séparé.
Elles sont inscrites sur les registres du fisc; et l'impôt que le gouvernement prélève sur elles et sur les djellabs auxquels elles appartiennent, ne laisse pas que d'être considérable. On l'évalue à Syout à quarante mille piastres environ.
Les courtisanes ont à Syout et dans toute rÉgypte une organisation et des réglemens particuliers. Elles sont, comme tous ceux qui exercent quelque métier, réunies en corporation et reconnaissent un chef auquel elles obéissent. Ce chef les administre dans le plus grand intérêt de la communauté, et les envoie, souvent par détachemens, exploiter les principaux bourgs de la province, et surtout ceux où se célèbrent des fêtes de santon.
Deux nécropoles se pressent aux portes de Syout ; l'une, la nécropole antique, occupe sur un vaste développement le flanc de la chaîne libyque; l'autre remplit l'espace qui s'étend entre la ville et la montagne.
Après avoir traversé un large canal dérivé du Nil qui fertilise la plaine, on trouve , audelà de quelques jardins , une longue avenue de sycomores qui conduit aux tombeaux de
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Mamlouks. Chacune de ces sépultures se compose d'une enceinte de murs de quatre à cinq pieds d'élévation, construits en briques crues et surmontés de créneaux dentelés et travaillés k jour. Au milieu de cette enceinte s'élève ua petit édifice carré surmonté d'un dôme et destiné à couvrir les tombes. On compte plus de cent de ces dômes soigneusement peints à la chaux et d'une éblouissante blancheur.
En arrivant au pied delà montagne, on rencontre les premiers tombeaux de la nécropole antique, formée d'excavations qui s'élèvent par étages jusqu'à son sommet. Ces hypogées, presque tous fort dégradés et d'un trs^vail brut et irrégulier, servaient d'entrée à des salles inférieures où l'on descendait par des couloirs inclinés, aujourd'hui obstrués pour la plupart.
Toute la montagne est percée de ces grottes funéraires, dont plusieurs sont de vastes dimensions, et qui souvent communiquent avec celles qui leur sont contiguës. Les signes chrétiens qu'on trouve dans plusieurs d'entre elles, annoncent qu'elles ont servi d'habitation aux solitaires des premiers siècles.
Le plus remarquable de ces hypogées, celui qui se distinguait surtout des autres par la régularité de son travail et la prodigieuse quantité d'hiéroglyphes dont il était orné, se trou-
vait, quand nous le visitâmes, rempli d'ouvrieî*s qui, sans respect pour les magnifiques peintures dont toutes ses parois étaient revêtues , les exploitaient en guise de carrière. Les agens de Chérif-Bey achevaient de détruire la représentation de quelques sacrifices, entourés d*é-« toiles parsemées sur un plafond d'azur, etd'or-^ nemens disposes avec autant de goût que d elégance.
Les tombeaux de Syout ont été tant de fois bouleversés qu'on ne pourrait peut-être pas y rencontrer aujourd'hui un seul corps intact.
Les momies d'hommes, de chiens, de chakals ou d'oiseaux , qui y furent déposées , ont été
roulées le long des flancs de la montagne, pêlemêle avec la terre et les éclats de pierre produits par l'exploitation des rochers. C'est au milieu de ces éboutemens qu'on rencontre maintenant leurs débris ; et cependant leur préparation était si parfaite, que^ dans les mutilations qu'elles ont subies, on peut partout reconnaître la main des hommes , et presque nulle part Faction du temps.
C'est à Zawyet-el-Deïr, près de Syout, que se font les eunuques; et l'on peut considérer cet affreux commerce comme l'unique ressource industrielle de ce bourg, où l'on ne compte guère que des chrétiens. Les prêtres coptes s'oc-
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cupent f concurremment avec les autres habitans y de cette opération , qu'ils pratiquent avec une adresse telle qu'il ne meurt , dit-on , que six sur cent des malheureux qui y sont soumis. On opère, en général , des Noirs de huit à neuf ans amenés par les caravanes , et l'automne est regardé comme la saison la plus favorable. Le Pacha prélève son droit en nature sur cette barbare industrie ; et sur les trois cents eunuques qui sont opérés annuellement à Zavrjret-el-Deïr, il en prend pour droit quatre-vingts, qui sont destinés pour son usage , ou pour les cadeaux qu'il fait au Sultan et aux grands de la Porte (i). Favorisés par une bonne brise du nord, nous dépassâmes rapidement Aboutig ( l'antique ^&otis\ siège d'un évêché copte, où l'on voyait autrefois un couvent de franciscains, Kaou-el-Kebir {Jntœopolis)^ et Cheïkh-el-Haridy {Passalori). De vieilles fondations, des hypogées dégradés , quelques colonnes ou des fragmens de granit épars sur le sable , voilà tout ce qui atteste aujourd'hui l'existence de ces antiques cités; car là aussi la destruction a fait des progrès rapides, et l'on navigue maintenant sur l'emplacement qu'occupa le temple d'Antœopolis, englouti de-
(i) Le prix des euDuquot varie, suivant Tage, de iSoo à 3ooo piastres.
puis peu d'années par suite d'un changement de direction du fleuve.
La culture du pavot à opium nouvellement introduite en Egypte , est très répandue dans le district d'Aboutig. Pour obtenir cette substance, dès que les derniers pétales de la fleur sont tombes, on pratique dans la tête du pavot des incisions horizontales dont les bords se garnissent de larmes d'opium. Chaque matin, avant le lever du soleil , on ramasse ces larmes brunes et visqueuses, avec un petit couteau'debois;et quand les premières incisions cessent de produire , on en pratique (Fautres à côté jusqu'à l'entier épuisement de la plante. La qualité de l'opium d'Egypte est excellente; mais la poussière qui l'altère toujours, lui fait préférer, sur les marchés d'Europe et même sur ceux d'Amérique, l'opium de l'Asie mineure; et il est douteux que le vice-roi retire jamais de ce produit tous les avantages qu'il en attendait (i).
La quantité de maisons abandonnées qu^ou aperçoit en arrivant à El-Akhmym(P£Z/iopo//j), atteste combien cette ville a perdu de son importance. Derrière les buttes qui l'entourent est un vaste bas-fond qui conserve, de l'eau long-
(x) On peat évaluer à viogt mille kilogramme» la récolle an- Duelie de l'opium eo Egypte.
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temps après Tépoque de Tinondâtion. Cette eau, qui ne tarde pas à se corrompre, devient noire et infecte y et cependant l'incurie des habitans est telle, qu'ils aiment mieux en abreuver leurs bestiaux , et s'en servir eux-mêmes pour les usages de la vie, que d'aller puiser, à quelques pas plus loin, l'eau toujours salubreduNil; aussi la population d'El-Akhmym est -elle, comme celle du Fayonm, décimée par les fièvres intermittentes. Sur les bords de cette mare, on remarque , à côté de quelques grands blocs calcaires qui portent des traces d'hiéroglyphes, les restes d'un portique du temple consacré , par Ptolémée-Philopator, à Ammon-Générateur, le dieu Pan des Grecs, et dont les débris ont servi à la construction des deux mosquées d'£l->Akhmym. Dans une autre excavation plus au sud , sont deux grandes pierres semblables aux premières, et qui ont dû faire partie du même monument. L'une d'elles porte une inscription grecque à peu près indéchiffrable , mais d'une époque assez récente.
El-Akhmym est, comme le Caire, divisé en quartiers formant des impasses, et fermés par des portes. Cette ville compte près de mille chrétiens, et on y voit un beau couvent de franciscains. Elle est encore aujourd'hui le centre d'un petit commerce assez actif; mais on
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n'y connaît plus ces fines étoffes de soie qui avaient jadis rendu célèbre la ville de Pan.
Quelques voyageurs ont signalé aux environs d'El-Akhmym de vastes catacombes, sur lesquelles nous ne pûmes obtenir aucun renseignement. Au-delà de cette ville, la chaîne arabique se rapproche du fleuve, quelle longe pendant plusieurs lieues. Toute cette partie de la montagne est, surtout vis-à-vis deMenchyeh {Pîoléjnais)y percée de grottes sépulcrales peu différentes de celles que nous avons déjà décrites. Ce sont presque partout les mêmes ornemens, la même fraîcheur dans les peintures, et à peu près les mêmes sujets.
Djirgeh, où nous arrivâmes le ao mars, était comme Syout un centre de ralliement pour les ' Mamloucks mécontens , réfugiés dans le Saïd. Cette ville a conservé , sous la domination des Turcs et des Arabes , la trace de son origine chrétienne , et on y trouve encore des églises coptes , placées sous l'invocation de saint Georges, à qui elle doit son nom. Quoique singulièrement déchu aujourd'hui, Djirgeh possède encore un vaste bazar et quelques maisons assez élégantes, et on y compte huit belles mosquées. La ville, entourée de jardins, occupe sur la rive gauche du Nil un terrain assez élevé; mais le fleuve, dont le cours en cet endroit se
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tfpas que les consuls ne me fassent rendre cf prompte justice; mais s'il en était autrement; te si dans ce siècle de perversité et d'irréligion , « on exigeait des titres que je ne puis fournir, « je me verrais forcé d'excommunier celte mal- « heureuse spoliatrice du bien de FÉglise , et de « la vouer à toutes les peines de l'enfer, »
Nous essayâmes vainement de faire entendre raison au père, qui connaissait, nous dit-il, tropl)ien ses privilèges pour les laisser tomber en désuétude. Il termina sa visite en noi:s proposant de nous vendre fort cher une petite momie d'enfant, dont nous lui persuadâmes qii'il tirerait meilleur parti au Caire , et nous le quittâmes fort peu édifiés de la manière dont il comprenait son apostolat.
A quatre heures, au sud de Djirgeh, mais à deux heures seulement du bord du Nil, s'élève, au pied de la chaîne libyque , le bourg de Madfouneh (la ville enterrée), bâti sur l'emplacement de l'antique Ahydos, Parmi les villes de l'Egypte , Abydos est une de celles dont la destruction remonte à l'époque la plus reculée; et du temps de Strabon elle était déjà réduite au rang d'un simple village; cependant, malgré cette destruction si ancienne , les fouilles importantes qui y ont été exécutées depuis quelques années ont été couronnées du succè$ le
plus brillant. C'est des catacombes d'Abydos qu'est sortie cette foule d'objets de toute forme et de toute matière, appartenant à tous les usages de la vie publique et privée, civile et religieuse, dont se sont enrichies les collections de l'Europe ; restes si curieux de la civilisation antique qui nous ont révélé tant de faits sur la religion et sur l'histoire des Égyptiens, en même temps qu'ils fournissaient une preuve du talent et de l'inépuisable fécondité de leurs artistes. On voit encore à Abydos les restes d'un temple et d'un palais envahis par le sable. Le temple, bâti en pierre calcaire d'une blancheur éblouissante, laisse encore admirer quelques fragmens de colonnes, décorés, aussi bien que les murs , d'hiéroglyphes de la peinture et du travail les plus remarquables. Le palais, construit en majeure partie de grès, est tellement dégradé, et tellement encombré par le sable qu'il serait difficile d'en reconnaître le plan général. Sa construction remonte, suivant ChampoUion , au règne de Ménephtah V^ Pharaon de la xviii^ dynastie; mais les différences de travail et de style qu'on remarque dans ses diverses parties permettent d'assigner à la fondation de quelques-unes une époque plus récente. Plusieurs salles du monument sont voûtées en plein cintre, et offrent l'exemple d'une disposi- I. 19
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cophages de pierre tendre ou de terre cuite, dont on voit épars un grand nombre .de fragmens. Ces sarcophages, de peu d épaisseur, sont carrés au pied et modelés, dans la partie supérieure, sur la forme de la tête et des épaules : le visage et les mainss'y trouvent souvent figurés commesur les cercueils en bois.
Le village de Madfouneh , situé à peu de distance des ruines, et dont on peut évaluer la population à six cents âmes, est un des plus importans et des moins misérables des environs. L'argent qu'ont dépensé les faiseurs de fouilles , s'il n'y a pas fait régner l'aisance , a du moins donné à la misère une physionomie moins repoussante que dans les villages voisins. Au pied de la hutte sur laquelle il est situé , passe le canal latéral du Nil, qui suit constanmient le pied de la chaîne libyque depuis Farchout, en communiquant de temps en temps par des canaux transversaux avec le fleuve auquel il ne se réunit qu'au-dessous de Terraneh. Ce canal , encore utile aujourd'hui , serait de la plus haute importance pour Pagricullure de TÉgypte, si dans plusieurs endroits, et notamment à Abydos, il n'était tellement comblé qu'on a peine à en reconnaître la place.
Nous venions de remettre à la voile, lorsque nous aperçûmes; pour la première fois, des cro-
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codiles sur une petite île de sable, au milieu du Nil. On ne rencontre pas ordinairement ces féroces animaux au-dessous de Djirgeh; cependant il n'est pas sans exemple qu'on en ait tué jusque dans le Delta, lors des grandes inondations. Les crocodiles ne s'écartent janiais du fleuve que de quelques pas; ils fréquentent de préférence les plages, et surtout les îles de sable où ils courent moins de risque d'être surpris , et au moindre bruit ils prennent la fuite à une si grande distance qu'il est bien difficile de pouvoir les approcher à portée de fusil. On les voit pendant les heures les plus chaudes de la journée, réunis au nombre de cinq ou six, et quelquefois davantage , se reposer couchés sur les îlots que le Nil laisse à découvert et où ils aiment à s'exposer aux rayons d'un soleil ardent. Parmi les espèces d'oiseaux qui viennent alors voltiger autour d'eux, il en est une que les Arabes nomment zag--zag^(i), àcause de son cri, et qui est, s'il faut les en croire, fort liée d'amitié avec les crocodiles. Les zag-zags, disent-ils, se chargent d'avertir par leurs cris les crocodiles de l'approche d'un ennemi, pour prix de la complaisance avec laquelle ceux-ci leur permettent de prendre jusque dans leur
(i) Le charadrius nilo tient.
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gueule 9 qu'ils laissent entr'ouverte pendant leur sommeil, les moucherons que leur bave y retient attachés.
Ces oiseaux 9 très faciles à efFrayer, et dans lesquels il est impossible de méconnaître le trochylos d'Hérodote, se réunissent en effet le plus souvent auprès des crocodiles endormis, qu'ils réveillent par les cris qu'ils poussent en s'envolant. On voit aussitôt ceux-ci lever leur tête hideuse, se dresser sur leurs pattes, et tramant leur énorme queue qui laboure le sable, courir vers le fleuve dans lequel ils se précipitent lourdement et avec fracas.
La lâcheté des crocodiles et leur empressement à fuir, pour rendre leur voisinage moins dangereux , n'empêchent cependant pas les accidens de se reproduire fréquemment. Ces animaux sont, dit-on, surtout à craindre quand ils ont mangé de la chair humaine dont ils deviennent alors très avides. Toutefois, on n'a rien à redouter de leurs attaques, soit sur la terre, où leur démarche lourde et embarrassée , et surtout la difficulté qu'ils éprouvent à se tourner, ne leur permet pas de poursuivre l'animal le moins agile avec quelque chance de succès, soit dans les endroits profonds du fleuve, où leur principal moyen d'attaque, la queue, leur devient nécessaire pour nager. Mais il n'en
est pas de même sur les bords et dans les endroits oùTeau n'a que quelques pieds de profondeur. Ils se laissent alors amener par le courant, se traînent doucement sur le sable du fond 9 et favorises par la couleur louche de Teau 5 s'approchent sans être aperçus de leur victime, qu'ils renversent d'un violent coup de queue; ils l'emportent ensuite sous l'eau où ils l'étreignent jusqu'à ce qu'elle soit privée de vie; après quoi ils la rapportent le plus souvent sur le sable pour la dévorer.
Le bruit causé soit par un grand nombre de personnes qui se baignent dans le même endroit, soit par une bande de buffles ou de chameaux qui traversent le fleuve, suffit pour écarter les crocodiles; mais ils restent dans le voisinage, occupés à guetter les animaux jeunes ou affaiblis qui demeurent en arrière, et qui dèslors manquent rarement de devenir leur pâture.
Pourchasser les crocodiles dans ces parages, où ils sont extrêmement multipliés, les Arabes pratiquent sur les îles de sable à fleur d'eau fréquentées par ces animaux, de petites fosses où ils se couchent immobiles. Bientôt les crocodiles, venant se reposer à leur place accoutumée, s'approchent tellement qu'il est facile de les tuer à coups de fusil et souvent même